Donnons de la voix aux filles, donnons de la voix aux garçons !

Donnons de la voix aux filles, donnons de la voix aux garçons !

Nous célébrons aujourd’hui la journée internationale de la femme, une date importante pour toutes les filles et tous les garçons de République Démocratique du Congo.

Comme vous le savez, la situation des filles et des femmes en RDC n’est pas satisfaisante.

+1,8 MillionsPlus de 1,8 Millions de filles en âge d'aller à l'école primaire en RDC ne sont pas scolarisées
Plus d’1,8 Million de filles en âge d’aller à l’école primaire (6-11 ans) ne sont pas scolarisées. La mortalité maternelle est encore beaucoup trop élevée : deux femmes meurent chaque heure pendant l’accouchement ou des suites de la mise au monde d’un enfant.

Lorsque les conflits font rage, elles sont les premières victimes. Les chiffres concernant les violences sexuelles sont à cet égard alarmants : en 2013, 12 247 survivants de violences sexuelles et basées sur le genre ont été identifiés et ont eu accès à une prise en charge médicale, psychosociale, socio-économique et une référence légale, dont 3 827 enfants (3 748 filles et 79 garçons).

Enfin, les femmes sont sous-représentées dans les organes de pouvoirs économiques, sociaux et politiques.

Pourtant, il y a des signes d’espoir.

Pour vous en convaincre, j’aimerai vous parler du Forum mondial des femmes francophones qui s’est tenu les 3 et 4 mars à Kinshasa.

La Présidente de Centrafrique et près de 800 femmes se sont réunies à Kinshasa pour tenter de faire avancer la cause du droit des femmes.

A ce Forum, il y avait trois ateliers avec pour thèmes « Femmes actrices de paix », « Femmes et éducation » et « Femmes et pouvoir ».

Il était motivant de voir réunies toutes ces femmes, entrepreneuses, politiques, juristes, militantes, venues de l’ensemble des provinces de la RDC et du monde francophone. Derrière chaque visage se cache un parcours, souvent difficile, pour se faire respecter et entendre.

Parmi cette multitude de visages et de parcours, j’aimerai en mettre en lumière deux.

D’abord celui de Merveille, 17 ans, qui était sur le Forum avec ses amis enfants reporters de République Démocratique du Congo pour réaliser un reportage.

Alors que j’observais cette jeune fille pleine d’énergie et d’audace interroger avec talent les plus hautes autorités et leur demander de prendre des engagements pour améliorer la situation des filles et des femmes, j’ai réalisé qu’elle était sans doute la meilleure ambassadrice du Forum.

Elle avait confiance en elle et son engagement était un signe d’espoir pour le futur car ce pays regorge de « Merveilles » qui préparent aujourd’hui un futur plus égalitaire.

Le deuxième visage est celui de Miradi, enfant reporter lui aussi. On m’a raconté qu’avant cette journée, Miradi était le plus sceptique de ses amis. Selon lui, la femme devait rester à la maison et s’attacher à « servir » l’homme. De nombreux débats et échanges plus tard, il était étonnant de le voir courir de personnalités en personnalités pour leur dire qu’il était grand temps de faire respecter l’égalité homme-femme.

Ces deux visages nous servent d’exemple.

D’abord car, comme Merveille,  les femmes et les filles peuvent prendre en main leur destin et se battre pour que l’ensemble de leurs droits soient respectés.

Ensuite car, comme Miradi, les hommes et les garçons ont une responsabilité : ils peuvent et doivent aider leurs sœurs, amies, mamans, épouses à se faire entendre. A la maison, au travail, à l’école, sur les terrains de jeux, c’est leur responsabilité de les écouter et de les respecter.

A la suite de cette journée, les enfants reporters de Kinshasa ont écrit trois articles. A chaque fois, un garçon et une fille ont livré leur vision de la journée, je vous invite à aller les lire.

L’engagement dont ils ont fait preuve est un exemple de respect, de partage et d’écoute autour d’un même objectif : faire voyager la voix de l’enfant de la RDC et mener un plaidoyer pour le respect des droits de tous les enfants.

Les garçons n’ont rien perdu en donnant leurs voix aux filles
Unis, ils ont brillamment accompli leur mission. Les garçons n’ont rien perdu en donnant leurs voix aux filles. Bien au contraire, leur collaboration a porté ses fruits, les a grandis  et leur message sera  entendu jusqu’au bout du monde.

Il me semble que c’est un message clef de la journée : l’autonomisation, l’habilitation des femmes (empowerment en anglais le dit beaucoup mieux) ne signifie aucunement une perte de pouvoir pour les hommes. Au contraire, en permettant le déploiement de tout le potentiel de tous, nous tous, hommes et femmes, filles et garçons, y gagnons.

Tel est l’exemple que je vous invite à retenir en cette journée internationale de la femme. Une fille, un garçon, qui ont compris qu’ils avaient tout à gagner à travailler ensemble.

Retrouvez l’ensemble des articles écrits par les enfants sur Pona Bana:

http://hollow-smile.flywheelsites.com/category/articles/

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Photos: Myriam Asmani / UNICEF RDC Adrien Majourel / UNICEF RDC Vincent Petit

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Barbara Bentein

Barbara Bentein est l'ancienne représentante de l'UNICEF en RDC, rôle qu'elle a tenu de 2011 à 2014. Elle travaille depuis presque 30 ans pour l’Unicef, militant pour le respect des droits des enfants et un monde plus juste. Avant la RDC, elle a notamment été Représentante de l’Unicef à Madagascar, Maurice et Comores et Directrice régionale adjointe de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale.

Barbara Bentein is the former UNICEF Representative in DRC, a role that she played from 2011 to 2014. She has worked for almost 30 years for UNICEF, advocating for the respect of the rights of children and a fairer world. Before DRC, she had been UNICEF Representative in Madagascar, Maurice and Comores and UNICEF Deputy Regional Director l’Unicef for Western and Central Africa.

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