Alain Kihosa va à l’école pour sa première fois

Alain Kihosa Mupondo, 7 ans, étudie pour la première fois, après qu'un agent identificateur ait convaincu ses parents de l'inscrire à l'école

Premier jour de classe d’Alain Kihosa Mupondo, 7 ans

« Qui ne veut pas aller à l’école ? Pourquoi rester à la maison ? », Alain Kihosa Mupondo, tout juste âgé de 7 ans, parait très surpris qu’on lui pose la question.

Je voyais tous les autres enfants y aller, alors pourquoi pas moi ? Moi aussi je veux étudier !

Alphonse Mundele Mawika, enseignant identificateur, recense les enfants non-scolarisés dans son quartier, à Kenge, dans la province du Bandundu, en République démocratique du Congo, le 7 octobre 2015, dans le cadre du projet "back to school", financé par l'UNICEF.     /     Alphonse Mundele Mawika, a teatcher in Kenge, a town in the Bandundu Province of the Democratic Republic of Congo, is identifying children in his neighborhood who are not attending school, as part as the “back to school” program financed by the UNICEF, on October 7th, 2015.

Alphonse Mundele Mawika, enseignant identificateur, recense les enfants non-scolarisés dans son quartier.

Les raisons de la non-scolarisation des enfants de Kenge

Alain Kihosa Mupondo, se rend à l'école accompagné par son père à son premier jour de classe

Alain avec son père pour son premier jour de classe

A son premier jour de classe, Alain n’a pas encore d’uniforme et son père l’accompagne. Pourtant, avant qu’Alphonse Mundele Mawika, enseignant-identificateur formé par l’UNICEF ne le convainque, le père d’Alain ne voulait pas entendre parler d’école pour son fils.

Il le jugeait ni assez fort, ni assez courageux pour être scolarisé. De plus Alain était très utile pour accompagner sa mère aux champs, puiser de l’eau et garder ses 2 petites sœurs, ou encore pour aider son père et apprendre à travailler quand ce dernier était embauché sur un chantier comme maçon.

À Kenge, une petite ville de la province du Bandundu, située à environ 300 km à l’est de Kinshasa, ce sont les principales raisons pour lesquelles certains parents ne scolarisent pas leurs enfants. À cela s’ajoute le manque de moyens.

Alain Kihosa Mupondo, 7 ans, étudie pour la première fois, après qu'un agent identificateur ait convaincu ses parents de l'inscrire à l'école dans le cadre du projet "back to school" financé par l'UNICEF, à Kenge, dans la province du Bandundu, en République démocratique du Congo, le 7 octobre 2015. / On October 7th, 2015, Alain Kihosa Mupondo, a 7 years old boy, is studying on his first day of school, after an identifier agent has convinced his parents to enroll him in school as part of the “back to school” program financed by the UNICEF, in Kenge, a town in the Bandundu Province of the Democratic Republic of Congo.

Certaines familles sont si démunies qu’elles ne peuvent pas acheter un uniforme à leurs enfants

Surtout si elles en ont déjà un autre inscrit en classe supérieure », explique Alphonse Mundele Mawika, qui précise que l’inscription dans le secondaire, contrairement à l’école primaire, est payante.

Dans l’école primaire Kizoto ou il enseigne, l’UNICEF a formé 4 identificateurs, des enseignants ou des membres du comité des représentants des parents d’élèves.

Cinq enfants non scolarisés ont été identifiés et 3 ont déjà été inscrits, tout comme Alain. Dans l’ensemble de la province, ce sont 30792 identificateurs qui ont été formés par l’UNICEF. L’année dernière, ils sont parvenus à ramener 123 522 enfants, dont 61 229 filles, dans le circuit scolaire.

Alain Kihosa reçoit le kit scolaire

Arrivé à l’école, Alain et son père sont accueillis par la directrice qui leur remet un kit scolaire – 7 cahiers, 3 stylos et 3 crayons – offert par l’UNICEF. Pour beaucoup de famille, c’est une aide indispensable pour qu’ils inscrivent leurs enfants à l’école.

Alain Kihosa, accompagné par son père, reçoit un kit scolaire fourni par

Alain Kihosa, accompagné par son père, reçoit un kit scolaire lors de son premier jour de classe

En République démocratique du Congo, où, selon le PNUD, 87,7 % de la population vit avec moins de 1,25 dollars par jour, et où il n’est pas rare d’avoir plus de 6 enfants à charge, les frais liés à l’achat des fournitures scolaires sont rédhibitoires pour de nombreuses familles. Aussi, l’UNICEF a tenté de lever ce verrou en distribuant 211.406 kits scolaires dans la province pour la rentrée 2015.

Le père d’Alain Kihosa, satisfait de voir son fils à l’école

Avant de repartir, le père d’Alain observe son fils étudier et jouer avec ses nouveaux camarades. Il se retourne vers Alphonse et lui dit : « je suis fier de lui. Il semble s’être rapidement intégré. Je me dis que j’ai finalement pris la bonne décision ; merci de m’avoir convaincu ».

UNICEF_Bandundu_éducation_Alain Kihosa Mupondo_07-08.10.2015-9

Photo:UNICEF RDC 2015 Gwenn Dubourthoumieu

The following two tabs change content below.

Gwenn Dubourthoumieu

Gwenn Dubourthoumieu s’est intéressé à la photographie alors qu’il travaillait en Afrique pour des ONG humanitaires. Professionnel depuis avril 2010, son travail est régulièrement récompensé. Il travaille régulièrement pour UNICEF RDC en tant que consultant photographique.

Gwenn Dubourthoumieu became interested in photography while working in Africa for humanitarian NGOs. Professional since 2010, his work is regularly rewarded.  He's a photography consultant for UNICEF DRC.

Laisser un commentaire