A Maduda, l’EAU est là !

A Maduda, l’EAU est là !

Le gouvernement de la RDC, l’UNICEF et Oxfam-Québec se sont associés pour répondre aux besoins en eau potable de 4 villages de la Zone de Santé de Kinkonzi.

Le projet d’aménagement de 4 bornes fontaines bénéficiant à 704 ménages s’inscrit dans le cadre du vaste Programme congolais « Ecole et Village Assainis » financé par l’UNICEF et exécuté dans la province du Kongo Central par Oxfam-Québec.

Le programme vise à réduire le taux de prévalence des maladies hydriques liées à un déficit dans l’approvisionnement en eau potable et à de mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement.

Avant le projet

Les premières activités du projet ont débuté en octobre 2013, dans la Zone de Santé de Kinkonzi et plus particulièrement dans l’agglomération de Maduda. Bien avant cette intervention, la situation de l’aire de Santé dans le secteur eau hygiène et assainissement (EHA – WaSH en anglais) était très précaire.

L’approvisionnement en eau se faisait à travers des étangs ou des sources dont l’eau n’était pas de bonne qualité.

« L’eau que l’on puisait dans les sources non aménagées n’était pas propre mais on l’utilisait quand même pour nos travaux ménagers, la cuisson de nos aliments et comme eau de boisson que l’on donnait même à nos enfants. C’est comme ça que mon fils aujourd’hui âgé de 7 ans tombait tout le temps malade et je devais à chaque fois retirer dans mes économies pour sa scolarité ou emprunter à ma voisine de l’argent pour l’emmener à l’hôpital », nous dit Maman Bérénice, hygiéniste chargée de l’entretien du point d’eau qui suit le projet de près dans le village de Maduda Naku.

Pour ce qui est de l’assainissement, la plupart des ménages n’étaient pas équipés de latrines et pour satisfaire leurs besoins, la majorité de la population pratiquait la défécation à l’air libre, compromettant la santé des communautés et la scolarité des enfants.

Les femmes, en plus de s’occuper des certaines tâches ménagères, devaient également parcourir des distances à pied pour aller chercher de l’eau. Une telle situation ne leur permettait pas de s’épanouir et de s’occuper de leurs enfants et ceci avait un impact sur leur santé et sur celle de leur progéniture.

Depuis que le projet est arrivé, une eau de qualité est disponible dans toute l’agglomération

2Des activités de sensibilisation menées au cours du projet ont permis d’améliorer le niveau des connaissances des populations sur les voies de transmission des maladies fécaux-orales et ceci a favorisé le changement de comportements. Tout au long du projet, on aura noté une forte mobilisation des communautés et une bonne collaboration entre les acteurs de mise en œuvre.

L’adduction de l’agglomération de Maduda alimente directement les bornes fontaines et tire sa source vers Kipangala sur l’axe Maduda – Kaimbaku dont les grandes sources sont Mayiti et Mabeti Mabeti.

Une fierté pour ces familles et du temps gagné pour les femmes

L’adduction d’eau à travers quatre bornes fontaines est une fierté pour les populations car en plus de leur fournir le liquide précieux en quantité et en qualité, elle a permis d’alléger le travail des femmes qui ne sont plus obligées de parcourir de longues distances.

« Je me levais chaque matin avant 5h pour aller chercher de l’eau de l’autre côté du village, et ce n’était pas du tout facile, car je revenais à chaque fois épuisée et j’avais du mal à accomplir mes autres tâches ménagères », nous raconte Mama Jeanne, du village Luangu Khoko.

La santé est l’affaire de tous

Grâce aux activités de sensibilisation réalisées, la population dans les quatre villages s’est appropriée le projet en construisant des latrines familiales et en adoptant les bonnes pratiques (lavage des mains pendant les cinq moments critiques, ramassage et enfouissement des ordures, etc.).

1Lors d’une discussion, Mr Johnny Lelo, Vice-président du comité du village de Nanga Mboki m’a confié : « Quand on m’a parlé du programme, surtout de lavage des mains au savon ou à la cendre qui constitue une barrière efficace aux maladies, une idée m’est tout de suite montée à l’esprit. C’est ainsi que j’ai mis en place ce dispositif de lavage des mains manipulable avec les pieds pour éviter d’infecter mon robinet, car la santé est l’affaire de tous. J’ai répliqué le même dispositif de lavage des mains dans la maison du chef du secteur. »

« Dans mon rôle de Vice-président, je passe de temps en temps faire de la sensibilisation auprès des ménages et les encourager à prendre des bonnes initiatives pour garder notre village propre. »

Un petit plus pour les femmes

Les femmes sont aussi dynamiques que les hommes dans les comités des villages. Elles occupent pour la plupart des postes d’hygiénistes, secrétaires ou trésorières, ce qui leur permet de s’épanouir et de participer activement au développement de leur communauté respective.

En définitive, nous pouvons affirmer que le Programme National École et Village Assainis a apporté des changements significatifs dans la vie des populations de l’agglomération de Maduda. Ces changements ont pour nom : accès à une eau potable de qualité, accès à des latrines hygiéniques, amélioration des connaissances sur les notions d’hygiène et allégement du fardeau des femmes. C’est n’est pas rien !

©UNICEF RDC/2015/Christelle Tunda
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Christelle Tunda

Christelle Tunda est juriste de formation. Elle a commencé à travailler dans l’humanitaire en 2008 aux côtés de Sonke Gender Justice Network, une ONG sud-africaine œuvrant dans la promotion de l'égalité des sexes, la prévention de la violence domestique et sexuelle et la lutte contre le VIH/SIDA. Elle est actuellement chargée de la gestion de connaissances et de la documentation au sein de la section Eau et Assainissement de l’UNICEF en RDC. Son credo : « Si nous ne nous levons pas pour la cause des enfants, alors nous ne le ferons pour rien au monde ».

Christelle Tunda has a legal background. She started working in the humanitarian field in 2008 with Sonke Gender Justice Network, a South African NGO that strives to promote gender equality, the prevention of domestic and sexual violence and the fight against HIV/AIDS. She is currently in charge of the management of knowledge and documentation within UNICEF DRC's Water and Sanitation Section. Her motto is: "If we don't stand up for the cause of children, we won't stand up for anything in the world."

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