La communication: une arme efficace contre le choléra

Communication et sensibilisation

Une famille durant les activités de sensibilisation et communication sur le choléra- zone de santé bolenge

Prolifération du choléra à Mbandaka 

Mbandaka – en mai 2016, une prolifération de choléra frappe la province de l’Equateur. Après 24 semaines d’épidémie, on reportait au total 637 cas, dont 32 morts.

C’est la première fois depuis 2012 que le petit « monstre rouge du choléra » (comme il est illustré dans les brochures de sensibilisation) touche si durement les provinces. Le choléra est endémique dans cette partie de la RDC, c’est-à-dire qu’il s’en va, puis revient. En mars/avril, le choléra s’est déplacé le long du fleuve Congo depuis Kisangani, arrivant à Mbandaka en mai 2016.

L’UNICEF[1], avec ses partenaires Oxfam et l’Agence adventiste du développement et de l’aide humanitaire (ADRA), a lancé un projet d’urgence financé par le Fonds Humanitaire (fonds commun), ayant pour but de contenir l’épidémie et de venir en aide aux populations dans le besoin.

Oxfam[2] et  ADRA, avaient déjà toutes deux, avant la prolifération du choléra, mis en place différentes activités de sensibilisation et communication pour éduquer la population sur la prévention du choléra.

Sensibiliser la population de Mbandaka sur la prévention du choléra 

ADRA mène des activités de sensibilisation touchant principalement aux aspects médicaux à travers les Centres de Traitement du Choléra (CTC). Elle est en charge des soins médicaux et de la supervision au CTC à Mbandaka et ses environs. Dès le premier jour, elle a répondu à l’épidémie de choléra en fournissant des médicaments et des kits choléra, et en portant assistance aux malades en collaboration avec Médecins Sans Frontières Belgique (MSF). Elle forme des infirmières, du personnel local, et conduit des activités de sensibilisation et communication au sein du CTC et des médias locaux.

ADRA et Oxfam ont également développé une stratégie et un plan de communication inter-secteurs qui fournit rapidement des informations utiles et fiables. Cela signifie faciliter des discussions au sein des familles et des communautés à propos du risque de choléra, et conduire des mesures de sensibilisation pour protéger leur santé.

Ces mesures incluent l’identification des symptômes, la consultation rapide des professionnels de santé, et la mobilisation des principaux intervenants (communautés affectées, ministères, société civile, leaders d’opinion, leaders communautaires, organisations communautaires et religieuses, ainsi que les médias) pour endiguer l’épidémie.

De plus, Oxfam a mis en place des activités de sensibilisation « porte à porte ». Le but est de sensibiliser la population sur le choléra, en informant non seulement toutes les familles qui vivent à Mbandaka, mais aussi la population qui vit près de la rivière, y compris les pêcheurs et commerçants. Comme l’explique Naomie, d’Oxfam :

« Notre principal défi est de sensibiliser les populations qui se déplacent sans cesse le long de la rivière, car elles sont les plus exposées au choléra. Pour cela, Oxfam conduit des activités de sensibilisation grâce aux « sensibilisateurs » dans les communautés, non seulement dans la ville de Mbandaka, mais aussi dans les villages près de la rivière. Nous essayons d’atteindre tout le monde, mais la tâche à laquelle nous faisons face est grande, considérant que la population de Mbandaka dépasse les 400 000 personnes, en comptant ceux qui vivent sur des bateaux ou pirogues ».

enfant contribuant à promouvoir la campagne de sensibilisation sur le choléra

Un enfant contribuant à promouvoir la campagne de sensibilisation sur le choléra

Sensibilisation à l’hygiène de base 

Les activités consistent en une sensibilisation à l’hygiène de base, et faire passer des messages spécifiques :

  • Lavez-vous souvent les mains avec de l’eau potable, du savon ou de la cendre en particulier après avoir utilisé les latrines ou toilettes ; avant de boire de l’eau;
  • Faites bouillir ou traitez l’eau avec un produit chloré ;
  • Faites bien cuire la nourriture (en particulier les fruits de mer), couvrez-la toujours, et mangez-la chaude ;
  • Pelez les fruits et légumes.

Ces messages spécifiques sont diffusés à travers des brochures qui expliquent comment prévenir et traiter le choléra. Ces brochures sont distribuées avec du savon, des mouchoirs et d’autres produits d’hygiène. De plus, des animateurs font du porte-à-porte pour expliquer aux familles comment prévenir et traiter la maladie. Les médias locaux comme la radio et la télévision sont également impliqués pour répandre ces messages visant à l’éducation sur la santé.

Une communication efficace 

Grâce au travail sans répit d’Oxfam, ADRA, et ses partenaires, l’épidémie est contrôlée. Comme l’explique Francine, d’Oxfam : « Chaque jour, pendant près de 10 ans, j’ai mené des activités de sensibilisation sur le choléra. Je rends visite aux familles pour vérifier qu’elles ont compris les informations sur la prévention du choléra et les potentiels risques. Je vérifie qu’elles utilisent de l’eau claire et potable, qu’elles lavent leurs mains avant et après manger. Cela nécessite un travail 7 jours/7, 24 heures/24, parfois les gens ne veulent pas m’écouter, mais je n’abandonne pas. Je suis déterminée. Nous pouvons combattre le choléra, grâce à une communication efficace entre moi et la communauté ».

Depuis 10 ans, la détermination de Francine s’est révélée critique pour la communauté de Bokotola. Depuis la crise de mai 2016, aucun cas n’a été reporté à Bokotola.

Les bénéfices de la campagne de sensibilisation et de la communication 

Mais les activités ne se limitent pas au niveau communautaire. Une large campagne de sensibilisation est menée dans toutes les écoles et églises de la province. Cristevi, une fillette de 9 ans originaire de Bolenge, est un parfait exemple des bénéfices de cette campagne de sensibilisation. Elle sait tout ce qu’il y à savoir à propos du choléra : ce que c’est, comment le prévenir, et comment le traiter.

« Depuis mes six ans, mon professeur a mené des activités de sensibilisation sur le choléra. Non seulement je suis maintenant informée, mais j’enseigne aussi à mes jeunes frères et sœurs. Nous ne buvons que de l’eau traitée avec un produit chloré, ou bien bouillie. C’est la manière la plus facile et la moins chère de faire. Ma famille et moi mangeons toujours à table, et pas sur le sol. Comme cela nous pouvons éviter toutes sortes de maladies ».

Comme elle, de nombreux enfants représentent un réel espoir de combattre le choléra. A travers eux, les changements qui sont nécessaires dans nos comportements d’hygiène peuvent être rendus possibles, avec à terme la perspective de mettre fin à une terrible maladie.

Les enfants sensibilisés sur le choléra près du fleuve Congo

Les enfants sensibilisés sur le choléra près du fleuve Congo

[1] A noter que l’UNICEF coordonne la réponse d’urgence à l’épidémie de choléra en fournissant à ses partenaires Oxfam et ADRA des fournitures médicales et d’hygiène.

[2] Oxfam a également réhabilité et construit des points d’eau et de chloration en RDC. Elle a fourni de l’eau potable pour améliorer la santé publique et réduire l’éventualité d’une épidémie de choléra, a développé des plans d’urgence choléra et distribué des kits d’hygiène et des tablettes de purification de l’eau (aquatabs).

Photo: UNICEF RDC 2016 Giulia Rindi

Post traduit de l’anglais par Anouchka Dybal

 

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Giulia Rindi est Chargée de la communication pour la section Urgences de l'UNICEF RDC. Elle a travaillé comme Responsable de la communication en République centrafricaine, au Liban et en Jordanie. Pour Giulia, donner une voix aux plus vulnérables, les enfants et les femmes, est fodamental, car ce sont les plus touchés par les conflits et leurs victimes oubliées. Giulia consacre sa carrière à la sensibilisation sur les crises humanitaires, les conflits et les violations des droits de l'homme. Son credo : " Elève ta voix et n'abandonne pas !".

Giulia Rindi Giulia Rindi is the Information and Communication Management officer for Emergencies at UNICEF DRC. She has worked as a Communication officer in the Central African Republic, Lebanon and Jordan. Giulia believes that its fundamental give a voice to the most vulnerable ones, children and women, who are often both the most affected and the forgotten victims of conflicts. Giulia has dedicated her career to raising awareness about humanitarian crises, conflicts and human rights violations. Her motto is: " Raise your voice and do not give up!".

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