Briser les résistances à la vaccination au cœur de la forêt équatoriale

Briser les résistances à la vaccination au cœur de la forêt équatoriale

Dans le cadre de l’Initiative pour l’éradication de la polio et du Programme pour la réduction des Enfants non atteints par la vaccination, l’UNICEF s’est rendu dans les villages les plus reculés pour convaincre les populations des bienfaits de la vaccination. Joachim, chargé de programme santé, nous raconte leur voyage.

Photo du Pasteur et du Diacre Kitawala

Photo du Pasteur et du Diacre Kitawala

Nous n’allons pas faire vacciner nos femmes et nos enfants’’.

Tels ont été les premiers propos du Pasteur Kitawaliste de la confrérie Libanga de Wema, qui n’a pas tarder à changer d’avis, je vous rassure.

Tout se passe dans la zone de santé de Wema à 686 km de Mbandaka, district de la Tshuapa (Boende) au cœur de la forêt équatoriale. Cette zone de sante compte environ 105.647 habitants et se situe juste sous la ligne de l’équateur. Elle est limitée par les Zones de Sante de Busanga au Nord, Bokungu à l’Est, Boende à l’Ouest et Monkoto au Sud.

L’équipe UNICEF de supervision de la campagne de vaccination contre le tétanos maternel et néonatal (TMN) et la SAV arrivent dans la zone après une longue route, souvent jonchée d’innombrables obstacles et parfois coupée par les assauts de certains groupes religieux réfractaires à la vaccination.

Il est important de signaler que ce district sanitaire qui compte 12 zones de santé est souvent sujet à des flambées épidémiques de rougeole, fièvre jaune, variole du singe, insuffisance rénale aiguë, paludisme…tout cela sur fond de malnutrition.

Malgré la grande barrière constituée par la forêt équatoriale et les multiples rivières, marécages, îlots et campements qui ne permettent pas d’atteindre facilement les bénéficiaires, nos équipes sont là pour aider les populations.

Equipe de la mission Unicef en route vers Boende

Equipe de la mission Unicef en route vers Boende

Le diacre Kitawala offre une canne à sucre à l’équipe UNICEF témoignant de son attention pour le bien des enfants.

Le diacre Kitawala offre une canne à sucre à l’équipe UNICEF témoignant de son attention pour le bien des enfants.

Apres des échanges assez soutenus sur le mandat de l’UNICEF et l’importance de la vaccination TMN et SAV, les kitawalistes ont accepté de faire vacciner leurs femmes et enfants à condition que ce soit l’un des leurs qui assure la mobilisation communautaire et que leur chef fasse partie du comité locale de coordination.

Cette confrérie des Kitawalistes compte plus de 1000 membres, répartis dans 10 campements différents de Wema.

Pour convaincre les femmes du village, une membre de l’équipe UNICEF n’a pas hésité à se faire vacciner elle-même

Pour convaincre les femmes du village, une membre de l’équipe UNICEF n’a pas hésité à se faire vacciner elle-même

A la suite de notre intervention et avec notre appui, une association locale des kitawalistes (ASLO) a été créé pour les activités de développement.

Dans un second temps, l’équipe s’est rendue dans la zone de santé d’Iboko (à 278 km de Mbandaka), où elle y a notamment rencontrée l’équipe cadre de la zone de santé ainsi que le Dr Jean-Blaise Yobo, de l’Organisation Mondiale de la Santé chargé d’appuyer les programmes de vaccination et de surveiller l’avancée des maladies.

Les témoignages des enfants vaccinés y ont été forts :

“Nous sommes content d’accepter la vaccination d’autant plus que nous sommes intégrés au système et cela nous procure de la joie et de la considération de participer aux activités de vaccination afin de protéger nos enfants’’ – propos du représentant des populations autochtones pygmées d’Iboko au Comité Local de Coordination (CLC).

Le représentant des populations a ajouté qu’il était encouragé de constater que les activités de notre organisation arrivaient jusqu’aux villages les plus reculés.

Les enfants dans la joie de voir l’équipe Unicef en mission

Les enfants dans la joie de voir l’équipe UNICEF en mission

Tous ces enfants très joyeux disent connaitre l’UNICEF. Pour certains c’est l’ « organisation des enfants », pour d’autres l’UNICEF « distribue des cahiers, des stylos et vaccine les enfants ». Ils sont très contents de notre présence et désireux de faire notre connaissance.

Ces phrases touchantes nous comblent d’émotions et de satisfaction et prouvent à quelle point notre travail de terrain est utile…

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Joachim Mubiala Utila

Le Docteur Joachim Mubiala Utila travaille pour la section Survie de l'Unicef dans la Province de l'Equateur

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Le Docteur Joachim Mubiala Utila travaille pour la section Survie de l'Unicef dans la Province de l'Equateur

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3 comments

    • Merci Cher Ami Rene,
      Vos encouragements me vont droit au coeur. C’est bien le travail passionnat que nous avons choisi en travaillant pour la santé et la nutrition des communautes en general et celles des enfants et des femmes en particulier. L’Univesite L. Senghor d’Alexandrie d’Egypte, C’est l’excellence, le lieu du rendez-vous du donner et du recevoir de la civilisation de l’Universelle. Et, celui-ci peut aussi etre possible par la communication…
      Au revoir et a plus.

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