Au Katanga, Dimercia s’épanouit grâce à sa classe de pré-primaire

classe pré-primaireLe gouvernement congolais, en partenariat avec l’UNICEF, a lancé un programme de classe pré-primaire. A travers le pays, 1000 classes ont été ouvertes afin d’accueil les enfants âgés de moins de 5 ans. Cette nouvelle expérience vise à renforcer les capacités des enfants pour préparer leur futur cursus scolaire.

Qu’est-ce que le programme de classes pré-primaires ?

Les classes pré-primaires visent à améliorer le taux de couverture dans le préscolaire en augmentant les capacités d’accueil fournies auparavant uniquement par les établissements d’enseignement maternel et les espaces communautaires d’éveil.

Ces classes sont essentiellement (mais pas seulement) développées en milieu rural et dans les écoles à faibles effectifs. Cela vise à répondre au besoin d’équité entre milieux ruraux et urbains. L’enseignement maternel est en effet plus largement développé dans les villes.

Afin de toucher un grand nombre d’enfants, l’accès à une classe pré-primaire est gratuit et obligatoire, conformément à l’arrêté Ministériel MINEPS_INC/CABMIN/0282/2015/ du 5 décembre 2015. Pour assurer le maintien de leurs enfants dans les classes pré-primaires, les parents sont uniquement appelés à fournir une collation journalière à leurs enfants.

L’importance des classes pré-primaires en RDC

Le développement de l’enseignement maternel est encore au stade embryonnaire en RDC. Le taux de couverture est estimé à 4% des enfants âgés de 3 à 5 ans en 2014 contre une moyenne avoisinant 20% dans les autres pays d’Afrique subsaharienne. De plus, cet enseignement bénéficie majoritairement aux familles aisées vivant en zone urbaine.

Au Katanga, le programme de classes pré-primaires gratuites a été lancé le 14 janvier 2016 à Kasumbalese par le Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Initiation à la Nouvelle Citoyenneté. Depuis, 100 classes y ont été ouvertes et fonctionnent au sein des écoles primaires opérationnelles en milieu rural.

Dimercia privée de rentrée scolaire cette année mais heureuse d’être inscrite en classé pré-primaire

Dimercia, âgée de 6 ans, fait partie d’une famille polygamique, elle est le neuvième enfant de sa mère. Seuls Dimercia et un de ses frères sont scolarisés. Normalement, Dimercia devait être en première année primaire mais son état de santé et le manque de moyens financiers empêchent son inscription.

Ses frères et sœurs ont tous abandonnés l’école depuis l’année scolaire 2014-2015 car les frais de scolarisation étaient trop élevés (environ 4000 francs congolais par mois et par enfant). Marie, la mère de Dimercia, a profité de l’ouverture de classes pré-primaires pour y inscrire sa fille. Cette dernière est inscrite dans une classe pré-primaire qui fonctionne au sein de l’école primaire KIKULA, dans la sous-division éducationnelle de KAMBOVE dans la province du Haut-Katanga.

unicef-drc-preprimaire-1

La classe pré-primaire de Dimercia

« Dès que j’ai appris qu’il y a une classe pré-primaire qui sera ouverte et que c’est gratuit, je me suis décidé d’y inscrire Dimercia pour qu’elle soit en contact avec d’autres enfants et qu’elle soit préparée pour l’école primaire contrairement à ses frères et sœur qui n’ont pas eu cette chance. A 6 ans, Dimercia a encore l’air d’un enfant de 3 ans parce qu’elle est maladive depuis sa naissance. Pour qu’elle soit inscrite, le directeur de l’école a donné comme condition qu’il y ait quelqu’un pour l’accompagner et la récupérer après cours vu son âge et son état de santé. C’est pourquoi j’ai inscrit aussi son frère dans la même école », nous avoue-t-elle.

Un lieu d’apprentissage et de socialisation

La mère de Dimercia continue à nous expliquer pourquoi elle a inscrit sa fille en classe pré-primaire :

unicef-drc-2016-dimercia

A gauche, Dimercia, 6 ans

« Dimercia est mon premier enfant qui fréquente une classe pré-primaire ou école maternelle comme couramment appelé chez nous parce que c’est payant voir même très cher. Depuis qu’elle va à l’école, elle est devenue éveillée, elle a du coup quitté sa timidité pour un caractère plus actif, elle est même devenue la plus active de tous mes enfants. Avant, Dimercia ne pouvait même pas jouer avec d’autres enfants dans le village, elle était discriminée vu son état physique et elle-même préférait rester dans son coin. Désormais elle joue avec d’autres enfants et chaque soir elle nous emballe avec ses leçons apprises à l’école ».

Une initiative à élargir à une plus grande échelle

Dans le souci d’assurer l’avenir de sa fille, Marie a commencé à épargner afin que sa fille ne doive pas interrompre sa scolarisation après la classé de pré-primaire. Les frères et sœurs de Dimercia commencent eux-aussi à réclamer un retour à l’école, se sentant frustrés lorsque leur sœur commence ses récitations à la maison.

L’effectivité de la gratuité de l’enseignement primaire en RDC reste réclamée par les parents. En effet, la continuité du cursus scolaire doit être garantie pour les enfants inscrits en classe pré-primaire. De nombreux parents se trouvent dans l’incapacité de débourser les 4000 francs congolais par élève et par mois nécessaires pour le maintien de leur enfant à l’école.

Les classes pré-primaires sont une opportunité pour élever le niveau d’éducation des enfants de la République Démocratique du Congo. Malheureusement, le nombre d’élèves par classe étant limité, de nombreux enfants ne peuvent pas s’y inscrire.

En savoir plus sur la situation de l’éducation en RDC

The following two tabs change content below.

Mariette Neema Mwesha

Mariette MWESHA est chargée de Communication pour L’Unicef/ Zone Sud. Au vu des violations des droits des femmes et des enfants auxquelles elle a assisté dans son milieu à l’Est de la République Démocratique du Congo, elle a choisi de s’investir en tant qu’acteur pour la promotion de ces droits. Ingénieure informaticienne de formation, elle a choisi le journalisme pour pouvoir porter plus haut la voix des femmes et des enfants en relayant leurs besoins et idées dans les articles de presse et les émissions radio-télévisées. Pour elle personne ne peut plaider les droits d’un enfant mieux que lui-même ni ceux d’une femme mieux qu’elle-même, c’est pourquoi il faut leur donner l’espace d’expression. Elle a ainsi suivi plusieurs formations professionnelles en journalisme et droits humains afin de réaliser cette mission qu’elle s’est assignée. Mariette MWESHA a commencé le journalisme a 15 ans entant qu’enfant reporter au sein de la presse pour enfant, une organisation initiée au Sud-Kivu par elle et d’autres enfants de son âge à l’époque. Elle a été recrutée ensuite comme journaliste dans la presse locale à Bukavu et c’est ainsi qu’elle a pris les ailes, pour voler dans ce domaine.

Mariette Mwesha is Communications Manager for UNICEF’s South Zone Office in the Democratic Republic of Congo.After witnessing the violation of the rights of women and children in her own community in eastern DRC, Mariette made the decision to dedicate herself to the promotion of human rights. Having trained as an IT engineer initially, she went into journalism to be able to amplify the voices of women and children, making their voices heard whether in the written press, on TV or radio. She believes that no one is better at making the case for the rights of women and children than women and children themselves and that they should be given a forum to express themselves. Mariette has also undertaken a range of professional training courses in journalism and human rights to aid her in this mission. She started out in journalism when she was 15 years old as a reporter at a children’s press organisation that she set up together with other children her age in South Kivu. She was subsequently hired as a journalist in her local news agency in Bukavu and this was how she got her flying start in the world of journalism

Laisser un commentaire