Le travail des enfants en RDC : chiffres clés

Le travail des enfants en RDC : chiffres clés

BEST OF 2016Le travail des enfants fait référence à tout travail ou activité qui les prive de leur enfance. En effet, ce sont des activités qui portent préjudice à la santé physique et mentale des enfants et qui entravent leur bon développement.

Protection des enfants

C’est un droit pour chaque enfant d’être protégé et c’est la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE) qui le garantit.

« Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, spirituel, moral ou social ».

En RDC, il arrive souvent que les enfants soient initiés, à l’école ou par leurs parents, à certaines tâches nécessaires à leur vie future. Dès leur plus jeune âge, on leur apprend à développer leur sens de la créativité, le goût du travail ou un certain sens des responsabilités au sein de la famille.

Ce qui est interdit c’est quand ce travail est trop lourd pour l’enfant. Tous les enfants de 5 à 17 ans doivent être protégés des tâches qui pourraient leur faire courir un risque, nuire à leur santé ou à leur développement physique ou moral, ou encore compromettre leur éducation.

Le travail des enfants en RDC

En 2007, l’Enquête Démographique et de Sant révélait qu’environ 3 enfants sur 4 (71 %) âgés de 5 à 17 ans travaillaient. Aujourd’hui, ces chiffres ont radicalement baissé : ce sont actuellement moins de 2 enfants sur 4 (38%) qui travaillent. Cela signifie qu’en 7 ans, l’ampleur du travail des enfants a baissé de 46%.

Quant aux enfants qui participent aux tâches domestiques de façon excessive (4h ou plus par jour), ils ne sont plus qu’au nombre de 6% contre 11% en 2007.

Si l’on compare, entre 2007 et 2013/2014, le travail des enfants en fonction du milieu de résidence et du sexe, on voit que les données ont baissé dans toutes les catégories :

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Chez les filles par exemple, la proportion de celles qui travaillent est passée de 77% en 2007 à 41% en 2014. Quant aux garçons, les chiffres sont passés de 66% à 36% pour la même période. Il faut noter en revanche que parmi les enfants qui travaillent, la plupart sont des filles : le rapport EDS de 2013-2014 montre que 41% d’entre eux sont des filles et 36% des garçons.

Le travail des enfants en fonction des provinces

Grâce au graphique ci-dessous, on se rend compte que cette tendance à la baisse du pourcentage des enfants qui travaillent existe dans toutes les provinces. Cela dit, l’écart de la réduction varie d’une province à l’autre.

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C’est dans les provinces de Kinshasa et du Nord-Kivu que le taux a le plus baissé entre 2007 et 2014.

Le travail des enfants en fonction de la pauvreté des familles

Ce graphique nous prouve qu’assez logiquement, beaucoup plus d’enfants pauvres que d’enfants riches sont amenés à travailler ou à participer à des activités économiques excessives.

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Effectivement, on observe que beaucoup plus d’enfants issus de familles pauvres sont amenés à travailler en comparaison avec les enfants issus des familles plus riches, soit respectivement 41% contre 21%.

L’exploitation des enfants en RDC

Le travail prolongé, surtout chez les enfants en âge d’aller à l’école primaire (5-11ans) est l’une des principales causes d’abandon ou d’exclusion de l’école. Parmi les enfants non scolarisés, on observe que 29,6% d’entre eux ont participé à des activités économiques pendant au moins une heure par jour.

Les données qui viennent d’être présentées font état de la problématique du travail des enfants en général. Plus grave encore, il arrive en RDC qu’il soit confié à ces enfants qui travaillent, des tâches particulièrement dangereuses et à exécuter dans des conditions très mauvaises : il s’agit de ce que l’on appelle les « pires formes de travail des enfants ».

En 2010, l’enquête MICS en RDC a identifié de nombreuses pires formes de travail des enfants telles que les tâches liées au trafic de stupéfiants, à la vente d’eau ou de cigarettes, à la récolte des semences, à la mendicité, au travail dans les mines, etc.

La carte ci-dessous montre la grande ampleur des pires formes de travail des enfants, surtout dans la province Orientale (15,9%), l’Equateur (15,8%), le Katanga (14,1%) et le Bas-Congo (10,5%).

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Une nette disparité existe entre le milieu rural et urbain : un enfant du milieu rural a environ 5 fois plus de risques d’être soumis aux pires formes de travail que celui vivant en milieu urbain. L’enfant issu du ménage plus pauvre a aussi environ 3 fois plus de risques que celui du ménage plus riche.

Des nouvelles encourageantes

Bonne nouvelle ! En RDC le pourcentage des enfants qui travaillent a baissé de 46% en 7 ans, dans toutes les provinces, et chez les garçons comme chez les filles. Cependant, un nombre encore trop important d’enfants sont amenés à travailler ou sont exploités dans les pires formes de travail. Les enfants les plus touchés par cette problématique sont les filles, les enfants vivant en milieu rural et les enfants les plus pauvres.

L’UNICEF est très engagé dans la lutte contre le travail des enfants en RDC. A travers cet article, nous invitons le Gouvernement et tous les acteurs de la protection de l’enfance à redoubler d’effort dans la lutte contre le travail des enfants.

Toutes ces données sont tirées des deux grandes enquêtes démographiques et de santé (EDS) réalisées en RDC en 2007 puis à nouveau en 2013-2014 et du MICS, une enquête nationale conduite par l’UNICEF RDC en 2010 (Multiple Indicators Cluster Survey). A noter que les enquêtes MICS et EDS n’utilisent pas les mêmes bases de calcul des groupes cibles. Pour calculer le nombre des enfants qui travaillent, le MICS s’est focalisé sur la tranche d’âge des 5-14 ans alors que l’EDS celle des 5-17 ans. En outre, les manières d’analyser les données diffèrent, nous empêchant ainsi d’en comparer les résultats.

De nombreuses pires formes de travaux ont été identifiées par le MICS 2010 : enfants locomoteurs des personnes handicapées, guides des aveugles, enfants poussés à la mendicité par les parents, enfants utilisés comme appâts pour la mendicité, enfants musiciens et danseurs dans les grandes villes, enfants dits sorciers soumis à des travaux d’expiation, enfants employés dans les activités liées au sexe, enfants casseurs des pierres, enfants chargeurs de taxis et taxis-bus, enfants cireurs de souliers, enfants meuniers.

Photo: UNICEF RDC 2014 Benoît Almeras.

Infographies : UNICEF RDC 2015 Natalia Rodriguez.

L’Enquête Démographique et de Santé en RDC

Toutes les données sont tirées de l’Enquête Démographique et de Santé en RDC 2013/2014 (EDS 2013/2014). L’EDS 2013/2014 a été réalisée par la Ministère du Plan et Suivi de la Mise en Oeuvre de la Révolution de la Modernité en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique avec l’appui de nombreux partenaires comme l’UNICEF, USAID,PEPFAR, la coopération britannique, la Banque Mondiale, le Fonds MondialUNFPA et la Fondation Bill et Melinda Gates

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Flavien Mulumba

Flavien Mulumba est Officier de Monitoring et Evaluation pour le bureau de l'UNICEF à Kinshasa. Il croit fermement qu’investir dans les enfants en allouant plus de ressources pour favoriser leurs droits, c’est construire le monde de demain.

Flavien Mulumba has worked is a Monitoring and Evaluation Officer at the UNICEF office in Kinshasa. He believes firmly that investing in children's futures and allocating resources to protect their rights is creating a better world for tomorrow.

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