Quelles pratiques familiales peuvent sauver mon bébé?

Pratiques familialesConnaissez-vous les pratiques familiales essentielles? Comment sont-elles adoptées en République démocratique du Congo ? Une enquête récente menée par les équipes d’Unicef RDC dans toutes les provinces montre des progrès en la matière. Reportage à Goma et Kinshasa de Mehdi Meddeb.

Les pratiques familiales, ça s’apprend

C’est un centre de santé comme les autres, situé au cœur de Goma, la grande cité de l’Est congolais. Ce jour-là, rendez-vous prénatal pour une dizaine de « mamans » congolaises, certaines arrivant bientôt à terme.

La conversation se fait à bâtons rompus avec Hélène Mapimbi, sage-femme, en charge de ces sessions d’(in)formation. Tout y passe sous le préau en bois : VIH, allaitement, nutrition, etc. Apprendre les gestes qui sauvent pour les mères et leurs bébés. Le tout dans une ambiance bon enfant.

« Ces enseignements sur les pratiques familiales essentielles sont capitales pour nous, explique Camille, enceinte de 8 mois. Car parmi nous il y a des femmes qui ne sont pas au courant. Et rappeler que c’est important de se laver les mains, d’utiliser des moustiquaires imprégnées, ou encore comment bien se comporter pour qu’on soit en bonne santé ainsi que nos enfants, ça n’a pas de prix ». Le cours est dynamique, les blagues fusent entre mamans, l’attention, réelle. A vrai dire, la personnalité d’Hélène, sage-femme depuis des années, joue dans l’acquisition des pratiques essentielles.

« On suit avec beaucoup d’attention toutes ces mamans, déclare-t-elle, passionnée après avoir fait un vaccin contre le tétanos pour une mère. Elles ont quatre rendez-vous prénataux, et ces consultations-formations sont très importants car la mortalité infantile et maternelle reste élevé. On prend toutes les précautions avec elles, pour éviter la moindre complication, s’il y a le moindre risque, on les envoie dans des unités pour soins obstétricaux ». Farellia Tahina, chef de la communication pour le développement à l’Unicef, confirme la tendance positive des pratiques essentielles même si le taux de mortalité chez les mères et les enfants de moins de 5 ans demeure élevé.

Quelles sont les 5 pratiques familiales essentielles?

Encore 104 enfants meurent pour mille naissances

« Il est donc capital de continuer à promouvoir en République Démocratique du Congo cinq pratiques familiales essentielles pour lutter contre les maladies les plus tueuses. Exemple se laver les mains pour lutter contre les maladies diarrhéiques, c’est simple et peu couteux. Pour lutter contre le paludisme dormir sous une moustiquaire imprégnée est capital également. Pour traiter les maladies diarrhéiques on doit utiliser du sel de réhydratation orale et du zinc. Il y a également l’allaitement exclusif, et la vaccination complète des enfants avant leur un an ».

Des pratiques familiales essentielles a priori simples à mettre en place. Et pourtant, des difficultés apparaissent pour leur généralisation à toute la population. « L’Unicef, le gouvernement, ses partenaires sont sans cesse dans un challenge de trouver le service à disposition pour rendre effectives ces pratiques essentielles, ajoute Farellia Tahina. On le voit bien quand il s’agit de la vaccination. Il faut que les vaccins soient là, disponibles en nombre suffisant, que la chaîne du froid soit là. Ca reste donc un challenge, que le service soit vraiment à la portée des familles ».

Le combat dans la transmission des pratiques familiales essentielles n’est donc pas terminé. Reste que des progrès sont réalisés. Ainsi, dans une récente enquête menée par l’Unicef, 71% des personnes interrogées assurent suivre 3 des 5 pratiques essentielles. Mais là encore, des disparités demeurent. « Les tendances générales sont plutôt positives, ce qui est plutôt bon, affirme Farellia Tahina. Mais il y a encore beaucoup de différences entre les provinces, les quintiles, les plus riches, les plus pauvres ».

La lutte pour l’équité en RDC a donc encore de beaux jours devant elle.

 

Découvrez le reportage sur le pratiques familiales à Goma

Merci aux coopérations suédoise (SIDA), américaine (USAID) pour leur soutien aux programme Santé de la mère et de l’enfant.

Photo : UNICEF RDC 2015 Mehdi Meddeb

 

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Mehdi Meddeb

Mehdi Meddeb est journaliste depuis bientôt 10 ans. D'abord basé au Maroc, puis à Kinshasa, l'ancien correspondant de France 24 continue à couvrir l'Afrique en tant que freelance. Il contribue régulièrement en tant que consultant vidéo auprès de l'UNICEF en RDC.

Mehdi Meddeb has been a journalist for nearly 10 years. First based in Morocco, then in Kinshasa, this former correspondent for France 24 continues to cover Africa as a freelancer. He regularly contributes as a video consultant with UNICEF in the DRC.

One comment

  • C’est vrai,les pratiques familiales sauvent la vie des enfants.Les soins prenataux,l’accouchement,la vaccination des enfants et la connaissance de 5 moments critiques de lavage des mains constituent la base meme de la sante de l’enfant.Il faut que les relais communautaires continuent a sensibiser toutes ces communautes pour une bonne appriopiation du programme.

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