Une révolution contre la transmission du VIH de la mère à l’enfant

Une révolution contre la transmission du VIH de la mère à l’enfant

Les femmes et les enfants du Nord-Kivu, à l’est de la RDC, peuvent se réjouir de l’implémentation, dans cinq zones de santé, de l’ « option B+ ».

Mais qu’est-ce que l’option B+ ? Il s’agit d’une nouvelle technique de Prévention de la Transmission du VIH de la Mère à l’Enfant (PTME), qui nous en sommes persuadé, va permettre d’accélérer la réduction de la mortalité des mères et des enfants en RDC.

Un ouf de soulagement pour des milliers de femmes et d’enfants

Très concrètement, « l’option B+ offre la possibilité aux femmes enceintes, allaitantes et à leurs conjoints vivant avec le VIH, de se soigner grâce à la prise orale d’un seul comprimé par jour et cela, à vie.

Ce traitement révolutionnaire est accompagné d’une meilleure prise en charge pédiatrique des enfants qui naissent de mères infectées par le VIH », comme l’explique Susie Villeneuve, chargée du programme santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant et de la PTME à l’UNICEF.

Pour informer la population du lancement de l’option B+ dans la région, nous avons invité des femmes vivant avec le VIH à témoigner. C’est une manière de briser la stigmatisation à leur égard et envers toutes les personnes vivant avec le VIH en général.

Des femmes sont venues prouver qu'il était possible de vivre avec le VIH et d'en protéger ses enfants.

Des femmes sont venues prouver qu’il était possible de vivre avec le VIH et d’en protéger ses enfants.

Elles ont notamment partagé avec émotion la manière dont elles ont réussi à protéger leurs enfants de la transmission du virus grâce au dépistage régulier pendant la grossesse et à la prise quotidienne d’un seul comprimé pendant la grossesse, l’accouchement et lors de l’allaitement.

L’importance du dépistage des parents pendant la grossesse

Pour protéger son enfant, il est primordial de connaitre son statut sérologique pendant la grossesse.

Esther, preuve vivante qu’il est possible de vivre avec le VIH et de donner naissance à des enfants sains, explique : « Je ne savais pas que j’étais séropositive et j’ai perdu mon enfant de 3 ans car il a contracté le virus lors de l’accouchement. Je n’avais alors pas pris les précautions nécessaires pour le protéger. »

Avec beaucoup d’amertume, elle poursuit : « Ça m’a fait beaucoup de mal de le voir mourir par mon ignorance. Mais depuis, j’ai pu en avoir trois autres qui sont aujourd’hui sains car j’ai eu les conseils et le soutien nécessaire des médecins et prestataires des soins ».

B+1

Des femmes sont venues prouver qu’il était possible de vivre avec le VIH et d’en protéger ses enfants.

La veille du lancement, une séance de sensibilisation a été organisée au centre de santé de Murara, pour informer les femmes de l’importance de se faire dépister pendant la grossesse pour connaitre leur état sérologique. Si le résultat est positif, la femme pourra bénéficier de conseils pouvant l’aider à vivre plus longtemps et plus sainement avec le virus.

La femme n’est pas seule à devoir se faire dépister : son mari aussi. L’une des femmes présentes au centre a ainsi demandé : « Vous nous demandez de nous faire dépister avec nos maris. Et s’il est séropositif, pouvons-nous continuer à avoir des enfants ? ».

Le personnel de santé lui a réexpliqué que pour protéger efficacement les enfants du VIH, il faut déjà que les deux parents connaissent leur état sérologique. Le personnel de santé sera ensuite là pour leur donner des conseils sur comment continuer à avoir des enfants tout en les protégeant de l’infection par le VIH.

La veille du lancement, une séance de sensibilisation a été organisée au centre de santé de Murara, pour informer les femmes de l’importance de se faire dépister au moins 4 fois pendant la grossesse.

La veille du lancement, une séance de sensibilisation a été organisée au centre de santé de Murara, pour informer les femmes de l’importance de se faire dépister pendant la grossesse.

Le dépistage de toutes les femmes au VIH, un défi à relever

2,8%C'est le taux de prévalence du VIH au Nord-Kivu.
Au Nord-Kivu, le défi n’est pas négligeable. La prévalence du VIH/SIDA y est de 2,8%.

La stratégie de prévention de la transmission de la mère à l’enfant ne couvre que 22 zones de santé sur 32, soit 87 structures de santé sur les 521 que compte la province. Il existe en outre des disparités de couverture du programme à l’intérieur même des zones.

C’est pour ces raisons que seul 28% des femmes enceintes de la région ont été dépistées au VIH : c’est bien trop peu.

L’UNICEF mise tout sur l’option B+, une approche prometteuse qui permettra de mieux prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant en RDC en général et dans le Nord-Kivu en particulier.

Photo: UNICEF RDC 2013 Diana Mrazikova.

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Arsene Tungali

Arsene Tungali est Consultant en Communication et Plaidoyer au Bureau de l’UNICEF de la zone est de la RDC. En tant que blogueur, sa passion est d’user du pouvoir des mots et des technologies pour apporter un changement et transmettre un message positif sur ce qui se passe autour de lui.

Arsene Tungali is a Communication and Advocacy Consultant in the UNICEF Office for the east zone of DRC. As a blogger, his passion is to use the power of words and technology to make a difference and send a positive message about what is happening around him.

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