Rencontre avec « Synpho », 6 ans, protégée par son village assaini

Rencontre avec « Synpho », 6 ans, protégée par son village assaini

Le jour se lève à Kamiji, à 210 Km de la ville de Mbuji-Mayi,  dans la province du Kasai Oriental. Il  est 06h30 le 20 novembre, date anniversaire de la Convention relative aux Droits de l’enfant et  Journée Internationale de l’Enfance.

Je me rends dans une famille pour rencontrer Synphorose Kalumba, âgée de 6 ans. « Synpho » vient à peine de se réveiller. Elle sort de sa moustiquaire imprégnée d’insecticide, descend de son lit  et se dirige  vers les installations hygiéniques : une latrine très propre, dotée d’un dispositif de lavage des mains qu’elle utilise en sortant de la toilette.

Article Sylvie_Synphorone-2FDBientôt, c’est l’heure de l’école. Maman Rosalie, sa maman la prépare. Après la douche, elle l’habille en bleu et blanc, couleurs réservées à l’uniforme des élèves en République Démocratique du Congo et lui donne du « fufu » (semoule de maïs) avec du poisson et un peu de légumes. Le ventre rempli, Synpho est prête pour aller à l’école.

 « J’ai failli perdre Synpho à plusieurs reprises depuis qu’elle est née. Elle a souffert de plusieurs maladies : malaria, fièvre typhoïde, amibes, et lorsqu’elle a eu  4 ans, elle a souffert d’une maladie que je n’arrivais pas à diagnostiquer. Ses pieds enflaient, son ventre grossissait, ses cheveux jaunissaient, elle avait des brûlures sur la peau et elle passait ses journées à dormir. J’étais anéantie, car je comprenais que ma fille s’éteignait sous mes yeux », nous raconte Maman Rosalie.

A l’hôpital, le Dr Honore Katalay, Médecin Chef de la Zone de Santé de Kamiji, lui a expliqué que sa fille souffrait de malnutrition en partie due aux mauvaises conditions hygiéniques dans lesquelles elle vivait avec sa famille.

« Le Dr Honoré, m’a conseillé d’améliorer les conditions hygiéniques dans lesquelles je vivais et de faire comme la plupart des femmes du village qui participent au programme village assaini appuyé par le gouvernement et l’UNICEF. Tous les membres de  la communauté doivent se construire des latrines propres, se doter de dispositif de lavage des mains, se laver systématiquement les mains après avoir été aux toilettes ou avant de manger, boire de l’eau potable et avoir un trou à ordures dans leur maison », nous explique la mère de Synpho.

  Aujourd’hui à Kamiji, les familles dorment sous la moustiquaire imprégnée d’insecticide, font vacciner les enfants de 0 à 11 mois, donnent du sérum de réhydratation orale (SRO) aux enfants en cas de diarrhée, les femmes allaitent leurs enfants exclusivement au sein jusqu’à 6 mois et les enregistrent à l’état civil avant leurs 3 mois. On les  a même encouragés à inscrire leurs enfants de 6 et 7 ans à l’école primaire.

«SI AUJOURD’HUI MA FILLE EST EN BONNE SANTE, C’EST GRACE AU PROGRAMME VILLAGE ASSAINI»

« Si aujourd’hui ma fille est en bonne santé, c’est grâce au programme village assaini », me révèle papa Constantin Buloba, le père de Synpho.

image Selon le Médecin Chef de Zone de Kamiji, depuis 2012 , grâce au  Programme Village Assaini, la prévalence  de certaines maladies, telles que le paludisme, la diarrhée et les infections aiguës a sensiblement baissé. « Le programme village assaini est une porte d’entrée pour le développement. L’UNICEF nous a encouragés à intégrer d’autres activités, telles que l’enregistrement des naissances et toutes les autres pratiques familiales essentielles. Le programme village assaini nous a permis de redynamiser les cellules d’animation communautaire, qui réunissent tous les acteurs qui contribuent à l’adoption des comportements favorables dans différents domaines ».

Depuis plus d’une année, 88 villages sur les 89 de la zone de santé de Kamiji ont acquis le statut de « village certifié assaini ». L’histoire de Symphorose est emblématique. Elle montre que des solutions existent pour réduire la mortalité infantile.

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Sylvie Sona

Sylvie Sona est Chargée de Communication à l’UNICEF/Zone Sud. Elle est journaliste de formation et aime beaucoup écrire. Elle a fait de la documentation et de la participation des enfants son cheval de bataille. Selon elle, il est indispensable de documenter systématiquement les expériences réussies et de les diffuser dans les médias afin que l’information atteigne le grand public. Elle pense aussi qu’il est primordial de mettre les enfants au cœur de toutes les interventions. Son credo : « Donner la voix aux enfants ».

Sylvie Sona is in charge of Communication at UNICEF?DRC. She has a professional background as a journalist and very much enjoys writing. Documenting and children participation have become her speciality. According to her, it is essential to systematically report on successful experiences and to disseminate them in the media in order for the information to reach the general public. She also thinks that it is paramount to place children at the heart of each intervention. Her motto is: "Give a voice to children".

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One comment

  • Une histoire pas comme les autres…
    A Kamiji, c’est vrai que le programme village assaini est vraiment la porte d’entree pour les « actions » de developpement « communautaire ».
    ce programme a deux volets : un volet soft main visible exigeant et socle de la durabilité des acquis en fonction de l’initiative et et du niveau d’adhesion de la communutaire; et un volet hard, plus visible, mais peu durble malgres la mobilisation precoce de la communaute (volet tres prise) Dans cette zone de sante de Kamiji, le volet soft semble avoir reussi. Et cette reussite est en partie attribuable aux autorites politico administratives et coutumieres tres impliquees dans la mobilisation, aux responsables religieux, aux autorites sanitaires, aux ONG qui ont realisé l’action et surtout aux capacites exceptionnelles du consultant qui avait accompagne cette action, Mr Pierre Mfwamba que je felicite encore une fois

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