Distribution de kits pour améliorer la santé des enfants

Distribution de kits

Dans le Kasaï Oriental, aujourd’hui démembré en trois nouvelles provinces, le programme de la réduction de mortalité de mamans et enfants prévoit la distribution de kits familiaux, d’accouchement et pour enfants. Dans les zones de santé, les premiers résultats positifs ne se sont pas fait attendre : les indicateurs progressent. Reportage à Kabuela dans le Lomami, et Miabi dans le Kasaï Oriental.

Distribution de kits : un progrès à Kabuela

Il est midi à Kabuela, province du Lomami, et le vent tonne déjà annonçant l’orage. Cela ne semble pas perturber Mado, une enseignante trentenaire rayonnante, et dans ses jupons, sa petite Aimée, espiègle et vive, et désormais sa fille unique. Car il y a trois ans, elle a vécu un drame, malheureusement encore trop partagé en RDC : la perte d’un enfant.

« C’était en 2013, raconte-t-elle sous le perron de sa maisonnette. Mon enfant a eu des fièvres et des diarrhées. A l’époque je l’ai soigné avec les moyens du bord, en faisant appel à l’automédication. Mais ces fièvres et ces diarrhées ne se sont pas arrêtées, et mon aîné en est mort ». Mado s’assoit bien au fond de sa chaise avant d’ajouter : « si nous avions eu les kits à cette époque, je pense qu’il aurait été sauvé ».

Mado et sa fille, Aimée

Mado et sa fille, Aimée

Comme Mado ils sont des centaines de parents rien que dans la zone de santé de Kanda Kanda, qui comprend le village de Kabuela, à avoir vécu de tels drames personnels. « En 2014, plus de 400 enfants sont morts, précise le médecin chef de zone, Jean-Pierre Mubakilayi. Dès que nous avons commencé à introduire les différents kits, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans a chuté de moitié en 2015. Mais nous ne pouvons pas baisser les bras, on doit continuer nos efforts pour espérer qu’il y ait un jour zéro décès pour nos enfants ».

Des efforts à poursuivre

La tendance à la baisse se confirme chaque jour un peu plus. Mais malgré la distribution de kits et la mise en place de la dynamique communautaire – un relai pour 25 ménages – au moins deux enfants de moins de 5 ans sont décédés à domicile en janvier, à Kabuela même, à quelques centaines de mètres seulement du centre de santé. Ce qui révolte Mukala Didier Mukendi, administrateur santé au bureau Unicef de Mbuji Mayi. « Comment est-ce possible ?, lance le docteur Mukendi à l’équipe cadre de santé de la zone. Il n’est pas tolérable que des enfants meurent encore dans la communauté surtout avec un centre de santé à deux pas. Vous devez revoir avec les relais communautaires les consignes à donner aux parents ». Le médecin chef de zone abonde. « On doit faire plus pour arriver à un changement de mentalité chez certains habitants ». Un changement de mentalité ? Reste une difficulté première : la pauvreté. Thérèse, relai communautaire, nous expliquait que la veille encore de notre visite, elle a constaté un enfant malade dans un des ménages sous sa responsabilité. « Mais ses parents n’avaient pas mille francs [environ un dollar, ndlr] pour lui payer une consultation médicale au centre de santé. Je l’ai emmené moi-même et ai payé la consultation »…

Thérèse, relai communautaire à Kabuela

Thérèse, relai communautaire à Kabuela

Des progrès notables mais encore fragiles sont donc là. « Mais nous n’avons encore que 18% des zones de santé couvertes, précise Consolata Buhendwa, cheffe de bureau de l’Unicef à Mbuji Mayi. Certes l’Unicef appuie ce projet à hauteur de dix millions de dollars pour 2014-2016. Mais il faut faire plus encore, et j’appelle tout le monde à nous rejoindre. Car on ne peut regarder impuissamment des enfants mourir. C’est inacceptable ». Mado en conviendra parfaitement.

Reportage de terrain à Kabuela et Miabi :


Photos: UNICEF RDC 2016 Mehdi Meddeb


Programme de lutte contre la mortalité infanto-juvénile et maternelle

Le programme « CAO 4&5 » du gouvernement congolais est mis en place avec l’appui de l’UNICEF, de la Banque Mondiale, de l’Alliance du vaccin (GAVI) et du Fonds Mondial. Pour sa mise en oeuvre, l’UNICEF a le soutien de l’Union Européenne et de la Suède notamment.

D’autres exemples à travers la RDC: 

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Mehdi Meddeb

Mehdi Meddeb est journaliste depuis bientôt 10 ans. D'abord basé au Maroc, puis à Kinshasa, l'ancien correspondant de France 24 continue à couvrir l'Afrique en tant que freelance. Il contribue régulièrement en tant que consultant vidéo auprès de l'UNICEF en RDC.

Mehdi Meddeb has been a journalist for nearly 10 years. First based in Morocco, then in Kinshasa, this former correspondent for France 24 continues to cover Africa as a freelancer. He regularly contributes as a video consultant with UNICEF in the DRC.

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