Ebola : une guerre pour faire triompher la vie

Lutte contre Ebola

Tout le monde a un rôle à jouer dans la riposte (Photo: UNICEF RDC Naftalin)

Entre Ebola et la République Démocratique du Congo (RDC), c’est une histoire de très longue date. Le virus tient d’ailleurs son nom de la rivière Ebola, située à côté du village où est apparu pour la première fois le virus en 1976. Au cours des décennies suivantes, plusieurs épidémies se sont succédées dans le pays : 1977, 1995, 2007, 2008, 2012, 2014 et 2017.

Depuis le mardi 8 mai 2018, la RDC fait face à une sa neuvième épidémie de la maladie à virus Ebola. Dès la déclaration de l’épidémie par le Ministre de la Santé, les équipes du bureau UNICEF de Mbandaka se sont mobilisées pour organiser la riposte aux côtés du Gouvernement et des partenaires. La zone de santé de Bikoro, épicentre de l’épidémie, n’est située qu’à une centaine de kilomètres de la ville de Mbandaka.

C’est quelques jours après quelques jours qu’on m’a demandé d’aller à Mbandaka. Est-ce que c’est bien vigilant d’aller là-bas ? Est-ce que c’est vraiment essentiel ? Après quelques moments de réflexion (et après avoir vérifié mon assurance maladie), la décision est prise : je vais aller à Mbandaka. Partir dans une zone affectée ne se fait pas sans précaution : je devais prendre avec moi un kit de protection personnelle de près de 10 kilos. Bottes, gants, scaphandre, lunettes et médicaments divers seront mes compagnons de voyage ! Sans oublier le gel hydro-alcoolique qui ne va pas me quitter une seule minutes…

En montant dans l’avion à destination de Mbandaka, passage obligé par la distribution de gel pour les mains. Durant les 90 minutes de vol, le mot ‘Ebola’ était au centre de toutes les conversations. A l’atterrissage, la sécurité a été renforcée : passage obligé devant un thermomètre laser et une caméra thermique qui affiche afficher la chaleur du corps.

Bizarrement en quittant l’aéroport pour me rendre au bureau UNICEF, on ne se doute pas qu’Ebola n’est pas loin… A part quelques dispositifs de lavage des mains aux couleurs de l’UNICEF et quelques affiches, rien ne laisse penser à Ebola : les lieux publics sont bondés, les vendeurs ambulants sillonnent les rues et taxi-moto (et taxi-vélo) sont bondés. Chacun vaque à ses occupations quotidiennes.

Mais depuis ce fameux mardi 8 mai 2018, à l’abris de certains bâtiments de la ville, c’est une course contre la montre qui s’organise : il faut mettre en place le plus rapidement possible un plan de riposte pour contenir l’épidémie. C’est la guerre pour faire triompher la vie. À la vue de l’urgence, les bureaux et salles de réunion sont transformées en zones de crise.

En arrivant au bureau UNICEF, je trouve 6 personnes sont réunies autour d’une petite table où trône un téléphone de conférence : c’est le moment de faire le point sur la situation avec les équipes de Bikoro et de Kinshasa. Depuis Kinshasa, Gianfranco Rotigliano, notre Représentant, anime la séance et ne veut rien entendre d’autre que des résultats. Chacun instant compte et il n’est pas permis de perdre de temps. Il faut faire vite pour faire triompher la vie et seuls les résultats pour les enfants comptent !

A la fin de l’appel, tout le monde bouge… Les portent claquent, les téléphones sonnent et les moteurs de voitures démarrent : tout le monde est sur le pied de guerre. Une seule priorité : mettre en place le plus rapidement possible notre riposte. Jusqu’au milieu de la nuit, le bureau UNICEF de Mbandaka est en ébullition. Personne ne se repose, certains n’ont même pas le temps de boire un café ou de manger. Une dernière réunion permet de pour faire le point sur les activités de la journée : logistique, éducation, protection, santé, communication, chauffeur, eau et assainissement, etc. Personne n’est laissé de côté car tout le monde a un rôle à jouer dans la riposte.

Le travail de l’UNICEF

Les enfants continuent d’être à risque et sont affectés par l’épidémie d’Ebola en cours en RDC, ce qui rend essentiel que leur santé et leur bien-être soient prioritaires dans la réponse. L’UNICEF se concentre sur la communication communautaire pour protéger les populations contre la maladie, sur l’apport en eau, l’hygiène et l’assainissement pour éviter la propagation de la maladie et sur le soutien psychosocial pour les personnes touchées et leurs familles.

L’UNICEF a besoin de 11,5 millions de dollars américains pour répondre à l’épidémie d’Ebola en RDC. Les besoins de l’UNICEF sont actuellement financés à hauteur de 8,7 millions d’USD grâce à World Bank Pandemic Emergency Facility, USAID, CERF, Mercury Fund, CIDA, GAVI et les Comités Nationaux pour l’UNICEF.

The following two tabs change content below.

Typhaine Daems

Typhaine Daems est Volontaire des Nations Unies, chargée de communication digitale à l’UNICEF RDC. Elle est s'occupe tout particulièrement de la gestion des réseaux sociaux et du blog.

Histoires connexes

Pas d'histoires connectées trouvés.

Laisser un commentaire