Des Jeunes Volontaires prêts à affronter le terrain, partout en RD Congo !

Des Jeunes Volontaires prêts à affronter le terrain, partout en RD Congo !

Du 24 au 28 août 2015 s’est déroulée une formation spéciale à l’UNICEF RDC à Kinshasa pour un groupe de Jeunes Volontaires des Nations unies. Ils ont eu une semaine pour se doter d’outils qui leur permettront de remplir leur mission d’un an sur le terrain. Axelle travaille à l’UNICEF et son rôle est d’encadrer et de soutenir ces Jeunes sur le terrain. Co-organisatrice de la formation, elle nous livre ses impressions dans une interview exclusive avec Eleanor, en charge de la communication en ligne à l’UNICEF RDC.

Eleanor : Parle-nous un peu des participants de cette Formation.

Axelle : Neuf Jeunes Volontaires de l’UNICEF RDC étaient présents mais nous avions également à nos côtés deux Jeunes Volontaires de l’UNICEF Cameroun et une jeune volontaire de l’UNREC Togo. J’ai, en tant que coordinatrice des JVNU depuis Kinshasa, co-facilité cette formation avec Marguerite Minani (Knowledge Management Associate au Programme VNU à Bonn, en Allemagne), et Marc Lalanne (Chargé de Programme VNU au PNUD à Kinshasa). Nous avons également reçu les interventions de plusieurs membres du personnel d’agences des Nations unies telles que l’UNICEF, du PNUD et de la MONUSCO.

Le groupe de Jeunes Volontaires des Nations unies (malheuresuement pas au complet ce jour-là en raison de problèmes logistiques). De gauche à droite : Fabien, Axelle, Yohann, Aida, Simon, Gaella, Julian, Arnaud, Elise, et Maureen.

Le groupe de Jeunes Volontaires des Nations unies (malheureusement pas au complet pour des raisons logistiques). De gauche à droite : Fabien (VNU MONUSCO), Axelle, Yohann, Aida et Simon (JVNUs UNICEF Cameroun), Passa (JVNU UNREC Togo), Gaella, Julian, Arnaud, Elise, Marguerite (formatrice du PNUD à Bonn), Maureen et Thierry. Yannick et Félix nous ont rejoints un peu plus tard dans la semaine.

Eleanor : Pourquoi envoyer des jeunes avec peu d’expérience dans tous les coins de la RDC, dont certains reculés et jugés « dangereuses » ?

Axelle : Premièrement, il faut rappeler le contexte de ce recrutement. Les neuf Jeunes Volontaires chargés du suivi et de l’évaluation sont basés dans les anciennes provinces de la RDC sauf le Maniema. Ils ont été recrutés, et basés au niveau provincial pour appuyer notre suivi décentralisé. Il n’aurait pas fait sens de parler de décentralisation s’ils étaient basés à Kinshasa.

Par leur présence sur le terrain, ils concourent donc à l’amélioration du monitorage intégré, au renforcement des systèmes d’information et de planification sanitaire et éducationnelle, entre autres.

Les jeunes que nous avons recrutés avaient tous effectivement entre une et deux années d’expérience professionnelle. Cependant, ils l’ont déjà prouvé, ils possèdent une expertise solide à développer. Nous pensons donc qu’ils ont certes beaucoup à apprendre, mais également autant à offrir.

Ils portent un regard neuf sur l’organisation et le fonctionnement de nos bureaux provinciaux et font le lien entre le niveau décentralisé et central.

Enfin, je voudrais rappeler que nous travaillons pour le développement de la RDC. Ce développement ne saurait se faire si nous n’avions aucun talent dans les provinces. Certaines provinces sont reculées, enclavées et mal desservies, mais j’aime à penser que les volontaires que nous avons sélectionnés sont courageux, et en devenir. Je suis d’ailleurs passée par la même école d’apprentissage quand je vivais en Haïti.

On apprend mieux quand on met de la boue sur les bottes, comme dirait notre Représentante adjointe (Sylvie Fouet).

Et, pour rassurer nos lecteurs, nous prenons très au sérieux le moral et la sécurité de nos volontaires, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle mon poste a été pensé et créé : pour leur apporter un encadrement solide et un soutien infaillible.

Eleanor : En quoi cette initiative est-elle toute nouvelle dans le monde de l’aide et du développement internationaux ?

Axelle : Elle est nouvelle car il s’agit d’un pari sur l’avenir. Il existe d’autres programmes de jeunes volontaires dans le monde ; je pense à Madagascar et au Népal. Cependant, à travers cette expérience, c’est la première fois qu’un groupe de neuf jeunes volontaires internationaux des Nations unies sont basés à ce niveau de décentralisation.

Je suis convaincue qu’au sortir de cette expérience, l’UNICEF et les jeunes se trouveront renforcés.

Les conditions de vie difficiles, le manque de vie sociale, la rigueur attendue dans le travail mené, les feront grandir. Je disais un pari sur l’avenir car il s’agit d’une expérience unique, bénéfique au développement professionnel et personnel des jeunes.

Eleanor : De quelle nature étaient les activités organisées tout au long de la formation ? Quel était leur but ? Peux-tu donner des exemples ?

Axelle : Les activités reposaient sur l’idée de préparer les jeunes volontaires à leur affectation. Nous avions opté pour le choix de les laisser rejoindre leur lieu d’affectation, et qu’après deux mois, ils reviendraient à Kinshasa, ensemble, pour recevoir la formation.

Ce choix s’est révélé positif car il a permis aux jeunes volontaires d’enrichir les débats par le partage de leur expérience sur le terrain. Certains modules, tels que le journal des réussites, ont fait écho à leur vécu.

J’aime à penser que nous leur avons donné les outils pour faire face aux difficiles conditions de vie et parfois de travail dans les provinces.

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Eleanor : Décris-nous une journée typique de formation.

Axelle : La journée démarrait par le retour sur les activités de la veille. Nous avons demandé aux jeunes volontaires de former des groupes, pour récapituler les modules de la veille à l’aide de ce qu’on appelle « le téléjournal ». Les jeunes volontaires ont choisi des modes de présentation différents pour réaliser cet exercice. Ils se sont montrés très inventifs, nous avons eu droit à un « Qui veut gagner des millions » revisité, et à un « time’s-up » pour ne citer que ceux-ci.

Ensuite, nous poursuivions la journée avec les thématiques prévues, telles que le volontariat et la participation des jeunes, l’inclusion, ou encore l’interculturalité.

Chaque module était réalisé de manière participative. Souvent, les jeunes travaillaient en groupes, puis faisaient des restitutions en plénière. Suite à cela, nous faisions un débat, enfin Marguerite et moi clôturions la séance par des idées conclusives.

Eleanor : Est-ce que tu dirais qu’une activité plutôt qu’une autre a particulièrement bien marché en termes d’efficacité ?

Axelle : Je dirais la « Marche du Pouvoir » qui a permis aux jeunes volontaires par l’usage d’un jeu ludique, de mieux comprendre et de discuter des inégalités sociales à travers le prisme du premier article de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH).

Eleanor : Quels sont selon toi les avantages qu’auraient d’autres pays à reproduire ce modèle « congolais » ?

Axelle : Je citerais deux avantages. Le premier pour l’organisation : les jeunes apportent un regard neuf sur le fonctionnement de l’organisation au niveau décentralisé, et dans sa relation entre les provinces et le niveau central. Ensuite, les professionnels de l’UNICEF ont également l’opportunité de transmettre leur savoir en formant des jeunes motivés.

Le second pour les Jeunes Volontaires : ils réalisent à mesure que le temps passe, qu’ils sont des forces de propositions, qu’ils apprennent et offrent leurs compétences en concourant à l’amélioration des conditions de vie des femmes et des enfants du pays de déploiement.

©Fabien Faivre/2015
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L’UNICEF promeut les droits et le bien-être de chaque enfant, dans tout ce que nous faisons. Nous travaillons dans 190 pays et territoires du monde entier avec nos partenaires pour faire de cet engagement une réalité, avec un effort particulier pour atteindre les enfants les plus vulnérables et marginalisés, dans l’intérêt de tous les enfants, où qu’ils soient. Pour en savoir plus sur l’UNICEF et son action : www.unicef.org/french
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Eleanor Hac

Eleanor Hac is the current (Jun-Oct 2015) InfoCom intern at UNICEF DRC and manages the Office's social networks but also this very blog! She has a legal academic background and is passionate about advocating for children's rights with the aim of reaching the right people in the right way. She particularly enjoys working with Young Reporters who defend their own rights.

Eleanor Hac est l'actuelle stagiaire InfoCom de l'UNICEF RDC et elle est chargée de la gestion des réseaux sociaux du Bureau mais aussi celle du blog Po na Bana même ! Elle possède une formation juridique et se passionne pour le plaidoyer en faveur des droits des enfants dans le but d'atteindre les bonnes personnes de la bonne manière. Elle apprécie particulièrement le travail avec les Enfants Reporters, défenseurs de leurs propres droits.

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