4 graphiques pour comprendre la situation des jeunes filles en RDC

4 graphiques pour comprendre la situation des jeunes filles en RDC

CHIFFRES CLESEn quelques chiffres, notre expert fait le point sur la situation des jeunes filles en RDC (âgées de 15 à 19 ans) sur base de l’Enquête Démographique et de Santé 2013/2014.  Les nouvelles données sur l’éducation, la santé de la reproduction, la participation dans les décisions au sein des ménages et le point de vue des jeunes filles sur les violences physiques et sexuelles montrent une autonomisation relativement perceptible des filles en RDC.

Autonomiser les filles par l’éducation

60 %des filles de 15 à 19 ans sont inscrites au secondaire
Comparativement aux garçons, les filles réussissent mieux. Elles sont plus nombreuses à n’avoir pas reçu d’instruction (7% contre 1,4% chez les garçons), mais elles sont proportionnellement plus nombreuses à achever les cycles d’études. Une fille sur quatre ayant entre 15 et 19 ans n’a pas encore complété le cycle primaire, mais presque 60 % sont inscrites au cycle secondaire. En général, la tendance est à une amélioration par rapport à la situation de 2007.

Graph filles et achevement ecole

Un meilleur encadrement des naissances chez les jeunes filles

L’accès aux services de santé de la reproduction, comme les consultations prénatales, l’accouchement assisté par un personnel qualifié et la planification des naissances, est crucial pour la santé et l’autonomisation des jeunes filles.

21 %des filles de 15-19 ans ont déjà donné la vie
Il y a de nombreuses grossesses précoces en RDC. 27% des jeunes filles congolaises entre leurs 15 et 19 ans sont ou ont déjà été enceintes – 42% pour le quintile ayant les revenus les plus bas et 15% pour le quintile aux revenus les plus élevés. 21% d’entre elles ont déjà eu une naissance vivante.

Bien qu’il doive encore être accru, l’accès aux soins liés à la maternité des jeunes filles est relativement bon. Neuf filles de 15 à 19 ans ayant donné la vie sur dix ont bénéficié des soins prénatals d’un prestataire formé. Huit sur dix ont accouché dans des formations sanitaires et/ou ont été assistées par un personnel de santé qualifié. Cependant, 39% seulement bénéficient des soins post-natals dans les formations sanitaires.

Graph filles et SR reproductionVAT2+ :  Vaccination antitétanique en deux doses ou plus

81 %des jeunes filles accouchent dans des formations sanitaires avec un personnel médical qualifié
Comme le révèlent ces données, la génération actuelle bénéficie activement de l’amélioration de l’état de la santé reproductive en RDC. 81% accouchent dans les formations sanitaires (FOSA) assistées par un personnel médical qualifié. Six filles de cette tranche d’âge sur dix sont protégées contre le tétanos néonatal. Deux filles de 15 à 19 ans sur trois souhaitent planifier leurs naissances.

Le cycle de violence à l’encontre des jeunes filles tend à la baisse

La violence, en entraînant des séquelles physiques et psychologiques durables, est un véritable frein au développement des filles mais aussi du pays. L’enquête EDS fait le point sur plusieurs types de violences à l’égard des femmes et des filles :

Violences chez les filles

1 sur 2jeune filles de 15 à 19 ans a été victime de violence physique, sexuelle ou émotionnelle
Une jeune fille de 15 à 19 ans sur deux a été victime de violence, qu’elle soit physique, sexuelle ou émotionnelle. 13 % des violences physiques ont été perpétrées pendant la  grossesse. Environ une fille de 15 à 19 ans sur cinq a fait l’objet de violence sexuelle. 4% des filles entre 15 et 19 ans ont subi une première violence sexuelle avant leur quinzième anniversaire.

La situation est critique mais on observe une tendance à la baisse des violences par rapport aux données de l’EDS 2007. Il y a également un fort élément d’espoir : plus d’une jeune fille de 15-19 ans sur quatre a recherché de l’aide pour mettre fin à une violence. Il est essentiel d’agir face aux violences afin d’en briser le cycle.

La participation des jeunes filles aux prises de décisions

1 sur 4Près d'une fille de 15-19 ans sur 4 vit en union
En RDC, 23% des filles de 15 à 19 ans sont actuellement en union (18% mariées, 5% vivant en concubinage).

55% de ces jeunes filles subissent un comportement de contrôle de leur mari, qui notamment se met en colère si sa femme parle avec un autre homme, l’accuse fréquemment d’être infidèle, ne lui permet pas de rencontrer ses amies, essaye de limiter ses contacts avec sa famille.

Face à la violence conjugale, 75% des jeunes filles entre 15 et 19 ans justifie qu’un mari batte sa femme quand elle brûle la nourriture, argumente avec lui, sort sans lui dire, néglige les enfants ou refuse d’avoir des rapports sexuels (la proportion est la même pour l’ensemble des femmes de 15 à 49 ans).

Par contre, plus d’une fille sur quatre participe à la prise de décisions au sein de son ménage  (sur ses soins de santé, les achats importants, et les visites à la famille ou à ses parents) et décide elle-même de l’utilisation de ce qu’elle apporte comme revenu. Une fille sur trois décide de l’utilisation de ses revenus en commun accord avec son conjoint. La participation aux décisions est essentielle pour que les filles soient actrices de leur propre vie, et sachent donc agir face aux violences.

Graph participation filles dans les decisionsDonnons toutes leurs chances aux jeunes filles 

Beaucoup reste à faire pour parvenir à l’autonomisation des jeunes filles nécessaire pour mettre fin au cycle de violences à leur encontre en RDC. Nous encourageons chacun, en particulier les jeunes filles et garçons, ainsi que leurs parents, à agir à sa mesure.

Permettre à tous les adolescents, filles et garçons, d’achever avec succès le cycle scolaire, est essentiel pour leur donner les moyens de contribuer à l’évolution positive de la société, en créant de la richesse, en préservant leur santé et celle de leur future famille, et en étant en mesure de se protéger contre les abus de toutes formes.

Les jeunes filles doivent pouvoir bénéficier d’un appui spécialisé lorsqu’elles deviennent mères, mais aussi lorsqu’elles sont victimes de violence. Il est essentiel qu’elles sachent à quel moment consulter quelle formation sanitaire, et qu’elles sachent reconnaitre une violence et quelle assistance rechercher.

Chacun doit encourager les jeunes filles à participer aux prises de décision au sein de leur famille, afin de les responsabiliser, de les encourager à prendre part activement au monde dans lequel elles évoluent, et de briser le cycle de violences en passant d’un rôle de victimes à un rôle d’actrices à part entière de la société congolaise.

L’Enquête Démographique et de Santé en RDC

Toutes les données sont tirées de l’Enquête Démographique et de Santé en RDC 2013/2014 (EDS 2013/2014).  Pour réaliser l’EDS II, près de 19 000 filles et femmes et 8 000 garçons et hommes âgés de 15 à 49 ans ont été interviewés. Le rapport EDS 2013/2014 montre clairement la situation de la jeune fille de 15-19ans tandis que le rapport EDS 2007 n’isolait pas les informations désagrégées sur cette tranche d’âge. Par conséquence, on ne peut pas comparer les données d’aujourd’hui avec celles de 2007.

L’EDS 2013/2014 a été réalisée par la Ministère du Plan et Suivi de la Mise en Oeuvre de la Révolution de la Modernité en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique avec l’appui de nombreux partenaires comme l’UNICEF, USAID,PEPFAR, la coopération britannique, la Banque Mondiale, le Fonds MondialUNFPA et la Fondation Bill et Melinda Gates.

Photo : UNICEF RDC 2014 Adrien Majourel

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Flavien Mulumba

Flavien Mulumba est Officier de Monitoring et Evaluation pour le bureau de l'UNICEF à Kinshasa depuis 2 ans. Il croit fermement qu’investir dans les enfants en allouant plus de ressources pour favoriser leurs droits, c’est construire le monde de demain.

Flavien Mulumba has worked as a Monitoring and Evaluation Officer for 2 years at the UNICEF office in Kinshasa. He believes firmly that investing in children's futures and allocating resources to protect their rights is creating a better world for tomorrow.

2 comments

  • Pour qu’une fille de moin de 19 ans arrive à prendre une décision sur la violence ,il faut nécessairement qu’elle soit complètement informer et former. Jusque là, les filles de la RDC demeurent encore sans information compléte de sa vie. On remarque 2,5/4 par an tombent ont des grossesses de la rue sans responsable.Impossible de mettre fin au violence des filles de moin de 19 ans. C’est ainsi que <> au kasaï occidental cherche à organiser une campagne de sensibilisation porte à porte sur les mariages précoces qui font object de la violence faite aux filles.Ainsi donc,nous faisons appele aux organismes qui ont les memes objectifs que CACLES de nous appuyer à cette opinion. Soyons les gens qui aiment avoir assez pour être plus,que ceux d’avoir plus pour être plus comme les gens veullent commenter les faussettés.

  • la femme face aux violences sexuelles oui peut etre sauvé mais qu’en est-il d’elle apres ce suplice? abondonnée a son propre sort en notant que ces femmes sont la plupart encore jeunes et pouvant exercer! il faut pour autant feliciter le gouvernement de cet effort considerable et toujours les encourager dans le developpement de la jeune fille et les etudes! donner plus d’opportunités a la femme d’etudier en R.D.C ! moi qui ne suit qu’une jeune fille de 19 ans je me lève chaque jour avec cette lueur d’espoir que la femme peut aussi bien changer le monde surtout en voyant que dans de nombreuses familles encore c’est les garcons qui continuent leurs etudes surtout universitaires et la fille reste victime de mariage precosse et reste ecrasée! la jeune fille et les opportunités d’etudes un sujet a prendre en consideration.

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