Bagata : 1150 $ pour lutter contre l’échec scolaire

Puy-Puy, directrice de l’école de Mobeko, en discussion avec Platini Kamakana Mankiri, un des enseignants en charge du tutorat dans son école

Puy-Puy, directrice de l’école Mobeko à bagata, en discussion avec Platini Kamakana Mankiri, un des enseignants en charge du tutorat dans son école

L’éducation : une vocation pour Ndumba Puy-Puy

L’école Mobeko est une des meilleures écoles de Bagata, une commune située à 600 km à l’est de Kinshasa, dans la Province de Kwilu. L’école compte 209 élèves. Pour Ndumba Puy-Puy, la directrice de l’école, l’éducation est une vocation.

Ndumba a plus de cinquante ans et plus de dix ans d’expérience en tant qu’enseignante et vingt ans comme directrice. Quand elle parle de son école et de ses élèves ses yeux brillent comme si elle était au tout début de sa carrière : ‘J’ai toujours voulu être dans l’enseignement. Comme petite fille déjà, je savais que c’était cela que j’allais faire dans ma vie.’  

Ndumba est fière de ses élèves. C’est avec enthousiasme qu’elle parle de ses anciens élèves qui sont devenus infirmiers, médecins ou avocats. Mère de sept enfants, elle évoque aussi avec satisfaction le parcours de ses propres enfants. Sa fille ainée travaille comme infirmière à Kinshasa et un de ses fils étudie comme médecin à Boma, la ville congolaise portuaire proche de l’océan atlantique.

Autant Ndumba est enthousiaste pour son métier, autant les circonstances de travail ne sont pas faciles. Les infrastructures de l’école sont en mauvais état et le matériel scolaire manque. Les moyens mis à la disposition par l’Etat congolais ne suffisent pas pour y remédier.

Bien que la gratuité de l’éducation ait été décrétée dans la majeure partie du pays, trois quart des coûts scolaires sont payés par les parents. Pour les enfants venus des milieux les plus défavorisés, les frais scolaires se traduisent très souvent dans un décrochage scolaire. Jusque récemment, ceci était également le cas dans l’école de Ndumba à Bagata.

Soutien de la fondation qatari aux élèves de Bagata

Mais les choses sont en train de changer, grâce à l’apport de la Fondation qatari Education above all. Dans le cadre du Programme Educate a Child de la Fondation, l’UNICEF est aujourd’hui en mesure d’octroyer à plus de 800 écoles sur les 7 000 des provinces de Kwilu, Kwango et Maindombe – une subvention annuelle de 1 150 dollars américains pour lutter contre l’échec scolaire et améliorer les infrastructures.

Ndumba est ravie de ce soutien, mais elle sait que la subvention s’accompagne d’exigences précises. 600 dollars sont réservés pour l’achat de matériel scolaire, le paiement de l’uniforme, le financement du transport vers l’école et d’autres frais scolaires pour une trentaine d’élèves vulnérables. ‘Cela évitera que ces élèves décrochent’, explique Ndumba.

Le restant de la subvention – 550 dollars américains – est utilisé par l’école pour organiser : un tutorat d’accompagnement individuel après les heures de classes pour les élèves ayant des difficultés avec les cours de français ou de mathématiques ; des clubs scolaires pour stimuler l’apprentissage par le jeux lors d’activités parascolaires ; réhabiliter l’école ; et mettre en place un système d’alerte rapide en cas d’absence d’enfants à l’école.

‘Quand un enfant est absent de l’école, nous prenons contact avec les parents pour comprendre les raisons de son absence. C’est le maître ou la maîtresse de classe qui se rend au domicile des parents pour les convaincre de renvoyer leur enfant a l’école. Si nécessaire, nous faisons aussi intervenir le comité des parents. Nous savons d’expérience que le plus tôt nous intervenons, le plus de chances nous avons que l’enfant reprenne le chemin de l’école’, clarifie Ndumba.

La subvention octroyée a permis de changer les choses à Bagata

Pour l’école de Ndumba, la subvention octroyée a permis de changer les choses pour le mieux. Le programme est encore dans sa phase pilote. Il nécessite un suivi précis de la part de Ndumba et de tous les autres directeurs d’écoles concernées par le programme.

Tous sont appelés à remplir chaque mois un formulaire de mise en œuvre du projet à leur niveau, en notant entre autres le nom d’enfants vulnérables ayant bénéficié du programme, le nombre d’enfants ayant été aidés dans le cadre du tutorat et ayant participé aux clubs de l’école, ainsi que le nombre de descentes auprès des parents dans le cadre du système d’alerte précoce.

Ndumba le fait avec plaisir : ‘Grace au suivi des rapports mensuels, on pourra voir comment le projet des subventions nous a permis de limiter l’absentéisme et les échecs scolaires au sein de notre école.’ 

proviseur des ecoles de Bagata, se deplacent en moto pour atteindre les ecoles de son territoire

proviseur des écoles de Bagata, se deplacent en moto pour atteindre les ecoles de son territoire

Bien que le taux de scolarité en République Démocratique du Congo ait augmenté depuis quelques années pour atteindre plus de 80% des enfants, de nombreux enfants quittent l’école pendant l’année scolaire. Le programme mis en œuvre grâce aux fonds de la Fondation qatari Education above all devrait permettre de changer la donne.

Photo: UNICEF RDC 2016 Yves Willemot

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Yves Willemot

Yves Willemot est le chef de l’Équipe InfoCom de l’UNICEF RDC. Plus que tout, ce qui est important pour lui c'est d'être "tous ensemble pour les enfants".

Yves Willemot is Head of the UNICEF DRC InfoCom Team. More than anything, he believes that the most important is to "be together for the children".

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