Restons mobilisés pour réduire la mortalité maternelle et infantile

Restons mobilisés pour réduire la mortalité maternelle et infantile

L’engagement du gouvernement congolais est un signe très positif pour les citoyens de RDC et les partenaires du développement

1 enfant sur 6En RDC 1 enfant sur six meurt avant d'atteindre l'âge de 5 ans
Entre 2001 et 2010, la mortalité infantile a reculé de 213 à 158 décès pour 1000 naissances vivantes, ce qui ramène à 1 enfant sur 6 la proportion d’enfants morts avant d’atteindre l’âge de cinq ans.

La mortalité maternelle a quant à elle été réduite de 930 à 540 décès pour 100 000 naissances. C’est un progrès remarquable et pourtant la République démocratique du Congo a été qualifiée de “pire pays pour être mère” par l’ONG Save the Children dans son rapport sur la santé maternelle. Deux femmes meurent chaque heure pendant l’accouchement ou des suites de la mise au monde d’un enfant.

A newborn baby and mom at the hospital at Camp Vangu, a community for military and other families in Katanga, Democratic Republic of Congo, on June 28, 2010.C’est un constat particulièrement dur qui, je crois, ne devrait pas pour autant trop obscurcir la situation : il y a encore à faire, des améliorations sont possibles. Certes, au rythme des dix dernières années, ces progrès ne seront pas suffisants pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement 4 et 5, mais il faut mettre en avant un aspect positif : il y a un engagement politique du gouvernement congolais pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle et infantile.

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Approche globale, avancées concrètes

En effet, le cadre national pour l’accélération de la réduction de la mortalité de la mère et de l’enfant et l’engagement pris en mai 2013 pour la mise en œuvre de ce cadre qui s’est aussi traduit par les investissements conséquents annoncés en décembre dernier, sont autant d’éléments concrets qui doivent nous permettre d’être optimistes et d’intensifier nos efforts.

Il est important que le gouvernement congolais assume un fort leadership en la matière, pour que les partenaires internationaux, institutionnels ou non-gouvernementaux, puissent aussi intensifier leurs investissements et leurs efforts comme le fait l’Unicef en RDC.

L’Union Européenne s’engage aux côtés de l’Unicef et du Gouvernement congolais

De même, l’Union européenne a annoncé le 14 février un financement de 40 000 000 dollars pour soutenir un programme de lutte contre la mortalité maternelle et infantile au Kasaï-Occidental, au Kasaï-Oriental, au Nord-Kivu et dans le district de l’Ituri en Province Orientale, en partenariat avec l’Unicef et le gouvernement congolais.

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Le leadership et les efforts du gouvernement congolais doivent résolument s’inscrire dans une approche globale.

Le cadre national pour l’accélération de la mortalité de la mère et de l’enfant prend en compte la nécessité d’une approche globale de santé, mais il doit aussi considérer des paramètres en dehors du système de santé, qui peuvent être déterminants ou du moins importants pour atteindre les objectifs fixés.

S’agissant d’une approche globale de santé, il me semble qu’il faudrait tout d’abord être attentif à la santé sexuelle des femmes, au-delà de la santé maternelle. En effet, nous sommes tous conscients du lien direct entre la santé des femmes et santé infantile.

Planning familial et préventions des maladies sexuellement transmissibles

483522_10151269118788718_1609938158_nMais la santé des femmes commence aussi avant la période de prénatale et l’accouchement : le planning familial et la prévention sur les maladies sexuellement transmissibles – y compris concernant le VIH qui reste un des Objectifs du millénaire à atteindre en 2015 – vont être inscrits dans les objectifs du cadre national. La contribution des femmes au développement et à la paix en dépend.

Le concept des kits familiaux pourrait aussi être un vecteur de promotion du planning familial et de la promotion de comportements et normes positifs pour la reconnaissance des droits des femmes, visant les femmes mais aussi les hommes.

Les enfants congolais, qui sont le futur du pays, ont besoin que leurs mères ne meurent pas en couche et de mères qui bénéficient des meilleures conditions pour prendre soin d’eux.

Comme je le disais, le secteur de la santé ne peut pas être entièrement isolé d’autres défis auxquels la RDC fait face.

La question des infrastructures de santé pose aussi celle des voies de communication : atteindre certains endroits du territoire reste encore un défi du point de vue des transports, des voies praticables. Il va sans dire que même en ayant des centres de santé décentralisés, dans les cas d’accouchements avec complications, il faut encore pouvoir arriver le plus vite possible au centre le plus proche.

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Des actions parallèles dans d’autres secteurs de la politique publique sont donc nécessaires.

Sauver la vie de 430 000 enfants et 7 000 mères d’ici 2015
Le gouvernement congolais montre dans le secteur santé sa capacité à être pragmatique, à mener des actions concrètes qui peuvent changer directement la vie de Congolais, en s’engageant à sauver 430 000 vies d’enfants et 7900 mères d’ici 2015.

On ne peut qu’encourager cette approche – basée sur le partenariat avec les organisations internationales et les communautés, basée sur des priorités concrètes en lien direct avec la vie des citoyens – pour qu’elle soit généralisée aux autres champs d’action du gouvernement, pour le développement de la République démocratique du Congo.

C’est ce dont ont besoin les citoyens, d’actions concrètes et ciblées mais qui savent prendre en compte la dimension systématique du développement.

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Photos © UNICEF/ Julie Pudlowski ©UNICEF RDC / Diana Mrazikova 

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Mariya Gabriel

Mariya Gabriel est membre du Parlement européen depuis 2009, au sein du Groupe du Parti Populaire Européen (Démocrates-Chrétiens). Élue bulgare, elle est membre de la Délégation à l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique, Caraïbes, Pacifique – Union Européenne ainsi que des Commissions de l’Agriculture et du développement rural et des Pétitions.

Mariya Gabriel has been a member of the European Parliament, and part of the European People’s Party (Christian Democrats) Group, since 2009. She is the elected Bulgarian representative and member of the Delegation to the ACP-EU Joint Parliamentary Assembly as well as of the Agriculture and Rural Development Commissions and Petitions.

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