Se reconstruire après les violences : l’histoire de Rose et sa famille

RRMP au Kasaï

Au mois de novembre 2016, au plus fort du conflit qui a secoué la province du Kasaï Central, Rose a été obligée de quitter son village Tshikele, au Kasaï-Central, en quête d’un endroit sûr pour sa famille et elle.

« Face à une incursion de la milice dans notre village, nous étions obligés de fuir en brousse. Dans la fuite, j’ai perdu toute trace de mon mari. Je me suis retrouvée seule avec mes quatre enfants, dont l’aîné n’a que 12 ans. Nous avons vécu en pleine brousse pendant plus de six mois, loin de toute assistance », explique Rose, la quarantaine révolue.

« C’est en compagnie d’autres membres du village que  nous avons pu nous abriter à la rive droite de la rivière Moyo », poursuit la maman. « On était exposés aux intempéries, nous n’avions accès ni aux soins médicaux  ni à une eau propre. Les feuillages ainsi que le manioc, c’est tout ce que nous avions comme nourriture ».

Profitant de l’accalmie des violences en juin 2017 pour sortir de la brousse, Rose et ses enfants ont rejoint leur village d’origine dans la zone de santé de Bunkonde et les enfants, qui étaient malades, ont rapidement bénéficié de soins de santé.

Mais en revenant au village, la famille a découvert que tout avait été détruit. « Ma maison, pour laquelle j’avais consacré tellement de sacrifices, était à moitié détruite et tous les biens emportés. Tout était à reconstruire », s’exclame Rose, attristée par ces souvenirs.

Rose avait tout perdu lors de sa fuite et manquait de moyens financiers pour acheter de nouveaux ustensiles de cuisine. La maman tente de subvenir aux besoins de sa famille en reprenant ses activités agricoles, interrompues par les violences et la fuite en brousse.

Ce n’est qu’au mois de décembre que Rose a pu trouver les biens dont elle avait besoin pour assurer la vie quotidienne de sa famille. Lors d’une distribution organisée par l’UNICEF, Rose a reçu des ustensiles de cuisine, des couvertures, des pagnes, des nattes, des bâches, un dispositif de lave-mains et du savon. Des kits non vivres ont également été distribués par Action Contre la Faim.

« Grâce aux récipients que j’ai reçu, je pourrai enfin conserver mon eau de boisson dans de bonnes conditions et éviter à mes enfants ainsi qu’à moi-même des maladies d’origine hydrique », confie Rose, une joie lisible sur le visage.

Cette assistance en articles ménagers est une lueur d’espoir pour Rose, qui espère que les autres familles affectées par les violences pourront bénéficier d’une telle assistance. Les besoins sont encore nombreux. Grâce à ses maigres ressources, Rose à réussi à renvoyer ses enfants sur les bancs de l’école mais la maman ne sait pas si ils auront l’occasion de finir leur année scolaire.

L’action de l’UNICEF et de ses partenaires

L’UNICEF a lancé en septembre 2017 une opération de distribution des kits constitués d’ustensiles de cuisine, de couvertures, de pagnes, de nattes, de bâches, de dispositifs de lave de mains et du savon dans la zone de santé de Bunkonde.

RRMP au Kasaï

Cette assistance s’inscrit dans le cadre du mécanisme de Réponse Rapide aux Mouvements de Population (RRMP). Techniquement coordonné par l’UNICEF et OCHA, le RRMP est financé par la Commission européenne à l’aide humanitaire et la protection civile (ECHO), le Fonds commun et les gouvernements des Etats-Unis, du Royaume Uni, du Canada, du Japon, de la Belgique et de la Suède.

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Albert Mbayo

Albert Mbayo est point focal communication au bureau UNICEF de Kananga.

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