L’éducation au Kwilu face au poids des traditions

éducation au Kwilu face aux poids des traditionsPHOTO REPORTAGE- Dans la province du Kwilu, la tradition l’emporte jusqu’à présent sur l’éducation. Des jeunes filles abandonnent les études et sont précocement mariées. Face à cette situation, la Nouvelle Dynamique de la Jeunesse Féminine, ONG partenaire de l’UNICEF, ne baisse pas le bras pour promouvoir l’éducation au Kwilu au détriment des traditions. Reportage inédit de notre Photographe Gwenn Dubourthoumieu.

Le mariage précoce l’emporte sur l’éducation au Kwilu

Moins d’un mois après la rentrée scolaire, l’une des élève les plus brillante de l’Institut Catholique Lumbu, un lycée situé en zone rurale, à une quinzaine de kilomètre de Bandundu Ville, dans la province du Kwilu, a abandonné sa scolarité : elle a épousé l’homme qui l’a mise enceinte pour qu’il subvienne à ses besoins et à ceux du futur bébé.

La pauvreté à la base de tous les maux

Martin Katembo, le proviseur du lycée, s’en désole : « c’était l’une de mes élèves les plus brillante ; elle était en dernière année de second cycle et aurait pu prétendre à des études supérieures ». Selon lui, « la pauvreté est la principale raison pour laquelle les filles acceptent d’avoir des rapports sexuels avec des hommes plus âgés. Elles y sont parfois encouragées par leurs parents, pour subvenir au besoin du foyer ! Comme elles ne connaissent pas leurs cycles menstruels et n’utilisent pas de contraceptifs, elles tombent enceintes et se voient souvent forcées par leurs familles d’accepter un mariage ».

Sensibiliser pour changer les comportements sur l’éducation au Kwilu

Aujourd’hui, il a invité Bernadette Kindumba, animatrice communautaire de la Nouvelle Dynamique de la Jeunesse Féminine, une ONG partenaire de l’UNICEF, pour sensibiliser ses élèves contre les mariages précoces. « Un message venu d’une personne extérieure est souvent mieux assimilé », pense-t-il. Forte de dix années d’expérience comme militante, Bernadette rassemble les élèves et s’avance, confiante, au milieu d’eux. « Je viens choisir une fille pour qu’elle épouse mon fils. Toi, tu es belle ; tu vas marier mon fils ! Acceptes-tu ? ». Dorcas, 13 ans, accepte car elle pense qu’il a beaucoup d’argent.

éducation au Kwilu face à la tradition

Bernadette invite ensuite des filles-mères, qu’elle a aidé à réintégrer l’école, à s’avancer. Thérèse, 19 ans, témoigne : « mes camarades fréquentaient des garçons qui leur donnaient de l’argent. Chez moi, quand je demandais, on ne me donnait rien. J’ai accepté de coucher avec un homme de 27 ans car je manquais de lait de beauté et de babouches. Quand je suis tombée enceinte, je suis allée m’installer chez lui. Là, j’ai été battue et violée, au point où mes parents ont accepté de me reprendre, à contrecœur. Seule, je n’avais pas les moyens de m’occuper de ma fille : elle est morte à l’âge de 1 an et 2 mois ».

Une histoire qui se répète trop souvent ; l’année dernière, 4 filles de l’Institut Catholique Lumbu ont abandonné leur scolarité.

Femmes et hommes, progressons ensemble

À travers le programme “Femmes et hommes, progressons ensemble“, l’UNICEF et le Ministère du Genre, famille et enfant, financés par l’Union Européenne, souhaitent agir sur toutes les violences basées sur le genre et leurs causes profondes. 

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Photo: UNICEF RDC 2016 Dubourthoumieu

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Gwenn Dubourthoumieu

Gwenn Dubourthoumieu s’est intéressé à la photographie alors qu’il travaillait en Afrique pour des ONG humanitaires. Professionnel depuis avril 2010, son travail est régulièrement récompensé. Il travaille régulièrement pour UNICEF RDC en tant que consultant photographique.

Gwenn Dubourthoumieu became interested in photography while working in Africa for humanitarian NGOs. Professional since 2010, his work is regularly rewarded.  He's a photography consultant for UNICEF DRC.

2 comments

  • Exactement la coutume influence encore notre societé ou province,causant plus des victimes enfant fille, souvent c est plus frequent dans les arrières village des territoires à l exemple du territoire de Bulungu ou les actions de sensibilisation n arrive pas!certe il faut reconnaitre que dans les villes la situation s ameliore de part des actions de sensibilisation.

  • Exactement la coutume influence encore notre societé ou province,causant plus des victimes enfant fille, souvent c est plus frequent dans les arrières village des territoires à l exemple du territoire de Bulungu ou les actions de sensibilisation n arrive pas-l ignorance laisse la loi à la tradition!certe il faut reconnaitre que dans les villes la situation s ameliore de part des actions de sensibilisation.

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