Des transferts monétaires en faveur des populations déplacées

transferts monétaires en RDCGoma, 15 novembre 2016 – Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM) en partenariat avec les organisations non-gouvernementales, Mercy Corps, Diakonie et PAP RDC, ont achevé, aujourd’hui, une opération de transfert monétaire visant à répondre aux besoins prioritaires de 92.000 personnes vulnérables affectées par les conflits armés dans les territoires de Lubero et de Rutshuru dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Des populations touchées par les conflits armés

Entre janvier et août 2016, environ 20.000 familles ont été forcées de fuir leurs villages dans la chefferie de Bwito (territoire de Rutshuru) suite aux conflits inter communautaires et aux exactions commises par des groupes armés. Certaines familles déplacées ont vu leurs maisons brûlées et leurs champs et bétails pillés par les assaillants ; d’autres se sont fait extorquer leurs biens par des hommes en arme pendant leur fuite. Actuellement, 80% de ces personnes déplacées vivent dans des familles d’accueil. Parmi elles, près de 30.000 enfants en âge scolaire peinent à retrouver le chemin de l’école à cause de la pauvreté et de la faible capacité d’accueil des infrastructures scolaires.

Les transferts monétaires: une réponse holistique et cohérente

En réponse à cette situation, le PAM et l’UNICEF ont mis en place, depuis le 25 octobre 2016, un programme innovant de transfert de fonds. Exécuté par Mercy Corps, Diakonie et Programme d’Appui au Développement des Populations forestières (PAP) en RDC dans les citées de Bulotwa, Kayna, Kanyabayonga, Kaseghe, Kirumba et Mighobwe, ce programme vise à répondre aux besoins des populations vulnérables et les familles qui les accueillent en vue de renforcer leur résilience. « Vu l’ampleur des besoins, il était nécessaire que l’UNICEF et le PAM unissent leurs efforts afin d’apporter une réponse holistique et cohérente susceptible d’améliorer les conditions de vie des femmes et des enfants » a déclaré Thierry Dentice, chef de bureau de l’UNICEF pour la zone est de la RDC.

« L’expérience nous a montré que lorsque les reçoivent de l’argent directement, elles organisent leur vie en toute dignité. En plus de satisfaire leurs besoins de base, elles investissent dans le petit commerce ou dans les moyens de production comme les outils aratoires, les semences ou le petit bétail qui leur permettent de générer d’autres revenus afin de se prendre en charge ou de faire face aux crises éventuelles » a-t-il poursuivi.

A travers cette intervention conjointe, les organisations impliquées ont réalisé, dans l’histoire des réponses humanitaires dans l’est de la RDC, la plus grande opération de transfert monétaire tant par l’ampleur des ressources mobilisées que par le nombre de bénéficiaires atteints. Chacune des 12.800 familles bénéficiaires a reçu, en fonction du nombre de personnes dans la cellule familiale, une somme de 92 à 185 dollars américains pour subvenir à ses besoins prioritaires comme la nourriture, les articles ménagers essentiels, l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement.

Une nouvelle façon d’intervenir

« Gagner le combat contre la faim exige de la flexibilité et de l’innovation dans notre approche d’intervention » a indiqué Philippe Martou, Chef de bureau du PAM au Nord Kivu. « Le transfert monétaire présente de nombreux avantages pour tous les intervenants. Il permet non seulement aux familles vulnérables d’acheter la nourriture de leur choix, mais contribue aussi à stimuler l’économie locale grâce à l’argent que nous injectons dans le marché. Enfin, pour le PAM, ce type d’assistance supprime les frais de stockage et de transport liés à la distribution traditionnelle des vivres » a-t-il précisé.

Cette opération qui redonne de l’espoir aux communautés en crise a été réalisée grâce au soutien financier du Département britannique du développement international (DFID), de l’Agence canadienne de développement international (CIDA), du fonds central d’intervention d’urgence (CERF), de l’Union européenne (ECHO) et du Japon. Elle s’inscrit dans le cadre des engagements pris par les bailleurs de fonds et les agences onusiennes lors du dernier Sommet Humanitaire Mondial tenu à Istanbul en mai 2016. Au cours de ce sommet, le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a exhorté les organisations humanitaires à privilégier les interventions basées sur le transfert monétaire quand le marché et la situation opérationnelle le permettent.

En plus des programmes d’urgence, l’UNICEF fait la différence pour des millions d’enfants congolais à travers des programmes d’appui à la santé maternelle et infantile, la promotion de l’hygiène et de l’assainissement, l’éducation, la protection de l’enfant, la lutte contre le VIH/SIDA, etc. L’UNICEF soutient également les programmes qui renforcent les capacités locales à garantir l’accès des communautés aux services de base de manière durable pour garantir le respect des droits de tous les enfants.

Le PAM est la plus grande agence humanitaire qui lutte contre la faim dans le monde en distribuant une assistance alimentaire dans les situations d’urgence et en travaillant avec les communautés pour améliorer leur état nutritionnel et renforcer leur résilience. Chaque année, le PAM apporte une assistance à quelques 80 millions de personnes dans près de 80 pays.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Jacques David, Chargé de Communication, PAM/Goma, +243 817 006 842, [email protected]

Djaounsede Pardon Madjiangar, Spécialiste de la Communication, UNICEF/Goma, +243818305933, [email protected]

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Djaounsede Madjiangar

Djaounsede Madjiangar est un Spécialiste de la Communication de l'UNICEF pour la RDC, basé à Goma. Il est convaincu que pour une vie harmonieuse dans la société, chaque enfant doit être élevé dans un esprit de paix, de dignité, de tolérance, de liberté, d’égalité, et de solidarité.

Djaounsede Madjiangarstrong is a UNICEF Communication Specialist for Eastern DRC, based in Goma. He believes that for a harmonious life in a society, every child should be raised in peace, dignity, tolerance, equality and solidarity.

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