Jean Kabalu est determiné à maintenir son école propre

Des membres de la brigade scolaire d'hygiène nettoient la cour de leur école Wamba DipandaÀ l’école primaire Wamba Dipanda, dans le territoire de Kenge de la province du Bandundu, à environ 300 km à l’est de Kinshasa, tout le monde est fier d’avoir obtenu le label « école assainie». « En tant que brigadier en chef, je supervise la discipline et la propreté de l’école », explique fièrement Jean Kabalu, élève de 6ème année.

Jean Kabalu élu brigadier en chef par ses camarades 

L’année dernière il était membre de la brigade scolaire d’hygiène responsable de l’entretien des latrines, et cette année il a été élu brigadier en chef par ses camarades car « il était le meilleur élève, et qu’il se sentait suffisamment courageux pour accepter le poste ».

C’est en effet un poste à responsabilités. Parmi celles-ci, celle qu’il juge la plus importante est de veiller à la tenue et à la propreté des élèves. Lorsque certains viennent à l’école dans des tenues trop salles, il les renvoie chez eux pour qu’ils se lavent et se changent. « Fort heureusement, cela n’arrive pas souvent », précise-t-il.

Il aimerait également que les dalles des latrines soient réparées, que les murs des salles de classe soient refaits, et que la cour soit mieux aménagée. « Pour les toilettes et les murs, il n’y a pas grand-chose que je puisse faire à mon niveau. En revanche, je me bats pour que les élèves plantent plus de fleurs et de palmiers dans la cour, et que les herbes hautes soient coupées plus régulièrement », ajoute Jean Kabalu

Jean Kabalu:Des membres de la brigade scolaire d'hygiène s’apprêtent à laver les latrines

Des membres de la brigade scolaire d’hygiène s’apprêtent à laver les latrines

Un partenariat pour des résultats positifs

Le ministère de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel de la RDC a mis en place le programme « écoles assainies » en 2008 avec le soutien de l’UINCEF. Dans le territoire de Kwengo, le programme concernait 15 écoles en 2008. Aujourd’hui, 28 ont obtenu le label, et 8 autres sont en cours de certification.

Au niveau national, ce sont aujourd’hui 1515 écoles qui ont obtenu le label. Onesime Bipa Bantela, le directeur de l’école, témoigne des progrès réalisés dans son établissement : « moi-même, j’ai beaucoup appris grâce au programme écoles assainies ». « Je suis directeur depuis 15 ans. À mon arrivée, il y avait des herbes hautes, les bâtiments étaient délabrés, il n’y avait pas assez de latrines et les élèves ne se lavaient jamais les mains. Aujourd’hui, beaucoup de directeurs viennent me voir pour que je les conseille pour que leurs écoles obtiennent également le label ‘école assainie’ ».

Il y a de nombreux avantages à faire partie du programme, car l’UNICEF et ses partenaires dans la mise en place de ce programme financent la construction de latrines améliorées et mettent à disposition des laves mains.

Faire partie du programme « école assainie »

Mais pour faire partie du programme, les écoles doivent prouver qu’elles entreprennent des démarches actives pour améliorer elles-mêmes leur environnement. « Aussi je conseille autres autres directeurs de ne pas attendre pour démarrer les démarches, mais au contraire d’améliorer immédiatement l’hygiène et l’assainissement de leurs établissements afin d’obtenir le label. C’est ainsi que les 3 écoles du village ont toutes installé des lave-mains et entretiennent leurs cours. Et mon influence s’étend jusqu’à Mangoy, un village à 3 km d’ici en direction de Kenge, ou l’école primaire a mis en place une brigade scolaire d’hygiène! »

Des élèves de l'école primaire Wamba Dipanda , se lavent les mains à l'aide d'un seau fourni par l'UNICEF

Des élèves de l’école primaire Wamba Dipanda , se lavent les mains à l’aide d’un seau fourni par l’UNICEF

Sur le territoire de Kwengo, on constate une amélioration de la perception de l’environnement et de l’hygiène qui va bien au-delà des écoles cibles. L’un des points forts de ce programme est l’implication de la communauté. Dans chaque village ou il y a une école assainie, il y a un comité scolaire qui veille au maintien du label. Et les chefs de villages en sont systématiquement membres. Leur influence est très utile pour promouvoir les bonnes habitudes d’hygiène, bien au-delà de l’école.

Jean Kabalu : un exemple à suivre

Après ses études, Jean souhaiterait devenir électricien, et il assure que son expérience de brigadier en chef lui sera utile plus tard, car il « apprend à diriger les autres, à avoir le sens de la discipline et à se responsabiliser ». D’ailleurs, il met déjà en pratique ces enseignements. Quand Jean rentre chez lui, il continue de sensibiliser ses proches. « J’ai commencé avec mes cinq petits frères et sœurs : je leur apprend à se laver les mains avant de passer à table ».

Photo:UNICEF RDC 2015 Gwenn dubourthoumieu

Le programme national Ecoles et Villages Assainis bénéficie du soutien de lacoopération britannique ainsi que de la coopération américaine.

The following two tabs change content below.

Gwenn Dubourthoumieu

Gwenn Dubourthoumieu s’est intéressé à la photographie alors qu’il travaillait en Afrique pour des ONG humanitaires. Professionnel depuis avril 2010, son travail est régulièrement récompensé. Il travaille régulièrement pour UNICEF RDC en tant que consultant photographique.

Gwenn Dubourthoumieu became interested in photography while working in Africa for humanitarian NGOs. Professional since 2010, his work is regularly rewarded.  He's a photography consultant for UNICEF DRC.

Laisser un commentaire