Julie, rescapée de la malnutrition

malnutrition en RDC

Julie et sa tante au centre nutritionnel

TÉMOIGNAGEGonflement des pieds, cheveux crépus, inappétence et apathie mais aujourd’hui active au regard vif. Julie, petite fille de 3 ans de Kalemie en Province du Tanganyika, est une rescapée de la malnutrition.

Le Tanganyika : entre potentialités agricoles et malnutrition des enfants

Le Tanganyika est une vaste étendue d’eau douce, de prairies, de forêts denses et d’un sol très fertile et cultivable pendant les trois saisons agricoles de l’année. Curieusement, ce potentiel contraste avec la présence de la malnutrition : 1 enfant sur 2 souffre de malnutrition chronique et 3,8% de malnutrition aiguë sévère (taux au-delà du seuil d’urgence de 2%).

La majorité des territoires de la province sont en crise alimentaire. Sur les marchés, les produits vivriers sont difficilement disponibles et accessibles surtout aux ménages à faibles revenus. Plus encore, les conflits intercommunautaires entre Pygmées et Luba ont provoqué la destruction massive des champs ainsi que le déplacement de milliers de familles.

Un repas par jour, parfois rien

La famille de Julie vivait dans le village Kawama, situé à 12 kilomètres au sud-ouest de Kalemie. Son père possédait des champs de manioc, de maïs, d’arachide et de cannes à sucre qui faisaient vivre le ménage. A la suite des attaques entre combattants Pygmées et Luba, les champs de la famille ont été détruits. Décision a été prise de quitter le village pour s’installer à Kalemie. Ils vivent dans des conditions précaires et l’état nutritionnel de Julie se dégrade rapidement.

Pour survivre, le père de Julie transporte des colis au centre-ville de Kalemie tandis que Rena, la maman, vend des fretins lorsque disponibles. Durant la journée, la petite Julie reste sous la garde de sa tante maternelle, et ne reçoit qu’un repas par jour, parfois rien.

La malnutrition aiguë sévère : une maladie devenue honteuse

Le manque d’une alimentation appropriée et diversifiée et des soins adéquats a favorisé rapidement le développement de la malnutrition aiguë sévère chez Julie. La tante de Julie témoigne de la dégradation de l’état de santé de la petite fille : gonflement des joues, décoloration des cheveux, présence des œdèmes, manque d’appétit et apathie totale. Ne connaissant pas les signes de la malnutrition, elle pensait que Julie souffrait d’une paralysie due au poliovirus sauvage et a privilégié l’automédication à la maison.

Son état de santé a continué à se dégrader et Julie commençait à faire honte. Elle était gardée à tout moment à la maison et ne pouvait plus se mettre aux côtés d’autres personnes car sa famille craignait les moqueries des voisins. Les parents de Julie avaient perdu tout espoir de vie pour leur fille.

L’intervention salvatrice d’une relais communautaire

Ayant constaté cet état de chose, Générose, relais communautaire de la zone de santé de Kalemie, en charge entre autres du dépistage des cas de malnutrition aiguë sévère dans la communauté, est allée à la rencontre des parents de Julie. C’est elle qui les a persuadés d’amener leur fille au centre nutritionnel  Bwanakutcha qui prend en charge des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère sans complications médicales.

Rapidement, Julie a été prise en charge grâce à l’appui en aliment thérapeutique prêt à l’emploi (ATPE) fourni par USAID/Food For Peace. Admise avec 7,800 kg révélant une émaciation sévère en fonction de sa taille; et après 28 jours d’alimentation thérapeutique, la petite fille a gagné 500 grammes. Julie est en voie de guérison !

Julie recouvre progressivement sa santé : teinte normale, pieds désenflés et voix audible. La petite fille reprend ses marques, elle joue et marche et, lorsqu’elle a faim, elle réclame avec insistance son ATPE ! Julie sait même combien d’ATPE  il reste au fil des jours. Elle  mange avec appétit  sous le regard avare de ses amis qui l’envient.

Continuer à sauver des vies

La famille de Julie est consciente des bienfaits de l’alimentation thérapeutique : « Nous avions cessé de croire à la survie de notre fille. Nous avions perdu tout espoir mais ce projet de prise en charge de la malnutrition aiguë sévère a redonné le sourire à toute notre famille ».

« Les messages éducatifs, que j’ai reçus par les Relais Communautaires, sur l’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant sont essentiels pour assurer un bon état nutritionnel des enfants. Je souhaite que le projet continue pour que la vie de plusieurs autres enfants soit sauvée », conclut sa tante.

L’UNICEF et ses partenaires mettent en œuvre l’approche dynamique communautaire en vue de contribuer à l’amélioration de la santé des populations. A travers des structures de participation communautaire,  plus de 2.500 relais communautaires  formés assurent entre autres la promotion de l’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant, font la recherche active des cas de malnutrition aiguë et sévère et les réfèrent vers les structures de prise en charge ; ce qui permet la détection précoce des cas de malnutrition aiguë sévère et réduire la mortalité due à la malnutrition

Grace à l’appui de l’USAID/Food For Peace, les zones de santé sélectionnées sont en mesure de réaliser les dépistages des cas de malnutrition aiguë sévère ainsi que leur prise en charge.

La Convention relative aux Droits de l’Enfant en son article 27 alinéa 1 stipule : « les Etats parties reconnaissent le droit de tout enfant à un niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social ».

Plus d’informations sur la malnutrition en RDC :

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Basile Lange

Basile Lange est licencié en planification et organisation sociale de l’ISDR de Bukavu. Après 10 ans passés en tant qu'animateur communautaire dans la zone de santé urbaine de Lemba, ville province de Kinshasa, il est aujourd’hui Administrateur à la communication pour le développement au sous Bureau Unicef Kalemie.

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