Travailler pour aller à l’école : une réalité pour Mave

travail des enfants en RDC

Une jeune fille transportant des légumes sur sa tête (Photo: UNCIEF DRC Connelly)

Le territoire de Djugu, situé en Province de l’Ituri, est généralement connu pour ses carrières d’or qui exploitent nombreux enfants. Souvent, l’or y passe avant l’éducation. Mais une autre réalité existe dans le territoire de Djugu : celle des enfants qui doivent travailler pour pouvoir payer leurs frais de scolarité.

Mongbwalu est une des grandes cités minières du territoire de Djugu. A 15 kilomètres de là se trouve le village Pilipili où j’ai rencontré Mave, une jeune fille de 12 ans. Orpheline de père, Mave vit depuis sa naissance seule avec sa maman. Depuis le décès de son mari dans un éboulement de terre dans une des carrières de Djugu alors qu’elle était enceinte, la mère de famille s’occupe de petits travaux agricoles.

Mave se considère chanceuse car contrairement à la majorité des enfants de son village, elle va à l’école. « Je suis en cinquième année primaire. Du lundi au samedi, je pars chaque jour en cours », m’explique la jeune fille.

Quelques minutes plus tard, la jeune fille me confie que pour pouvoir payer ses frais de scolarité, elle se réveille chaque dimanche à 4 heures du matin pour se rendre à Mongbwalu pour vendre du sombé (feuilles de manioc). « C’est le grand trajet : avec mes sombés sur la tête, je marche jusqu’à Mongbwalu, qui se trouve à 15 kilomètres du village ».

En comptant le trajet allé et le trajet retour, la jeune fille parcourt 30 kilomètres chaque dimanche. « C’est loin mais je dois le faire », me confie Mave. En effet, bien que l’école soit théoriquement gratuite en RDC, c’est loin d’être une réalité pour chaque enfant congolais.

Mave parvient à réunir un peu plus de 5000 francs congolais (approximativement 3 dollars américains) chaque dimanche de la vente du sombé. Cet argent lui permet de payer ses frais de scolarité mais aussi d’aider à payer la nourriture pour la maison. Sans cela, la jeune fille aurait dû abandonner les cours, alors qu’elle aime tant étudier.

Une rencontre qui a changé la donne pour Mave

Chaque dimanche, Mave se rend au marché pour pouvoir payer ses frais de scolarité, la privant de temps pour faire ses devoir et préparer ses leçons. A la maison aussi, la jeune fille doit s’occuper de lourdes tâches. « Comme j’ai 12 ans, maman me dit de puiser 12 bidons d’eau après les cours », me raconte Mave. La jeune fille continue en expliquant qu’elle doit parcourir un peu plus d’un kilomètre pour aller puiser l’eau et que « le nombre des bidons augmente par rapport à mon âge ».

Heureusement un jour, Mave a rencontré Taylor. Ancien membre du Club d’Ecoute pour enfants de l’Ituri, il a été étonné de voir chaque dimanche une jeune fille au marché en train de vendre du sombé. Activiste des droits de l’enfant, il a essayé d’en savoir plus sur la situation de Mave.

« Je lui ai expliqué la situation que je transverse », se rappelle Mave. « Quelque temps plus tard, il est venu jusqu’au village pour parler avec ma maman. Il lui a expliqué les différents droits que j’avais, en tant qu’enfant ». Pour appuyer son discours, Taylor a fait référence à la Convention internationale des Droits de l’Enfants et à la Loi portant Protection de l’Enfant.

Depuis ce jour-là, la jeune Mave ne puise qu’un ou deux bidons d’eau par jour et Mave ne se rend plus à Mongbwalu pour vendre des feuilles de manioc. C’est la maman de Mave qui s’occupe de vendre des articles pour pouvoir payer les frais de scolarité. « Son échange avec maman a complètement changé ma vie », conclut Mave en souriant.

Taylor est très satisfait de voir que Mave a maintenant du temps pour ses devoirs et préparer ses leçons. Un enfant doit pouvoir vivre son enfance et ne pas avoir des responsabilités d’adultes. Selon Taylor, chacun devrait « s’engager pour faire la promotion des droits des enfants autour de lui ». En effet, vivre dans l’ignorance de ces droits contribue à leur violation.

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David

David a rejoint le Club d'Ecoute pour Enfants en 2012. Deux ans après, il en est devenu le porte-parole puis en 2015, le coordonnateur. La même année, David est devenu Enfant Reporter. Il présente également diverses émissions sur les droits de l'Enfant. "Parler des droits de l'Enfant via les médias, c'est ma préférence". David étudie le droit à Bunia et rêve de travailler à la défense des droits des plus vulnérables.

David joined the Children's Listening Club in 2012. Two years later, David became the spokesperson and in 2015 the coordinator. That same year, David became a child reporter. Since 2014, David has hosted various programmes on child rights.  "I want to use the media to talk about child rights”. David studies law in Bunia and dreams of working to protect the rights of the most vulnerable. He says he will always work for children.

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