Mon rêve était de devenir docteur mais tout s’est arrêté

mariages précoces à Kinshasa

« Mon rêve était de devenir docteur mais tout s’est arrêté » confie Judith, jeune maman qui habite la commune de Nsele, à l’est de la ville de Kinshasa. Lorsqu’elle avait 17 ans, le jeune fille est tombée enceinte et a été obligée d’arrêter ses études.

Aujourd’hui, Judith a 20 ans. « Tout est devenu difficile pour moi car j’ai arrêté mes études. Reprendre les études ? Impossible, je ne pourrai plus ! ».

Judith ne va plus à l’école, ne travaille pas et est cloitrée à la maison. La jeune maman met en garde les filles de son quartier contre le mariage précoce.

« Se marier trop jeune n’est pas bon. En entrant trop tôt dans le mariage, tu ne comprends absolument rien. Tu vas découvrir des choses que tu ne connaissais pas et tu dois t’occuper du ménage sans avoir de ressources. »

Des histoires qui se ressemblent

Le cas de Judith n’est pas isolé. Une habitante du quartier précise que « certaines filles sont officiellement mariées tandis que d’autres tombent enceintes. Pour cacher la honte, les parents couvrent l’affaire et font passer cela comme un vrai mariage consenti alors qu’en réalité, ce n’est pas le cas. Une fille tombe enceinte, et ses parents la livrent chez l’homme. »

Beaucoup de filles de la commune de Nsele connaissent la même histoire que Judith. Madame Béatrice, une habitante du quartier raconte que « c’est comme ma tante maternelle a fait marier sa fille à l’âge de 14 ans. Aujourd’hui, cette fille a 28 ans et est déjà mère de 5 enfants. C’est désolant ! Combien d’enfants aura-t-elle quand elle aura 30 ans ou 35 ans ? »

La lutte contre les mariages précoces s’organise à Kinshasa

Le mariage précoce est une réalité dans la ville de Kinshasa, comme dans de nombreux coins du pays. Afin de mettre fin à ce fléau, les responsables des églises et les chefs spirituels sont sensibilisés en vue de renoncer à la célébration des mariages des enfants de moins de 18 ans. Depuis un an, la Ligue de la Zone Afrique pour la défense des droits des enfants et des élèves (Lizadeel), une organisation appuyée par l’UNICEF, mène des activités dans 6 communes de Kinshasa.

L’évêque principal de la ville de Kinshasa, le pasteur Kapafule déclare que « les pasteurs des Eglises de réveil du Congo ont annulé 44 mariages dits précoces et nous avons identifié 3.640 églises dans lesquelles nous faisons passer notre message ». Mais des efforts restent à faire car beaucoup de mariages précoces s’opèrent en toute clandestinité.

Femmes et hommes, progressons ensemble

Bien qu’inscrite dans la Constitution, l’égalité homme-femme en République Démocratique du Congo ne se traduit pas souvent dans la réalité. Les femmes et les jeunes filles congolaises subissent de nombreuses formes de discrimination et sont victimes de violences basées sur le genre. Les causes profondes de ces violences tirent leur source de pratiques traditionnelles et de la persistance d’inégalités de statuts et d’opportunités offertes respectivement aux hommes et aux femmes.

À travers le programme « Femmes et hommes, progressons ensemble », l’UNICEF et le Ministère du Genre, famille et enfant, financés par l’Union européenne, souhaitent agir sur toutes les violences basées sur le genre et leurs causes profondes.

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Douglas David

Depuis 2009, Douglas, cinéaste, a participé à de plusieurs projets mis en place par l’UNICEF et a formé de nombreux Enfants-Reporters. Au delà de la passion, l’image est pour lui un moyen efficace de dire au-delà des mots!

Since 2009, Douglas, filmmaker, has participated in several UNICEF projects and has trained many Child-Reporters . Beyond his passion, he finds that the image is the perfect way to say what words cannot!

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