Franck, un bénévole pour l’intérêt des enfants de Mayoyo

Franck Mabuma Oshiewa, sensibilise de jeunes mères venant d'accoucher sur la nécessité d'enregistrer leurs enfants à l'état civil

Franck Mabuma Oshiewa, sensibilise de jeunes mères venant d’accoucher sur la nécessité d’enregistrer leurs enfants à l’état civil

Franck Mabuma Oshiewa a quarante-deux ans et trois enfants, tous enregistrés à l’état civil. Franck est agent de santé de formation. Cinq jours par semaine il encadre des adolescents dans le cadre d’un projet de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles et les grossesses précoces, au sein d’une association protestante.

Franck, au service de sa communauté 

Le dimanche, il se rend à l’église, et, pendant ses rares temps libres, Franck est relais communautaire. Une fois par mois, il récupère les procurations de déclaration de naissance, préalablement remplies par l’infirmière titulaire de l’hôpital secondaire Musaba de la commune de Mayoyo, dans la ville de Bandundu, et les amène au préposé à l’état civil.

Quelques jours plus tard, une fois les actes de naissances établis et signés par le bourgmestre, plusieurs voyages lui sont nécessaires pour les apporter à chaque famille. Un travail fastidieux et bénévole que Franck est très fier de réaliser pour « combattre l’ignorance dans son quartier et pour l’intérêt de sa communauté ».

Franck remet à un couple l'acte de naissance de leur fille

Franck remet à un couple l’acte de naissance de leur fille.

L’importance d’enregistrer les enfants à l’état civil

À l’hôpital secondaire Musaba, Franck aide l’infirmière titulaire à remplir la procuration de déclaration de naissance de la petite Saarive. Sa mère, qui n’a pas enregistré la naissance de ses deux premiers enfants, s’est laissé convaincre par les arguments de Franck. Elle envisage même d’enregistrer les deux frères ainés de Saarive, même si elle devra pour cela payer entre 150$ et 200$ car, le délai de 90 jours étant passé, un jugement supplétif du tribunal pour enfants est  nécessaire. Elle souhaite que ces enfants puissent obtenir un passeport et voyager. Aussi, elle aimerait qu’ils puissent sans crainte hériter de ses biens à sa mort.

 Franck aide l'infirmière titulaire de l’hôpital secondaire Musaba à remplir une procuration de déclaration de naissance à l'état civil, pour une jeune femme ayant accouché la veille.

Franck aide l’infirmière titulaire de l’hôpital secondaire Musaba à remplir une procuration de déclaration de naissance à l’état civil, pour une jeune femme ayant accouché la veille.

En effet, elle a entendu que dans son quartier, il y a de cela quelques mois, un voisin est mort en laissant sa maison en héritage à ses enfants. Pourtant, une tante éloignée est venue la réclamer. Les enfants du défunt n’ont réussi à conserver leur héritage qu’en prouvant leur filiation à l’aide de leurs actes de naissance.

432 naissances enregistrées à l’état civil de Mayoyo

D’après Franck, grâce à l’UNICEF, il y a une prise de conscience générale de la population sur l’importance d’enregistrer les naissances. La possibilité de pouvoir signer une procuration est, selon lui, un élément déterminant.

L'infirmière titulaire de l’hôpital secondaire Musaba remplit une procuration de déclaration de naissance à l'état civil.

L’infirmière titulaire de l’hôpital secondaire Musaba remplit une procuration de déclaration de naissance à l’état civil.

« Les services de l’état civil ne sont pas bien structurés, le personnel vieillissant, peu motivé et rarement payé. Alors, même si en principe l’enregistrement des naissances est gratuit, les fonctionnaires réclament souvent des cadeaux à la population. Avec nous, les relais communautaires, les agents hésitent à réclamer de l’argent. Mais ils se plaignent qu’on leur apporte du travail sans les payer ! », dit-il dans un rire.

Franck apporte des procuration de déclaration de naissance au préposé à l'État Civil de la commune.

Franck apporte des procuration de déclaration de naissance au préposé à l’État Civil de la commune.

Louis Katanga, préposé à l’état civil de la commune de Mayoyo depuis 1986, confirme, chiffres à l’appui, que les choses évoluent dans le bon sens. Nous sommes en septembre 2015 et son bureau a déjà enregistré 432 naissances, contre seulement 293 sur l’ensemble de l’année précédente ! En plus d’inciter la population à enregistrer les naissances et d’en faciliter la procédure, l’UNICEF a également fourni à l’ensemble des bureaux d’état civil de la République démocratique du Congo les registres permettant d’établir les actes de naissances.

Le préposé à l'État Civil de la commune remplit un acte de naissance à l'aide d'une procuration apportée par Franck.

Le préposé à l’État Civil de la commune remplit un acte de naissance à l’aide d’une procuration apportée par Franck.

L’enregistrement à l’état civil, un droit pour chaque enfant

Les droits de l’enfant à l’enregistrement de sa naissance, à un nom et à une nationalité, sont garantis dans la Constitution de la République démocratique du Congo, mais en 2014 seul 25 % des enfants ont été enregistrés à l’État Civil. Pourtant, les bénéfices pour l’enfant, pour sa famille, pour l’État et la société congolaise, sont nombreux.

L’acte de naissance est la première reconnaissance juridique de l’existence d’un enfant, qui lui permettra d’avoir la preuve de son âge, d’avoir accès à des services et d’être protégé contre certains abus. L’enregistrement des naissances permet aussi à l’État de renforcer sa gouvernance, de planifier sa politique de santé, d’éducation et de protection sociale sur des chiffres réels, et de répondre à ses obligations liés à la Convention relative aux droits de l’enfant, et à la Charte Africaine des droits et du bien-être de l’enfant.

Franck Mabuma Oshiewa, relais communautaire dans la commune de Mayoyo de la ville de Bandundu, en République démocratique du Congo, rentre chez lui à l'aide d'un vélo offert par l'UNICEF.

Franck  rentre chez lui à l’aide d’un vélo offert par l’UNICEF.

 

 

Le Projet  d’Enregistrement des naissances à l’état-civil, dans le cadre du« renforcement des mécanismes de protection de l’enfant en rapport avec le droit fondamental à l’identité » bénéficie du soutien du gouvernement du Canada.

 

Photo: UNICEF RDC 2016 Gwenn dubourthoumieu

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Gwenn Dubourthoumieu

Gwenn Dubourthoumieu s’est intéressé à la photographie alors qu’il travaillait en Afrique pour des ONG humanitaires. Professionnel depuis avril 2010, son travail est régulièrement récompensé. Il travaille régulièrement pour UNICEF RDC en tant que consultant photographique.

Gwenn Dubourthoumieu became interested in photography while working in Africa for humanitarian NGOs. Professional since 2010, his work is regularly rewarded.  He's a photography consultant for UNICEF DRC.

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