Porte-à-porte, inscrivons tous les enfants de 6 à 7 ans à l’école

Porte-à-porte, inscrivons tous les enfants de 6 à 7 ans à l’école

Les 22 et 24 septembre 2015, notre délégation UNICEF RDC s’est rendue dans des communes de la ville-province de Kinshasa dans le cadre de sa campagne « Porte-à-porte » pour inscrire les enfants en dehors de l’école et âgés de 6 à 7 ans en première année d’école primaire. Voici mon récit de ces visites fort enrichissantes.

Le 22 septembre, notre équipe UNICEF, des journalistes et des membres de la Division provinciale de l’Education nous sommes rendus au nord de la province de Kinshasa dans le quartier Kingabwa de la commune de Limete. Notre objectif ? Passer de maison en maison, porte après porte, et identifier les enfants âgés entre 6 et 7 ans qui ne sont pas encore inscrits en première année d’école primaire pour les y inscrire.

L’UNICEF appuie le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) dans l’organisation des campagnes d’inscription depuis 2004 et a renforcé son soutien avec le lancement de la campagne Porte-à-porte en 2012 après qu’une étude sur les Enfants et adolescents en dehors de l’école (EADE) ait révélé que 7,3 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans en RDC n’étaient pas scolarisés.

La campagne vise à récupérer les enfants non encore scolarisés deux semaines après la rentrée scolaire par la sensibilisation des parents sur l’importance de l’éducation.

Au fil de notre ronde, nous avons fait la connaissance d’une dizaine de familles et avons écouté avec intérêt les raisons pour lesquelles les enfants que nous voyions, en âge d’être à l’école, étaient, au contraire, devant nous et non assis sur les bancs de l’école du quartier, l’Ecole Primaire 1 de Kingabwa.

SaraGrandmère

Sara, 7 ans, et sa grand-mère qui s’occupe d’elle. Grâce à l’UNICEF et ses partenaires, Sara ira à l’école. ©UNICEF RDC/Eleanor Hac

Nous avons rencontré Sara, 6 ans, et sa grand-mère dans une parcelle du quartier, habitée par d’autres familles. Sara, dont le père est en prison et la mère partie, est élevée par sa grand-mère qui, pour subvenir aux besoins de sa petite-fille, vend du pain aux alentours de la commune. Cette situation précaire est la raison pour laquelle la grand-mère de Sara ne l’avait pas inscrite à l’école jusque-là. Grâce à l’action de l’UNICEF et de ses partenaires, Sara sera inscrite à l’école et ses frais scolaires seront pris en charge par l’un de ses partenaires.

 

Frères

Mulunda (à gauche) et son frère, Ngesobi (à droite). ©UNICEF RDC/Eleanor Hac

L’insuffisance de ressources financières s’est, de loin, avérée être le premier facteur de l’absence de scolarisation des enfants dans ce quartier, notamment des enfants âgés de 6 à 7 ans. Tel était également le cas d’une jeune maman dont les deux filles n’allaient pas à l’école parce que ses revenus de couturière, trop faibles et irréguliers, ne lui permettent pas de couvrir les frais scolaires annuels de ses filles. En vertu de l’objectif de la campagne, les nom et prénoms des deux fillettes ont été enregistrés en vue d’une inscription à l’école de Kingabwa.

Lors de la visite, j’ai fait la connaissance de deux garçons, deux frères : Ngesobi, 12 ans, et Mulunda, 10 ans. Ngesobi portait la chemise blanche et le pantacourt bleu marine de l’uniforme, toujours obligatoire, des écoles de RDC. Son frère, Mulunda, portait un simple T-shirt. Après une courte discussion, Ngesobi m’a dit que ses parents avaient les moyens de l’envoyer, lui, à l’école, mais pas son frère. Il m’a également confié qu’il essayait de transmettre à son frère ce qu’il apprenait à l’école.

Enfin, le jour-même, la délégation de l’UNICEF est parvenue, après l’avoir rencontrée, à inscrire Christevie, 6 ans, à l’école primaire de Kingabwa en compagnie de sa tante et en présence du directeur de l’école lui-même. Les formalités terminées, nous avons accompagné la nouvelle écolière jusque dans sa nouvelle salle de classe où elle a rapidement rejoint ses camarades qui entonnaient la leçon du jour.

Deux jours après la visite dans les quartiers de Kinshasa, l’UNICEF s’est rendu à Kimpoko et à Maluku, villages situés respectivement à 60 et 80km du centre-ville de Kinshasa. Notre délégation était accompagnée de journalistes et de membres de la société civile de défense des droits des personnes atteintes d’albinisme parce que nous avions prévu de rencontrer une petite fille non scolarisée vivant avec ce handicap. Restez connectés pour découvrir son histoire ce notre blog !

A Kimpoko, le manque de ressources financières derrière l’absence de scolarisation des enfants s’explique surtout par son système coutumier d’exploitation des terres très désavantageux pour les habitants : les chefs coutumiers s’arrangent avec des exploitants plus riches et vendent les terres sur lesquelles habitent les membres de la communauté. Les terres qui représentaient une source de revenus pour les villageois se retrouvent exploitées par d’autres ce qui prive les premiers de moyens, non seulement pour envoyer leurs enfants à l’école, mais aussi pour subvenir à leurs besoins essentiels.

Cette année, l’UNICEF appuiera environ 4 000 écoles, dont 282 dans la ville-province de Kinshasa, en prenant en charge, en collaboration avec ses partenaires, les frais de scolarisation d’une trentaine d’enfants vulnérables par école et en distribuant des fournitures scolaires à 1,4 millions de nouveaux élèves. En plus de ce soutien matériel, l’UNICEF a mis en place un mécanisme d’alerte précoce contre l’absentéisme en faveur de la rétention des enfants à l’école.

©UNICEF RDC/J.D. Kannah
À propos de l’UNICEF
L’UNICEF promeut les droits et le bien-être de chaque enfant, dans tout ce que nous faisons. Nous travaillons dans 190 pays et territoires du monde entier avec nos partenaires pour faire de cet engagement une réalité, avec un effort particulier pour atteindre les enfants les plus vulnérables et marginalisés, dans l’intérêt de tous les enfants, où qu’ils soient. Pour en savoir plus sur l’UNICEF et son action : www.unicef.org/french
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Eleanor Hac

Eleanor Hac is the current (Jun-Oct 2015) InfoCom intern at UNICEF DRC and manages the Office's social networks but also this very blog! She has a legal academic background and is passionate about advocating for children's rights with the aim of reaching the right people in the right way. She particularly enjoys working with Young Reporters who defend their own rights.

Eleanor Hac est l'actuelle stagiaire InfoCom de l'UNICEF RDC et elle est chargée de la gestion des réseaux sociaux du Bureau mais aussi celle du blog Po na Bana même ! Elle possède une formation juridique et se passionne pour le plaidoyer en faveur des droits des enfants dans le but d'atteindre les bonnes personnes de la bonne manière. Elle apprécie particulièrement le travail avec les Enfants Reporters, défenseurs de leurs propres droits.

One comment

  • Il faut être aveugle pour ne pas voir ce qu’Unicef fait pour l’enfant congolais en éducation, santé, protection et consort.
    Mais il faut ajouter qu’au delà de l’inscription des enfants en 1ere année du primaire, il y a le plus grand problème de déscolarisation. c’est ce qui gonfle les chiffres des EADE. Il faut remercier Unicef pour les kits scolaires distribués aux élèves. Malheureusement, tous ne les utilisent pas car ils quittent l’école avant la fin de l’année.
    Si dans le panier contenant les enfants Hors système scolaire, on évalue en par retrait sans remise, on espérerait à la diminution des leur nombre. Mais les enfants scolarisés abandonnent tôt les études. Dans le rapport EADE 2013, on montre les cause d’abandon scolaire. Il serait capital de travailler sur les causes d’abandon. en trouver une solution.
    Entre autre les causes, on a :
    – Le manque des moyens financiers
    – ménage avec trop d’enfants
    – Insécurité dans la zone
    – Contraintes culturelles et traditionnelles de certaines sociétés
    – Infrastructures
    – Distance entre école et ménage
    – Écoles sous équipées
    – Enseignants non payés et exigeants par ricochet
    – etc.

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