Interview d’expert concernant l’épidémie de choléra en RDC

Residents gather water from the Mangange Water Source in Punia Town

Depuis le mois d’avril 2016, la République Démocratique du Congo est touchée par une épidémie de choléra qui ne cesse de prendre de l’ampleur le long du fleuve Congo. Giuliaserena Gagliardini, coordinatrice du cluster WASH, fait le point sur la situation de l’épidémie de choléra en RDC.

Quelles sont les données récentes concernant la crise du choléra dans les provinces qui bordent le Fleuve Congo ? Combien de personnes sont concernées par cette crise?

La crise du choléra en RDC est particulièrement alarmante. Depuis le début de l’année 2016, sur l’ensemble du pays, il est fait état de 17712 cas avérés (de la semaine 1 à la semaine 34) dont 468 cas mortels. Depuis novembre 2015, l’épidémie s’est propagée à la faveur des inondations importantes qui ont frappé les provinces qui bordent le Fleuve Congo. Depuis mars 2016, dans les provinces de l’Équateur, de la Tshopo, de la Mongala, du Maniema, de Mai-Ndombe et de Kinshasa, on constate une recrudescence de l’épidémie, avec un total de 5872 cas dénombrés. 660000 personnes, dont 316800 enfants, font face aux risques liés à l’épidémie de choléra.

LA RDC n’est-elle pas chaque année confrontée aux épidémies de choléra?

En effet. La persistance du choléra en RDC est essentiellement due à la pénurie d’eau potable, à l’absence de système d’évacuation des eaux usées, au manque de normes en matière d’hygiène ainsi qu’au manque d’éducation à l’hygiène (lavage des mains), sans compter la carence en systèmes adaptés de surveillance et de prévention.

De plus, les conséquences de la crise humanitaire chronique en RDC – telles que la perturbation des systèmes d’approvisionnement en eau potable et de traitement des eaux usées, le déplacement des populations (PDI) vers des camps inadaptés et surpeuplés, les mouvements de population – et les activités liées à la pêche et au commerce augmentent le risque de transmission du choléra.

Existe-t-il une différence entre les provinces orientales et occidentales de RDC en termes de propagation du choléra?

Même s’il s’agit de la même maladie, la transmission et la propagation du choléra diffèrent d’une province à l’autre. Dans la partie orientale de la RDC, où le choléra a fait son apparition dans les années 1990, la maladie est endémique. La partie occidentale est quant à elle frappée par des vagues successives d’épidémies et de recrudescence de la maladie. En conséquence, les populations demeurant dans les provinces orientales sont plus habituées et mieux préparées à la gestion des flambées de la maladie que celles des provinces occidentales qui ont souffert de l’épidémie en 2011. Idem pour les travailleurs de la santé.

Quelles sont les actions menées par l’UNICEF en réponse à cette épidémie?

Depuis le début de l’épidémie de choléra, l’UNICEF en tant que responsable du groupe sectoriel pour l’initiative WASH a joué un rôle déterminant, avec ses partenaires de l’ONU et les organisations non-gouvernementales internationales et nationales, dans le soutien apporté au gouvernement de la RDC pour la mise en place d’une stratégie de réponse. Dans le cadre de ses responsabilités au sein de WASH, l’UNICEF coordonne, avec le gouvernement, l’intervention au niveau national et provincial. L’UNICEF collabore également avec le gouvernement de RDC pour renforcer les capacités de réponse des centres de santé situés dans les zones touchées. Par ailleurs, l’UNICEF distribue du matériel médical et des équipements WASH, organise des campagnes de communication auprès de la population concernée pour l’aider à se protéger de la maladie et effectue des missions de terrain au côté des organisations internationales pour soigner les personnes infectées.

Epidémie de choléra en RDC : notre dernière note d’information (août 2016)

RDC Note Info Epidemie Cholera Aout 2016 by UNICEFDRC

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Yves Willemot

Yves Willemot est le chef de l’Équipe InfoCom de l’UNICEF RDC. Plus que tout, ce qui est important pour lui c'est d'être "tous ensemble pour les enfants".

Yves Willemot is Head of the UNICEF DRC InfoCom Team. More than anything, he believes that the most important is to "be together for the children".

One comment

  • Pour reduire le risque de l’epidemie dans ces zones endemiqued,il faut que les clusters wash mettent en place des activites continues de prevention constituees essentiellememt des points de chloration et aussi inclure egalement une capacite des rponses d’urgences en cas d’epidemie en mettant drs equipes mobiles de chloration .Et aussi intensifier des seances de sensibilisation aupres des communautes concernees

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