« Ces enfants sont les nôtres, nous devons les protéger »

« Ces enfants sont les nôtres, nous devons les protéger »

Un dernier virage, et dans un nuage de poussière rouge, nous arrivons à Mahagi, ville aux allures de village au nord de Bunia. Dans cette région fertile dont les gisements d’or attirent de nombreuses convoitises, l’insécurité persiste : un conflit inter-ethnique sévit depuis quinze ans. La force et le dynamisme des autorités et communautés du territoire de Mahagi – Aru contrastent avec les faiblesses du système de santé en place.

En Ituri, un grand nombre d’enfants ne sont pas ou pas suffisamment vaccinés, ce qui se traduit par un risque élevé de circulation du virus polio sauvage et d’autres maladies évitables par la vaccination. C’est pourquoi, depuis le dernier trimestre 2013, l’UNICEF et la Fondation Bill & Melinda Gates ont appuyé le gouvernement pour soutenir l’antenne d’Aru dans le renforcement de la vaccination de routine. Cet appui complète les forces existantes dans la communauté, afin de lever les principaux obstacles à la vaccination complète des enfants.

Sophie Osso Odharu, Administratrice de territoire adjointe de Mahagi – Aru, fait partie des forces locales pour l’immunisation des enfants. Convaincue que la vaccination est la responsabilité de tous, elle contribue depuis plusieurs années à mobiliser de nombreux acteurs locaux au service de la santé des enfants.

DSC_0785 (640x424)

Sophie, rayonnante administratrice du territoire d’Aru en Ituri ne s’arrête devant aucun obstacle pour la vaccination des enfants. En tant que femme et représentante locale de l’Etat, elle se sent doublement responsable du bien-être des enfants parmi ses constituants. ©UNICEF/DRC/MARTINO/2014:

Sophie décrit avec enthousiasme son travail de renforcement de la vaccination de routine : « Je participe régulièrement aux réunions de coordination de district et aux supervisions des activités de vaccination sur le terrain, accompagnée des techniciens. J’aide à vaincre les obstacles et résistances en ma qualité d’Administratrice. Lorsque des barrages routiers bloquent la progression des véhicules pour la vaccination, j’interviens. Lorsque des groupes de populations sont réfractaires à la vaccination, j’aide à les conscientiser ». Passionnée, elle ajoute : « Parfois même, les femmes qui reçoivent le vaccin contre le tétanos en consultation prénatale se tournent vers moi pour des conseils sur le suivi de leur calendrier vaccinal. »

Mme Osso Odharu explique comment les efforts fournis ont permis de rendre le territoire de Mahagi – Aru entièrement accessible aux services de vaccination. « Nous invitons systématiquement les groupes communautaires, comme les représentants des églises, durant les réunions que nous tenons sur la vaccination, afin que ceux-ci se sentent impliqués. L’église anglicane nous a ainsi aidés pour transporter les vaccins de Bunia à Aru il y a quelques mois. Les Chefs de chefferie et de villages sont nos relais et veillent à ce qu’aucun groupe de population ne soit oublié ».

Pour obtenir les soutiens nécessaires aux activités de vaccination dans l’antenne d’Aru, Sophie ne manque pas d’arguments : « Les vaccins coutent cher. On nous les donne gratuitement. Nous ne devons pas perdre une seule occasion de les recevoir » sensibilise-t-elle. « C’est ainsi que nous avons convaincu les commerçants ainsi que les ONG locales de développement de transporter les vaccins et de donner du carburant pour le transport des intrants de l’antenne vers les zones de santé. »

En République Démocratique du Congo (RDC), les ressources allouées à l’Initiative d’éradication de la Polio depuis plusieurs années ont contribué de façon significative au maintien des services de vaccination de routine. Grâce au soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates depuis le dernier trimestre 2013, quatre antennes du Programme élargi de vaccination comportant un nombre élevé d’enfants non vaccinés, dont l’antenne d’Aru en Ituri, ont été ciblées pour mettre en œuvre une stratégie innovante de renforcement de la vaccination.

« Les communautés d’Aru sont convaincues de l’importance de la vaccination et elles réclament des services plus performants » explique Gabriel Mutangilwa, chargé de la Survie de l’Enfant au bureau de l’UNICEF en Ituri. « Cette forte demande communautaire encourage l’UNICEF à accompagner le Programme Elargi de Vaccination pour une amélioration durable de l’offre des services, dans un souci de qualité et d’équité. »

Aujourd’hui encore en RDC, 1 enfant sur 7 meurt avant son cinquième anniversaire. On estime que 32 000 enfants de moins de 5 ans pourraient être sauvés chaque année grâce à une couverture vaccinale de 100%. Aujourd’hui, cet objectif ambitieux devient possible grâce à la responsabilisation des autorités et communautés.

Article écrit à Mahagi (République Démocratique du Congo) au mois d’avril 2014 

Photos: UNICEF RDC/Martino/2014

 

 

The following two tabs change content below.

Silene Martino Almeras

Silene Martino-Almeras est Chargée du Reporting & Budget dans le Programme Survie de l’Enfant de l’UNICEF en RDC. Elle travaille depuis 4 ans à Kinshasa. Passionnée par les dynamiques communautaires, elle croit au rôle déterminant des enfants et des jeunes pour transformer leur société. Son credo : « Fais ce qui est en ton pouvoir ».

Silene Martino-Almeras is reporting & budget officer for UNICEF’s Child Survival Program in the DRC.  She has worked for 4 years in Kinshasa. Passionate about community dynamics, she believes in the decisive role of children and young people for transforming their society. Her credo is: ‘Do what you can within your power.’

Histoires connexes

Pas d'histoires connectées trouvés.

Laisser un commentaire