Au Tanganyika, des groupes refusent la vaccination des enfants

Depuis quelques années, la Province du Tanganyika fait face à une épidémie de poliomyélite. Malgré le fait que la poliomyélite est une maladie évitable, de nombreux groupes sont réfractaires à la vaccination.

La poliomyélite dans la Province du Tanganyika

Depuis 2010, la Province du Tanganyika fait face à l’épidémie de poliomyélite. La Province connait également des épidémies liées aux maladies évitables par la vaccination comme la rougeole. De nombreux cas ont été identifiés dans de zones occupées par des sectes réfractaires à la vaccination et à la médecine moderne.

Bien qu’il ait une accalmie dans la notification des cas de polio pendant plus de 4 ans, les refus et résistances à la vaccination s’observent toujours, entraînant une masse critique d’enfants non ou insuffisamment immunisés avec risque de résurgence des cas de poliomyélite.

Un refus aux conséquences dévastatrices pour les enfants

La secte Postolo est un des groupes réfractaires à la vaccination des enfants dans la Province du Tanganyika. En 2012, le représentant territorial de la secte, Monsieur Ngongo, a perdu quatre de ses enfants suite à la rougeole. Il avait refusé de suivre le calendrier vaccinal ainsi que la vaccination contre la rougeole.

Malgré ce drame, les autres parents de la secte continuent à soutenir que tout est fonction de la volonté divine. Selon eux, personne ne peut arrêter la volonté divine même si on vaccinait les enfants. « Vacciner un enfant ou non, cela ne change rien. Seul Dieu protège ! »

Les autorités politico-administratives de la zone sont intervenues, mais les parents et les leaders de la secte Postolo ne veulent pas accepter la vaccination des enfants. La même situation est observée dans les autres zones où sont installés les fidèles des sectes Kitawala, Ilunga Mbidi, Martyrs et Mutuchi.

Les leaders des sectes soutiennent toujours que « depuis nos ancêtres, nous ne prenons jamais les vaccins. Seul Dieu peut protéger et non le vaccin ». Les parents quant à eux estiment qu’il n’y a pas de différence entre un enfant vacciné et celui qui ne l’est pas. « Au final, tous meurent donc seul Dieu peut protéger ». Ils soutiennent que rien ne pourra changer leur avis concernant la vaccination et l’acceptation de la médecine moderne, « ni la prison, ni la mort ! »

Certains réfractaires sont devenus des ambassadeurs de la vaccination

Afin prévenir des souffrances inutiles aux enfants non vaccinés, des plaidoyers ont été menés auprès de certains leaders réfractaires à la vaccination afin d’obtenir leur adhésion. Des résultats positifs ont émergé de ces séances de sensibilisation dès la fin de l’année 2017.

Manono, le missionnaire de la secte Martyrs a déclaré publiquement son adhésion à la vaccination. Il a soutenu que la vaccination était le seul moyen efficace pour protéger les enfants contre différentes maladies évitables car, c’est « Dieu a donné l’intelligence à ceux qui ont découverts le vaccin ».

Pour appuyer son slogan, le missionnaire a fait vacciner Jacqueline, sa petite fille âgée de 2 ans. Lors des vaccinations suivantes, d’autres fidèles de la secte ont suivi le mouvement en faisant vacciner leurs enfants : 20 enfants de 12 à 59 mois ont été vaccinés !

Le missionnaire de la secte Martyrs est devenu un véritable ambassadeur de la cause de la vaccination. Ce missionnaire s’est engagé en tant que mobilisateur dans son aire de santé et organise des séances de sensibilisation pour amener ses fidèles à accepter la vaccination.

Des efforts à poursuivre

D’autres leaders réfractaires et farouches à la vaccination se sont également laissé convaincre. Cependant, malgré ces résultats encourageants, il faut noter que plus de 20 villages restent réfractaires à la vaccination. Les sectes Postolo, Staward, Philadelphie et Mutuchi, qui regroupent 308 enfants, refusent encore la vaccination. Ces enfants restent exposés aux risques liés à la polio. Des efforts doivent être menés pour les amener à la conversion et à l’acceptation de la vaccination.

Des actions de sensibilisation, efficaces et durables, doivent permettre de sauver les vies de ces nombreux enfants innocents, pris en otage par des adultes conservateurs défendant une doctrine dans laquelle les enfants ne s’identifient pas et ne trouvent pas leur compte.

Plus d’informations sur la vaccination des enfants:

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Henry Mutuza

Henry Mutuza est consultant C4D pour l’UNICEF. Actuellement, Henry est basé à Manono pour le renforcement de la vaccination de routine et la lutte contre la poliomyélite.

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