Trésor, albinos, va à l’école comme tout le monde

albinosEn République Démocratique du Congo, comme dans d’autres pays africains, les albinos peuvent encore subir peur et rejet. L’école n’est pas épargnée. L’UNICEF et ses partenaires tentent ainsi de sensibiliser à cette maladie qui prive de mélanine les cheveux, les yeux, et la peau.

A Kisangani, Trésor, enfant albinos de 10 ans, va à l’école comme presque tout le monde. L’école, un tremplin pour Michel, albinos lui aussi, devenu depuis avocat.

L’histoire insipirante de Michel, albinos, devenu avocat

Kinshasa. C’est dans ses bureaux flambants neufs à plus de deux mille dollars le loyer, que Michel Mualaba reçoit. Au dernier étage, sa terrasse domine la ville de Kinshasa et a vue sur Brazzaville.

« Il a fallu me battre surtout contre moi-même », sourit cet avocat albinos de 35 ans. Et dans la famille, on est tous passer par là : mon frère albinos est maintenant médecin, ma sœur, albinos également, est décoratrice d’intérieur, enfin mon autre sœur, albinos, termine son cursus universitaire en communication ».

Issu de la classe moyenne et d’une famille, cet expert des affaires financières tente de montrer le chemin aux plus jeunes albinos, victimes de discriminations, de préjugés qui ont la vie dure.

« L’école se passait bien, explique-t-il. Socialement, j’avais des copains, mais d’autres avaient peur de moi aussi ! ».

Qu’importe, le petit Michel d’alors se construit une carapace pour résister aux moqueries. « C’est vrai ce ne fut pas facile, il a fallu s’accrocher, concède-t-il. Et puis, nous albinos, avons des problèmes de santé. Je devais sans cesse être au premier rang, et parfois même, devant encore pour être au plus près du tableau car nous avons des problèmes de vue ».

Les défis de la scolarisation de Trésor

unicef-rdc-2015-meddeb-education-albinosA deux mille kilomètres de là, Trésor, 10 ans, lui aussi albinos, en fait l’amère expérience. Penchée au plus près de son cahier d’école, car ne disposant d’aucune paire de lunettes. Trop chère. Dans son école primaire du quartier Tshopo à Kisangani, cet enfant timide passe par les étapes vécues vingt ans plus tôt par Michel. Rien n’a vraiment changé. Seule nouveauté : l’encadrement est plus attentif. Preuve en est avec son enseignant, Jean Bonnard Yeye, 65 ans.

« Trésor est un élève attentif, concentré, dit de lui son professeur. Il écrit bien et s’applique très bien ». Avant d’ajouter : « et ce n’est pas facile pour lui car sans lunettes, et avec ses problèmes de vue, on voit qu’il fait d’importants efforts, obligé de se lever pour se rapprocher du tableau ».

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Trésor tente de surmonter les défis. Collé au plus près du tableau, son écriture est appliquée. C’est l’un des meilleurs élèves. Un motif de fierté pour son professeur.

« C’est très important de scolariser les albinos. Ce sont des enfants comme les autres malgré la peau ».

Les enfants albinos vont-ils moins à l’école que les autres ? Il est encore trop tôt pour l’affirmer avec exactitude car à ce jour, aucune enquête statistique n’a été menée sur la scolarisation des populations vulnérables en République Démocratique du Congo. « Ce qui est sûre c’est qu’il y a une tendance à ce que ces enfants subissent des discriminations, des moqueries, et donc certains abandonnent,  précise Aimé Dunia, administrateur aux programme éducation de l’UNICEF à Kisangani dans l’Est de la RDC. C’est pourquoi à partir de janvier 2016, nous lançons un programme d’appui de protection sociale aux enfants les plus vulnérables. Nous allons subventionner ces écoles pour qu’elles ne chassent pas ces enfants-là ».

L’histoire de Trésor en images

En savoir plus sur la situation de l’éducation en RDC

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Mehdi Meddeb

Mehdi Meddeb est journaliste depuis bientôt 10 ans. D'abord basé au Maroc, puis à Kinshasa, l'ancien correspondant de France 24 continue à couvrir l'Afrique en tant que freelance. Il contribue régulièrement en tant que consultant vidéo auprès de l'UNICEF en RDC.

Mehdi Meddeb has been a journalist for nearly 10 years. First based in Morocco, then in Kinshasa, this former correspondent for France 24 continues to cover Africa as a freelancer. He regularly contributes as a video consultant with UNICEF in the DRC.

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