Une rentrée scolaire remise en question pour Déborah

rentrée scolaire à LikasiNous étions le 8 septembre 2016, il est 11h30 à Likasi quand nous avons rencontré Déborah en train de vendre des oranges autour du bâtiment du complexe scolaire MAPINDUZI. Âgée de 15 ans cette jeune fille est dans l’impossibilité d’aller à l’école comme les autres enfants de son âge.  En République démocratique du Congo, la rentrée scolaire a eu lieu le 5 septembre 2016.

L’histoire de Déborah et de sa famille

Ça fait 4 ans qu’elle a arrêté d’étudier, elle était en sixième année primaire quand son père est décédé. Ensuite, sa mère a été frappée par une maladie qui l’empêche jusqu’à ce jour de poursuivre avec ses activités commerciales. Depuis, Déborah et ses deux grandes sœurs ont pris la responsabilité familiale.

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« Nous devons toutes les 3 sillonner les rue de Likasi avec différentes marchandises (fruits et légumes) sur la tête pour être capable de payer les frais scolaires de nos petits frères et sœurs, payer le loyer et les autres frais pour la survie de notre ménage. Nous sommes aînées dans une famille de 10 enfants » nous dit Déborah.

Soucieuse de s’occuper de leur avenir, Déborah et ses sœurs nous font savoir qu’elles comptent étudier cette année. « Depuis l’année scolaire passée, nous sommes en train de faire des économies pour voir si chacun de nous – au-delà de prendre en charge nos petits frères – peut être capable de payer aussi sa scolarité. Nous attendons la fin de ce mois pour évaluer notre pouvoir financier. Nous chercherons l’école la moins cher pour nous recevoir » affirme Déborah.

Des écoles vides à Likasi

Déborah est sa sœur ne sont pas les seules à ne pas avoir repris le chemin de l’école ce 5 septembre 2016. Au cours de notre visite dans la ville de Likasi, deuxième ville de la province du Haut-Katanga, nous avons sillonné quelques écoles afin de nous rendre compte de l’effectivité de la rentrée scolaire.

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On apprend par cette occasion que les frais scolaire varient entre 15.000 et 75.000 francs congolais au secondaire et entre 10.000 et 50 000 francs au primaire. Le bâtiment du complexe MAPINDUZI accueille en son sein 12 écoles : 9 écoles secondaires et 3 écoles primaires. Les salles des classes y sont presque vides. Les enseignants s’occupent de un à trois élèves par classe.

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En échangeant avec les autorités de ces écoles, nous apprenons que leurs parents ont 12 à 18 mois de salaires impayés et qu’ils sont incapables de payer les frais de scolarisation de leurs enfants. Les parents rencontrés soulignent qu’ils sont encore à l’attente de leurs salaires pour voir s’ils peuvent envoyer les enfants à l’école vers la fin du mois de septembre. Ils s’inquiètent pour leurs enfants qui car ils ratent une grande partie de la matière enseignée au premier voir au deuxième mois.

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« Le train de vie est devenu très cher au point où on privilégie les besoins primaires des enfants, s’ils ont ne fut ce qu’a manger on verra le reste après. On est bien conscient du droit de l’enfant a l’éducation mais nous priorisons le droit à l’alimentation parce que s’il ne mange pas il n’ira pas non plus à l’école » nous dit Monsieur Fidel, un parent rencontré sur notre chemin.

La seule solution selon Déborah

Pour Déborah, le gouvernement devrait mener des efforts pour rendre effective la gratuité de l’enseignement primaire. Il faut favoriser l’accès à l’éducation pour tous les enfants au niveau du primaire. « Ca nous faciliterait la tâche car nous n’aurons qu’à payer notre propre scolarité ; celle de nos petits frères pouvant être pris en charge par le gouvernement», conclue-t-elle avec larmes aux yeux.

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Mariette Neema Mwesha

Mariette MWESHA est chargée de Communication pour L’Unicef/ Zone Sud. Au vu des violations des droits des femmes et des enfants auxquelles elle a assisté dans son milieu à l’Est de la République Démocratique du Congo, elle a choisi de s’investir en tant qu’acteur pour la promotion de ces droits. Ingénieure informaticienne de formation, elle a choisi le journalisme pour pouvoir porter plus haut la voix des femmes et des enfants en relayant leurs besoins et idées dans les articles de presse et les émissions radio-télévisées. Pour elle personne ne peut plaider les droits d’un enfant mieux que lui-même ni ceux d’une femme mieux qu’elle-même, c’est pourquoi il faut leur donner l’espace d’expression. Elle a ainsi suivi plusieurs formations professionnelles en journalisme et droits humains afin de réaliser cette mission qu’elle s’est assignée. Mariette MWESHA a commencé le journalisme a 15 ans entant qu’enfant reporter au sein de la presse pour enfant, une organisation initiée au Sud-Kivu par elle et d’autres enfants de son âge à l’époque. Elle a été recrutée ensuite comme journaliste dans la presse locale à Bukavu et c’est ainsi qu’elle a pris les ailes, pour voler dans ce domaine.

Mariette Mwesha is Communications Manager for UNICEF’s South Zone Office in the Democratic Republic of Congo.After witnessing the violation of the rights of women and children in her own community in eastern DRC, Mariette made the decision to dedicate herself to the promotion of human rights. Having trained as an IT engineer initially, she went into journalism to be able to amplify the voices of women and children, making their voices heard whether in the written press, on TV or radio. She believes that no one is better at making the case for the rights of women and children than women and children themselves and that they should be given a forum to express themselves. Mariette has also undertaken a range of professional training courses in journalism and human rights to aid her in this mission. She started out in journalism when she was 15 years old as a reporter at a children’s press organisation that she set up together with other children her age in South Kivu. She was subsequently hired as a journalist in her local news agency in Bukavu and this was how she got her flying start in the world of journalism

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