Kasaï : des écoles sans élèves ni professeurs

école au Kasaï

Mbombo assise sur un banc de son ancienne classe

Le vendredi 15 décembre 2017, c’était le début des vacances à l’Ecole Primaire Musue Bionso de Mulombela, un village situé à une vingtaine de kilomètres de Kananga, Province du Kasaï-Central. Élèves et professeurs ne savaient pas qu’ils n’allaient pas pouvoir retrouver les bancs de l’école après les vacances.

« Le 8 janvier, après les vacances, nous ne sommes pas revenus en classe à cause des affrontements entre l’armée et les miliciens », raconte Mbombo, 14 ans et élève en 6e année primaire.

Les villageois ont pris la fuite pour trouver refuge dans la brousse. « Je dors avec mes parents, mes frères et sœurs en brousse. Nous avons peur de revenir dormir au village », confie Mbombo. Comme de nombreux habitants du village, la jeune fille et sa famille ont trouvé refuge dans la brousse. Durant la journée, les adultes reviennent au village pour chercher de la nourriture et de quoi faire survivre leur famille. « Les conditions de vie en brousse sont difficiles. On dort sous une hutte, parfois le vente vide si il n’y a rien à manger », explique Mbombo.

école au Kasaï

Une de quatre salles de classes temporaires installées par l’UNICEF

L’insécurité règne encore autour du village de Mbombo. Les bancs de l’école sont désespérément vides et les tableaux noirs sont figés à la date du 15 décembre. Mbombo confie qu’elle craint d’enregistrer beaucoup de retard dans ses études.

Pourtant, tout est en place pour accueillir élèves et professeurs. Depuis le mois d’octobre 2017, quatre salles de classe temporaires ont été installées et équipées dans l’école. Les tentes UNICEF, les pupitres en bois et les tableaux noirs faisaient la fierté des professeurs et la motivation des élèves. « Avant, les conditions d’études étaient difficiles et les cours étaient interrompus en cas de pluie. Avec les nouvelles salles, nous pouvions étudier jusqu’à la fin de la journée malgré les intempéries », se rappelle Mbombo.

La jeune fille espère pouvoir reprendre rapidement les cours. Être loin de l’école, c’est un frein pour son avenir. Mbombo rêve de devenir enseignante pour combattre l’analphabétisme dans sa communauté. « Quand on apprend, on peut aller loin », conclut la jeune fille.

L’éducation dans la région du Kasaï

La crise du Kasaï a eu un effet dévastateur sur les enfants. Ils ont été blessés et tués, victimes de violences sexuelles et de détentions arbitraires et utilisés dans des milices. Suite aux violences, 440.000 n’ont pas pu terminer l’année scolaire 2016-2017. Il est crucial pour les enfants de reprendre le chemin de l’école pour restaurer un sentiment de normalité dans leur vie après des mois de peur et d’incertitude.

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Albert Mbayo

Albert Mbayo est point focal communication au bureau UNICEF de Kananga.

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