Une communauté au secours de la scolarité de ses enfants

Une communauté au secours de la scolarité de ses enfants

7 enfants sur 10 ne sont pas inscrits ou ont abandonné l’école parce que leurs parents n’ont pas les moyens de payer les frais scolaires. A Mbandaka, ville de la Province de l’Equateur, la communauté se mobilise pour que chaque enfant aille à l’école.

Entre réunions et négociations

Non loin de l’aéroport, à la périphérie de Mbandaka, la communauté protectrice du quartier Air Congo se réunit chaque samedi. « À chaque réunion, nous cotisons chacun 200 francs congolais », explique le président de la communauté Samy Bafano.

« À l’aide de cette caisse, nous payons les frais de scolarité de 10 enfants. Nous scolarisons 44 enfants supplémentaires grâce aux attestations d’indigence remises par la Division des Affaires Sociales. Toutes les écoles publiques acceptent les attestations d’indigence, mais pour les écoles privées, il faut négocier au cas par cas avec les chefs d’établissement. Par exemple, l’école primaire catholique Elikia a accepté un seul enfant avec un certificat d’indigence sur les deux que nous leur avons présentés. Comme il s’agissait de deux sœurs, nous pouvions difficilement les séparer. Alors nous avons dû payer les frais de scolarité de l’une d’elle ».

Des vélos pour payer les frais de scolarité

Pour aider la communauté protectrice du quartier Air Congo à réunir un peu plus d’argent, la Division des Affaires Sociales a fourni 3 vélos fin décembre 2016 pour mettre en place un service de taxi vélo. 

« Nous louons ces vélos au prix de 3000 francs congolais (3€) par jour, et au bout de 3 mois, le vélo appartient au chauffeur. Le prix de la location nous aide à payer les frais de scolarité. Nous épargnons également une partie de la recette pour augmenter la taille de notre commerce. Aujourd’hui, nous possédons 5 vélos, et nous envisageons d’en acheter 2 autres en juillet ».

« Plus tard, je souhaite devenir couturière et avoir mon propre établissement »

Carmelle, 15 ans, est l’une des bénéficiaires de ce système. Ses frais de scolarité sont payés par la communauté protectrice du quartier Air Congo depuis 2 ans.

« Je n’ai jamais connu mon père et ma mère m’a laissé chez ma grand-mère depuis ma naissance car elle n’avait pas les moyens de m’élever. Ma grand-mère est parvenue, non sans difficultés, à payer mes frais de scolarité jusqu’à ma première année de cycle d’orientation (première année d’étude secondaire). Puis je suis restée une année entière sans être scolarisée. Je vendais des oranges en ville. Maintenant, je suis en 3ème année ‘coupe-couture’. Plus tard, je souhaite devenir couturière et avoir mon propre établissement ».

Garantir la protection des enfants les plus vulnérables

L’UNICEF vise à créer un environnement favorable aux droits des enfants. La mise en place de communautés protectrices au niveau local permet de faciliter le référencement des enfants par les communautés elles-mêmes tout en faisant le lien avec les structures étatiques relevant des affaires sociales.

Depuis l’ouverture de son bureau à Mbandaka, en 2006, l’UNICEF a mis en place un partenariat avec le bureau de la Division des Affaires Sociales afin de garantir la protection des enfants les plus vulnérables. Ce partenariat multi-sectoriel vise à venir en aide aux enfants non-accompagnés, aux victimes de violences sexuelles, aux personnes affectées par l’extrême pauvreté, ou encore en conflit avec la loi.

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Gwenn Dubourthoumieu

Gwenn Dubourthoumieu s’est intéressé à la photographie alors qu’il travaillait en Afrique pour des ONG humanitaires. Professionnel depuis avril 2010, son travail est régulièrement récompensé. Il travaille régulièrement pour UNICEF RDC en tant que consultant photographique.

Gwenn Dubourthoumieu became interested in photography while working in Africa for humanitarian NGOs. Professional since 2010, his work is regularly rewarded.  He's a photography consultant for UNICEF DRC.

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