Bikoro, foyer de violences et violations des droits de l’Enfant

 droits de l’Enfant en RDC

Pour chaque enfant, protection (UNICEF RDC 2012 Walther)

TÉMOIGNAGE Encadreur des Enfants Reporters de Bikoro, dans la Province de l’Equateur, je veux dans ce premier blog vous parler d’une histoire vécue. Je cherche à rétablir la dignité, le respect et la considération de l’Enfant dans notre milieu, conformément aux déclarations internationales et régionales, à la Convention des droits de l’Enfant et à la Loi portant protection de l’Enfant de notre pays.

Un scénario de violation des droits de l’Enfant en RDC

Cela s’est passé dans la cité de Bikoro, une violation sérieuse et préoccupante de droit de l’Enfant. Un homme a violemment tabassé un enfant, Héritier. Suite à une dispute conjugale, Joceline cherchait à partir chez elle. Christopher, son mari, n’était pas d’accord.

C’était un matin, Héritier se rendait à l’école, qui est située tout près de la résidence du couple. Joceline interpela Héritier et lui demanda de revenir chez elle après l’école. Elle voulait lui confier un sac qui contenait ses biens pour l’amener chez ses parents qui habitent du même coté que lui.

Sur la route, en rentrant chez lui, Christopher vit le garçon portant le sac de sa femme. Son sang ne fit qu’un tour. Il appela Héritier et lui demanda : « où est-ce que tu vas avec ce sac ? »

Le garçon répondit « ta femme me l’a donné pour le laisser chez ses parents ». Furieux, le mari prît le sac et commença à frapper le garçon, lui donnant un coup de genou dans la poitrine. Héritier tomba par terre.

« J’ai tapé cet enfant pour montrer à tout le monde que je suis en colère »

On m’appela à la rescousse : l’événement c’était déroulé dans un espace où se situent les bureaux de plusieurs services de l’Etat. Je suis vite allé récupérer l’enfant pour le réanimer. Les notions de réanimation m’échappent mais j’ai réussi à le faire. Grâce à Dieu, j’ai croisé le camion d’une personne de bonne volonté qui nous a amené à l’Hôpital Général de Référence de Bikoro.

Par manque de moyens, Héritier est resté sans premiers soins car l’Hôpital exigeait de recevoir l’argent. Après deux terrible heures d’attente, Christopher est arrivé pour payer les premiers soins du garçon, sans être inquiété d’avoir violé les droits de l’enfant et commis une infraction pénale.

Je me suis alors permis de demander au mari violant la raison pour la quelle il a tapé cet enfant. Christopher m’a alors dit ceci : « j’étais trop en colère ; ma femme a utilisé 15000fc (12$) sans ma permission et m’a trompé aussi. Comme ce n’est pas la première fois, cette fois j’ai voulu y mettre fin, mais elle ne s’est pas laissé faire. J’étais en colère et j’ai décidé que personne ne se mettra dans mon chemin. Personne ne devrait aider ma femme. Comme je ne pouvais pas la frapper, j’ai décidé de taper cet enfant pour montrer à mon épouse et à tout le monde que je suis en colère ».

Entre violations et impunité

Choqué, je ne me suis pas limité seulement à parler à cet homme. Je suis allé voir le Colonel commandant de la police locale pour m’informer d’ampleur de la situation et sur les sanctions judiciaires ou pénales à appliquer, mais il a refusé de nous parler.

Comme il n’y a pas d’expert de l’UNICEF à Bikoro, je suis allé à la rencontre de Maman Mamisa, qui joue un rôle très important pour les enfants d’ici. Elle m’a parlé de l’article 9 de notre Loi portant protection de l’enfant qui stipule qu’aucun enfant ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradant. Mais ici à Bikoro, l’Enfant n’a pas sa juste place dans la société. Ses droits sont négligés, oubliés et violés sans inquiétude par tout le monde. Notamment par manque de moyens pour bien protéger les enfants, a-t-elle souligné !

Mettons fin aux violations des droits de l’enfant à Bikoro

L’ignorance règne dans les têtes des parents, des enfants et de toute la société de Bikoro concernant les droits de l’Enfant. Aidons les enfants de Bikoro à avoir une place réelle dans la société. Réagir maintenant pourrait sauver de nombreux à Bikoro et à travers le pays entier.

Nos parents ignorent les droits des enfants. Parents, enfants et agents de l’ordre de la place doivent être sensibilisés sur la Convention des droits de l’Enfant et la Loi portant protection de l’Enfant car comme le disait Socrate, le seul mal est l’ignorance.

The following two tabs change content below.

Christophe Yoka Nkumu Daddy

Christophe Yoka Nkumu Daddy est Encadreur des Enfants Reporters de Bikoro. Pour lui, le bonheur se cache parfois là où on ne l’attend pas.

Derniers articles parChristophe Yoka Nkumu Daddy (voir tous)

Histoires connexes

Pas d'histoires connectées trouvés.

Laisser un commentaire