Chlore, 21 jours, centres de traitement, enterrements sécurisés

Hornelie, une Jeune Reporter de 17 ans, sensibilise la population sur les dangers de la maladie à travers la radio

Les mots comme « équipement de protection individuelle », « chlore », « 21 jours », « centres de traitement », « enterrements sécurisés » et surtout « Ebola » sont des mots que j’avais espéré ne jamais entendre à nouveau. J’ai personnellement assisté à l’épidémie sans précédent d’Ebola qui a ravagé une partie de l’Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016. Les dégâts et la douleur causés me suivront encore pendant longtemps. Le choc a été dévastateur – Ebola a tué plus de 11.000 personnes et environ 16.000 enfants ont perdu leurs parents ou leurs aidants.

Il était alors normal, je suppose, de ressentir une certaine trépidation en embarquant pour le vol de Kinshasa à la province d’Équateur – l’épicentre de l’épidémie actuelle en République Démocratique du Congo (RDC). Alors que la ville se transformait en forêt luxuriante bien en dessous, je me demandais – et espérais – cette épidémie sera-t-elle différente? Peut-elle être contenue? Les leçons apprises durant l’épidémie de l’Afrique de l’Ouest s’appliqueront-elles ici?

Me trouvant maintenant à Mbandaka, la capitale de la province de l’Équateur, il est clair que le processus est bien enclenché. Les écoles sont équipées de sceaux de chlore afin que les enfants s’y lavent les mains, les équipes retracent les « contacts », les personnes ayant été en contact avec des patients infectés afin de vérifier que celles-ci n’ont pas de symptômes; les travailleurs de la santé visitent les communautés les plus éloignées afin de leur expliquer comment freiner la propagation d’Ebola; et on prend la température de chacun au port afin de vérifier que personne n’entre dans la ville porteuse du virus.

J’ai immédiatement remarqué deux choses – toutes les deux positives. Tout d’abord, le niveau remarquable d’implication des enfants pour informer les autres sur l’épidémie. J’ai parlé à une adolescente, une Jeune Reporter, qui sensibilise la population sur les dangers de la maladie à travers la radio. Dans une école, j’ai rencontré un garçon qui m’a fièrement expliqué comment il enseigne à sa famille l’importance de se laver les mains et de ne pas toucher les autres. C’est un message que j’ai entendu chez un certain nombre d’enfants. Deuxièmement, le vaccin expérimental contre Ebola a été mis en œuvre dans les zones à hauts risques. J’ai vu un bon nombre d’individus patiemment faire la queue afin de recevoir le vaccin. Ils n’avaient pas peur, ils n’étaient pas stigmatisés – ces gens savaient qu’ils avaient peut-être par inadvertance été exposés au virus et étaient proactifs en essayant de diminuer les risques pour eux-mêmes et pour leurs communautés.

Filmer une épidémie est toujours difficile – d’un point de vue sécuritaire et éthique. En tant qu’étrangers, nous avons tendance à nous focaliser sur les morts et à représenter les patients comme des victimes impuissantes. Les médias ne prêtent pas assez d’attention au rôle de la communauté – probablement l’acteur le plus important dans la lutte contre Ebola. Les hommes, les femmes et les enfants se mobilisent en tant qu’agents de changement. Ce sont ces personnes et ces communautés qui finiront par vaincre la maladie sur les rives du fleuve Congo.

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Mark Naftalin

Mark Naftalin is a freelance videographer and photographer. He has been in DRC since early May filming and photographing UNICEF activities across the country. Previously, he worked as a videographer and photographer for UNICEF during the Ebola outbreak in Sierra Leone, Guinea and Liberia.

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