Germaine et Emerine: un duo de choc au service des réfugiés

relais communautaires

Germaine (à gauche) et Emerine (à droite) mènent une séance de sensibilisation

URGENCES – Germaine et Emerine forment un couple singulier et sensibilisent la population de Kamanyola aux bonnes pratiques d’hygiènes pour prévenir le choléra. Reportage à la découverte de ces relais communautaires.

Une duo singulier uni face au choléra

Germaine Chiragane est depuis 12 ans relais communautaire dans son quartier de la zone de santé de Kamanyola, une petite ville du Sud-Kivu située dans la plaine de la Ruzizi, une région frontalière avec la Burundi. Elle est également présidente du comité de développement sanitaire de la ville. Emeline Nishimwe, a quitté le Burundi fin juin 2015,  fuyant les violences électorales.

Je les ai toutes les deux rencontrées alors qu’elles sensibilisaient un petit groupe de personnes rassemblées autour d’une borne fontaine, aux bonnes pratiques d’hygiènes et prévention des risques liés au choléra.

Germaine est très expansive et parle fort. Emerine est discrète et reste en retrait, se contentant de porter un imagier, que Germaine commente avec force démonstration.

Les effets de l’afflux des réfugiés du Burundi

Germaine a accueilli 4 réfugiés burundais chez elle. Deux sont partis en août au camp de Lisenda, plus au sud. Les deux autres, dont Emerine, vivent encore chez elle. Germaine ne connaissait aucun d’eux mais les a accueillis « de bonne volonté », car « ils n’avaient nul part où aller ».

Germaine souhaitait également montrer l’exemple. L’afflux de réfugiés – on estime à plus de 12 000 le nombre de réfugiés burundais ayant fui dans cette petite région de la République démocratique du Congo – a en effet provoqué l’augmentation du prix des denrées alimentaires et posé des problèmes d’hygiène et d’accès à l’eau. « Dans mon quartier », précise Germaine, « il n’y a que 4 robinets pour plus de 600 habitants, et nous avons accueilli plus de 100 réfugiés ! ».

Des relais communautaires pour l’accès à l’eau et l’hygiène

Pour remédier aux problèmes d’hygiène et d’accès à l’eau, l’UNICEF a financé la réhabilitation des bassins de filtration d’eau de la ville de Kamanyola, ainsi que la construction de deux réservoirs d’eau et dix bornes fontaine dans la ville voisine de Luvungi. Parallèlement, des relais communautaires organisent, avec le soutien de l’UNICEF et de son partenaire OXFAM, des séances de sensibilisation et des distributions de savons comme celle-ci.

Germaine Chiragane et Emerine Nishimwe distribuent du savon près d'un point d'eau

Germaine et Emerine distribuent du savon près d’un point d’eau

« Au début, il y avait des problèmes de compréhension car beaucoup de réfugiés ne parlaient ni français ni swahili », indique Germaine, « mais ensuite nous avons intégré des réfugiés comme Emerine parmi les relais communautaires, pour faciliter la communication et leur intégration dans la communauté ».

L’UNICEF en faveur de l’eau, l’hygiène et l’assainissement

Merci à au Canada, à l’Angleterre, à USAID DRC, à la Suisse, au Japon et à ECHO pour leur soutien à l’action humanitaire pour les enfants en RDC.

L’UNICEF est leader du mécanisme de coordination humanitaire sur les questions d’eau, d’hygiène et d’assainissement en République Démocratique du Congo. En 2015, 2 millions de dollars américains ont été investis dans des projets d’urgences pour améliorer l’accès à l’eau ou contenir le développement des maladies hydriques.

Plus d’informations:

Photo:UNICEF RDC 2015 Gwenn Dubourthoumieu

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Gwenn Dubourthoumieu

Gwenn Dubourthoumieu s’est intéressé à la photographie alors qu’il travaillait en Afrique pour des ONG humanitaires. Professionnel depuis avril 2010, son travail est régulièrement récompensé. Il travaille régulièrement pour UNICEF RDC en tant que consultant photographique.

Gwenn Dubourthoumieu became interested in photography while working in Africa for humanitarian NGOs. Professional since 2010, his work is regularly rewarded.  He's a photography consultant for UNICEF DRC.

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