Réussir l’allaitement maternel exclusif malgré tout

Réussir l’allaitement maternel exclusif malgré tout

TÉMOIGNAGE – J’ai nourri mon bébé au sein de façon exclusive pendant ses six premiers mois et j’en suis très heureuse. Je n’ai pas été beaucoup soutenue dans cette démarche. Je devais compter sur moi-même pour y arriver.

Se battre pour une meilleure sante de son bébé

Avoir réussi l’allaitement maternel exclusif (AME) est pour moi un vrai bonheur. On m’a tenu des propos décourageants du genre : « Tu ne tiendras pas jusqu’à 6 mois, c’est trop » ou « L’enfant pleure souvent la nuit car tu ne le nourris pas suffisamment » ou encore « Tu devrais lui donner un peu d’eau et même du lait en poudre pour compléter son alimentation ».

Je dois avouer que pendant ses trois premiers mois, l’enfant avait de violentes coliques. Il pleurait beaucoup la nuit et tétait aussi beaucoup sans prendre du poids. Même mon mari, qui voulait voir son premier enfant grandir vite, m’a proposé d’ajouter un substitut de lait maternel pour être sûr que son enfant est rassasié. Je voulais allaiter mon enfant comme il se doit et j’ai refusé de céder à toutes ces tentations.

Le congé de maternité de 24 semaines qu’offre l’UNICEF m’a beaucoup encouragé à nourrir mon enfant au sein exclusivement pendant ses six premiers mois. Bébé Jos est né le 25 mars 2015 et jusque le 25 septembre 2015 il n’a pris que le lait maternel. Aujourd’hui, il est en très bonne santé.

« Vu la taille et le poids de ton bébé a la naissance, si à quatre mois il n’est plus rassasié par le lait maternel, tu pourras lui ajouter un substitut de lait maternel », avait dit le pédiatre. J’ai été choquée par ces propos de celui qui est censé défendre et promouvoir l’AME jusqu’à six mois. Le poids de Bébé Jos à la naissance était de 4,100 kg il faisait environ 50 cm de taille. A six mois et demi, il faisait déjà 10 kg. Tout le monde qui le voit me félicite et j’en suis tellement fière.

Ne demande pas à l’autre de faire ce que tu ne peux pas faire

En ma qualité de chargée de communication, j’encourage les partenaires de l’UNICEF, particulièrement les médias, à renforcer la diffusion des messages sur les cinq pratiques familiales essentielles (PFE) parmi lesquelles l’AME. Je devrais moi-même promouvoir cette pratique essentielle pour un bon développement du bébé. Je veux le meilleur pour mon bébé et je fais de mon mieux pour le lui offrir.

Allaiter est un moment magique entre l’enfant et sa mère. J’encourage les futures mères à le pratiquer. Bien avant sa naissance, je voulais allaiter mon enfant et j’ai eu suffisamment de lait pour le nourrir. « Si on veut, on peut » dit-on.

Le soutien du père est très important. Faire adhérer le père de mon enfant à adopter l’AME jusqu’à six mois n’était pas automatique. Il voulait voir son enfant grandir vite, peu importe s’il devrait prendre le lait maternel ou celui en poudre.

La future mère doit être bien informée de l’importance de l’allaitement maternel exclusif et ne pas se laisser influencer. Vu la pression de la famille sur l’alimentation du bébé, il est très probable de céder aux vielles pratiques. Il sera donc difficile à une jeune fille mariée précocement et qui devient mère, de s’imposer pour l’intérêt supérieur de son bébé.

Les messages de l’UNICEF sur l’AME n’ont pas encore atteint tout le monde, y compris le personnel médical ; nous avons raison de poursuivre leur diffusion.

Article publié initialement en 2016

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Cynthia Kanyere

Cynthia Kanyere est chargée de communication à l’UNICEF pour la Zone Est RDC. Sociologue de formation, elle travaille depuis 2005 dans domaine du journalisme et de la communication. Elle est fascinée par les enfants, quelle que soit leur classe sociale ou leur race. Son credo : « Agis pour chaque enfant de la même façon que tu agis pour ton propre enfant ».

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