Kasaï : retour à la vie civile pour les enfants associés aux milices

enfants associés aux milices au Kasaï

Vers le retour à la vie civile pour les enfants associés aux milices au Kasaï

Depuis fin 2016, un conflit éclaté dans la Province du Kasaï-Central fait rage au Kasaï-Oriental, opposant les forces de sécurité aux miliciens de Kamuina Nsapu. Cette crise a un effet dévastateur sur les enfants : ils sont blessés, tués, privés d’accès aux services de base et recrutés au sein de la milice.

A la fin du mois de novembre 2017, l’UNICEF et ses partenaires ont assisté 826 enfants sortis des milices avec un appui psycho-social et un accompagnement dans cinq centres de transit et d’orientation (CTO). A Mbuji Mayi, dans la Province du Kasaï-Oriental, un centre accueille 57 garçons en vue de leur réinsertion à la vie civile.

Monsieur Narcisse, l’un des superviseurs du Bureau National Catholique pour l’Enfance (BNCE), nous apprend que les premiers garçons sont arrivés au centre le 10 novembre 2017. Le centre accueille maintenant 57 enfants, âgés de 13 à 18 ans, et répartis dans sept dortoirs. Dès leur arrivée au centre, ils sont encadrés par une équipe d’infirmiers, de psychologues et d’encadreurs.

Un des sept dortoir du centre de transit et d’orientation

Dès leur arrivée, les enfants sont encouragés à participer à une multitudes d’activités de groupe. Ils reçoivent également des conseils en terme d’hygiène corporelle, de gestion de stress, de cohabitation pacifique, etc.  L’objectif est que les enfants ne restent pas au centre plus d’un mois, leur permettant ainsi d’être réintégré au sein de leur famille ou d’une famille d’accueil le plus rapidement possible.

Monsieur Narcisse, superviseurs du Bureau National Catholique pour l’Enfance

Quelques jours après leur arrivée au centre, 14 garçons ont émis le souhait de retourner au sein de leurs familles. Monsieur Narcisse nous confirme que ce n’est pas toujours facile puisque « ces garçons ont participé dans les pillages et les tueries. Ce qu’ils ont commis dans la milice est un frein à leur réinsertion : de nombreuses familles refusent de reprendre leurs enfants ».

Certains garçons ont, au contraire, peur de retrouver leurs familles. Ils craignent des règlements de même si « ce n’était pas leur volonté de s’enrôler ». Beaucoup ont rejoins la milice par force ou par peur, et non par volonté. Un important travail de médiation doit être fait avec l’enfant et la famille, pour trouver la meilleure solution.

Papa Prince, éducateur au centre, raconte avec une certaine fierté l’évolution des 57 garçons du centre. « Ils s’ouvrent petit à petit et ont confiance maintenant. Ils ne sont plus timides : tous osent maintenant prendre la parole durant les réunions ! Les premiers jours n’étaient pas faciles puisque les garçons avaient peur. Une rumeur circulait dans la brousse qui disait que le centre n’était pas bon pour eux, qu’il s’agissait d’un moyen de les enrôler dans l’armée ».

Les garçons ne cessent de répéter à leurs encadreurs que « si vous ne vous occupez pas bien de nous, on risque de retourner vers la milice ». Papa Prince a conscience que si les garçons restent inoccupés, ils risqueraient d’être enrôlés à nouveau dans la milice lors d’une prochaine vague de violences. L’apprentissage professionnel et l’éducation sont essentiels pour maintenir ces enfants dans la vie civile. A quel avenir peuvent aspirer ces enfants, si aucune activité ne leur est proposée et s’ils restent inoccupés ? La guerre pourra alors encore une fois être leur seul moyen de survivre.

Le travail de l’UNICEF et de ses partenaires

L’utilisation d’enfants par les milices opérant au Kasaï et ses conséquences dramatiques sur le bien-être physique et psychologique de ces enfants, ainsi que pour leur éducation, est particulièrement préoccupante. Les enfants sont utilisés pour transporter le matériel, cuisiner ou combattre. Ils sont souvent les premiers à être blessés ou tués.

Avec ses partenaires, l’UNICEF appuie les enfants sortis des milices et libérés de détention en leur fournissant des soins médicaux d’urgence et un soutien psychosocial ainsi qu’à travers la recherche des familles et la réunification. L’UNICEF et ses partenaires ont mis en place des Centres de Transit et d’Orientation  pour les enfants afin de les aider à surmonter leurs traumatismes et les préparer à continuer leur scolarisation.

Plus d’informations sur les enfants associés aux milices au Kasaï :

Merci aux coopérations suédoise (SIDA), américaine (USAID), canadienne (ACDI/CIDA), japonaise (JICA), néerlandaisebelge ainsi qu’à l’UNICEF FranceAMADE MondialeUNICEF Allemagne et CERF pour leur soutien aux programmes d’assistance aux enfants sortis des forces et groupes armés ou des milices.

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Typhaine Daems

Typhaine Daems est consultante en communication à l’UNICEF RDC. Elle est en charge de la gestion des réseaux sociaux et du blog.

Typhaine Daems is a Communication Consultant at UNICEF in DRC. She manages the UNICEF DRC's social networks and blog.

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