Comment le taux de mortalité infantile a chuté à Malandji

Berthe MalandjiDepuis 2015, l’Union Européenne appuie le cadre d’accélération des objectifs 4 et 5 du Millénaire pour le développement. L’accent a été mis dans l’ex-Kasaï Occidental à Malandji où la mortalité infanto-juvénile pouvait atteindre des taux alarmants dans certaines zones de santé. La distribution de kits familiaux et la mise en place de la dynamique communautaire ont changé la donne.

Les kits familiaux et les consultations prénatales : un progrès à Malandji

La colline sacrée de Malandji semble n’avoir pas changé depuis l’installation au 19ème siècle des premiers colons sur ces plateaux stratégiques. Ses maisons en toit de chaume, ses habitants cultivant leur lopin de terre. En apparence, la vie tranquille de Malandji suit son cours, si ce n’était une petite révolution à trois lettres : CPN (Consultation Prénatale).

La consultation prénatale recentrée est en effet arrivée en juillet 2015 car le taux de mortalité des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans était supérieur à la moyenne de la province. « Les trois premiers mois de l’an dernier, on a déploré 38 décès d’enfants, relève la docteur Brigitte Bakambamba. Dès qu’on a commencé à distribuer les kits d’accouchement, ce taux a chuté. Le dernier semestre 2015, 21 enfants sont morts. Mais depuis le début de l’année, nous n’avons recensé aucun décès d’enfant ». Celle qui est aussi une sœur catholique le martèle : ces bons résultats sont liés à l’impact des kits familiaux mais aussi à la dynamique communautaire. 

à gauche,Lazare kalala Tshibangu, infirmier titulaire du centre de santé Malandji

à gauche,Lazare kalala Tshibangu, infirmier titulaire du centre de santé Malandji

Relai communautaire, un acteur important

L’infirmier-titulaire (IT) le confirme. “Sans le relai communautaire, rien n’est possible”, ajoute Lazare Kalala Tshibangu. “C’est un acteur important, qui fait le relai entre la communauté et la structure sanitaire” . Ainsi, un maillage très serré de la communauté a été mis en place. Un point focal, le relai donc, a sous sa responsabilité une cinquantaine de ménages. A la moindre alerte sanitaire, il prévient l’IT qui décide d’une intervention

La veille et l’anticipation semblent également guider la pratique des consultations prénatales. « Avec quatre consultations prénatales, on peut ainsi repérer la moindre complication chez les femmes enceintes, affirme Lazare Kalala Tshibangu. Et au dernier rendez-vous lors de la distribution des kits d’accouchement, on tente d’anticiper. On prévient les mamans qu’il faudra venir avant terme au centre de santé ». Un impératif dans cette zone dépourvue de route goudronnée, où les habitations peuvent être éloignées de plusieurs kilomètres du centre de santé de Malandji.

Des résultats encourageants

Une politique familiale qui ravit l’ensemble du village, à commencer par les mamans. Berthe, mère de quatre enfants, dont un nouveau-né de trois semaines, est l’expérience vivante des premiers bons résultats de cette approche dite des « grands piliers ». « Avant ce bébé, j’ai fait deux fausses couches, raconte-t-elle. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Heureusement avec la CPN et la distribution de kits familiaux, j’ai pu être correctement suivie ». D’autres assurent que la dynamique communautaire a pu venir à bout des pratiques coutumières.

“Avant, les femmes ne disaient plus qu’elles étaient enceintes”, explique un enseignant. “Car si elle l’annonçait et perdait un enfant en couche, elle devait alors donner une chèvre pour le préjudice”. Signe également que les choses bougent : chacun dans la communauté participe à l’agrandissement du centre de santé et à sa réfection. Du jamais vu jusqu’à présent.

“Les résultats sont vraiment très encourageants”, souligne Patrick Matala, chef de bureau Unicef pour l’ex-Kasaï Occidental. “Voilà pourquoi il serait souhaitable d’étendre cette intervention à toutes les autres zones de santés. Pour cela on a plus que jamais besoin de continuer notre partenariat positif avec l’Union européenne “.

Photo: UNICEF RDC 2016 Mehdi Meddeb

Découvrez comment le taux de mortalité a baissé à Malandji grâce à la distribution des kits familiaux

Financement du programme contre la mortalité infanto-juvénile et maternelle

Le programme CAO4&5 du gouvernement congolais est mis en place avec l’appui de l’UNICEF, de la Banque Mondiale, de Gavi, l’Alliance du vaccin et du Fonds Mondial. Pour sa mise en oeuvre, l’UNICEF a le soutien de l’Union Européenne et de la Suède notamment.

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Mehdi Meddeb

Mehdi Meddeb est journaliste depuis bientôt 10 ans. D'abord basé au Maroc, puis à Kinshasa, l'ancien correspondant de France 24 continue à couvrir l'Afrique en tant que freelance. Il contribue régulièrement en tant que consultant vidéo auprès de l'UNICEF en RDC.

Mehdi Meddeb has been a journalist for nearly 10 years. First based in Morocco, then in Kinshasa, this former correspondent for France 24 continues to cover Africa as a freelancer. He regularly contributes as a video consultant with UNICEF in the DRC.

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