Photo de la Semaine N°3

Photo de la Semaine N°3

Nyakakoba est un petit village situé à 30km de Walungu, au bout d’une mauvaise piste de terre, difficilement praticable en cette saison des pluies. C’est la localité la plus reculée de la zone de santé. Dans l’Unité Nutritionnelle Thérapeutique Ambulatoire (UNTA) de l’unique centre de santé, je rencontre Julienne Nzigiri, une femme de 30 ans, mère de 6 enfants, venue amener son dernier fils, Selemani, âgé de 13 mois.

(Mal) heureux hasard des rencontres, il se trouve que l’avant vielle, j’avais photographié un autre fils de Julienne, Emmanuel, hospitalisé pour cause de malnutrition aigüe sévère à l’hôpital général de Walungu. Âgé de 4 ans, il mesurait 87 cm, ne pesait que 8,7 kg, et présentait des symptômes avancés de kwashiorkor. J’apprends dès lors que tous les fils de Julienne ont été hospitalisés, entre un et quatre ans, présentant tous des signes de malnutrition.

Pourtant Julienne ne croit pas que ses enfants manquent de nourriture, ou qu’ils soient mal nourris. D’après elle, tous ses fils sont victimes d’une même malédiction, elle a beau leur préparer à manger, soit ils refusent de se nourrir, soit ils ne gardent pas la nourriture qu’ils ingèrent. Étrangement, Julienne prétend que ces trois filles sont épargnées par ce mal étrange.

Aussi extrême qu’il puisse paraître, le cas de Julienne est loin d’être un cas isolé dans les communautés rurales et isolées de la République démocratique du Congo, ou les parents semblent tout ignorer de la malnutrition, qu’ils assimilent à une maladie ou à de la sorcellerie. La province du Sud-Kivu semble particulièrement affectée par la malnutrition chronique qui affecte 53 % des enfants, 10 % de plus que la moyenne nationale. En écoutant Julienne, l’éducation m’a paru être le plus sûr antidote à la malnutrition.

C’est la raison pour laquelle l’UNICEF fait la promotion active de bonnes pratiques d’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants en formant le personnel de santé et des relais communautaires qui, à leur tour, passe l’information aux mères.

Aujourd’hui, Selemani a bénéficié de nourriture thérapeutique prête à l’emploi, et sa mère a bénéficié des conseils nutritionnels d’un infirmier du centre de santé. En 2014, ce sont plus de 296.000 enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère que l’UNICEF a aidé à traiter.

© UNICEFDRC/Gwenn Dubourthoumieu

Merci à la coopération américaine (USAID) pour leur réponse aux crises nutritionnelles à travers la prise en charge des cas de malnutrition aigüe sévère chez les enfants.

À propos de l’UNICEF

L’UNICEF promeut les droits et le bien-être de chaque enfant, dans tout ce que nous faisons. Nous travaillons dans 190 pays et territoires du monde entier avec nos partenaires pour faire de cet engagement une réalité, avec un effort particulier pour atteindre les enfants les plus vulnérables et marginalisés, dans l’intérêt de tous les enfants, où qu’ils soient. Pour en savoir plus sur l’UNICEF et son action : www.unicef.org/french

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Gwenn Dubourthoumieu

Gwenn Dubourthoumieu s’est intéressé à la photographie alors qu’il travaillait en Afrique pour des ONG humanitaires. Professionnel depuis avril 2010, son travail est régulièrement récompensé. Il travaille régulièrement pour UNICEF RDC en tant que consultant photographique.

Gwenn Dubourthoumieu became interested in photography while working in Africa for humanitarian NGOs. Professional since 2010, his work is regularly rewarded.  He's a photography consultant for UNICEF DRC.

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