L’UNICEF aide les enfants vulnérables à se remettre sur pied

enfants anciennement associés aux forces et groupes armés

« Ce fut un soulagement quand j’ai entendu les bonnes nouvelles de mon départ de la milice. »

Il y a trois ans, Alphonsine*, âgée de 18 ans, a bénéficié du soutien de l’UNICEF, qui lui a permis de rejoindre sa famille et de réintégrer la communauté. L’histoire d’Alphonsine n’est qu’une parmi des centaines d’histoires d’enfants dont l’enfance a été volée et maltraitée par des groupes armés dans l’est de la RDC, mais qui, avec le soutien de l’UNICEF, a pu passer à autre chose.

La promesse d’une vie meilleure

Alphonsine n’avait que 12 ans lorsqu’elle a été contrainte de rejoindre une milice locale dans le village de Nyamilima, situé en Province du Nord-Kivu. « On nous a dit de nous battre pour notre liberté. Ils ont dit que le combat était le seul moyen pour se débarrasser de l’ennemi et d’avoir une vie meilleure », se souvient-elle.

Pour la jeune fille, ce discours grandiose est venu à un mauvais moment. Alphonsine était la plus jeune fille d’une famille de sept personnes. Elle a perdu son père à la suite d’un affrontement entre un groupe rebelle et l’armée régulière. A la suite de cet événement tragique, Alphonsine avait arrêté sa scolarité car il n’y avait plus personne pour la soutenir. Les revenus agricoles de sa mère étaient à peine suffisants pour subvenir aux besoins de base de la famille, et encore moins payer les frais de scolarité.

Alphonsine a estimé qu’elle n’avait d’autre choix que de rejoindre la milice, qui lui promettait une vie. « Nous avons reçu des uniformes et des armes et j’ai été choisie pour être l’escorte principale du commandant de la milice », dit-elle.

Alphonsine a été enrôlée avec quatre autres jeunes filles âgées de 12 à 15 ans. Elles devaient participer à toutes sortes d’opérations : combats, pillages, barrages et points de contrôle. Parfois, elles servaient d’esclaves sexuelles pour les miliciens.

Retour à la vie normale

Cette vie a duré deux ans, jusqu’au jour où Alphonsine a réalisé que la promesse d’une vie meilleure était un rêve irréaliste. « J’ai commencé à me sentir très mal, surtout quand je pensais à ma mère. Un jour, j’ai tenté de m’échapper mais j’ai été rattrapée et sévèrement battue », explique-t-elle.

En 2014, suite aux activités de sensibilisation menées par l’UNICEF et ses partenaires au sein des communautés, le groupe armé a libéré Alphonsine et d’autres enfants. « Ce fut un soulagement quand j’ai entendu les bonnes nouvelles de mon départ de la milice pour rentrer à la maison. La vie était très dure. Nous avons fait face au mauvais temps et à la faim », dit-elle.

Avant de rejoindre les membres de leur famille, les garçons ont été orientés vers un centre de transit et d’orientation (CTO) tandis que les filles étaient placées dans des familles d’accueil à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu. Après deux semaines dans une famille d’accueil, Alphonsine a réintégré sa famille à Goma et continue de recevoir un soutien psychosocial dans un centre de protection des enfants soutenu par l’UNICEF. La jeune fille vit maintenant avec son frère aîné et rêve de gérer sa propre entreprise dans un proche avenir.

Le travail de l’UNICEF et de ses partenaires

Depuis 1997, l’UNICEF met en œuvre des programmes d’assistance aux enfants anciennement associés aux forces et groupes armés en République Démocratique du Congo (RDC). La réponse de l’UNICEF se concentre sur l’identification des enfants utilisés dans les groupes armés; la prise en charge temporaire des enfants démobilisés par le biais de centres de transit et dans des familles d’accueil et le soutien à leur réintégration au sein de leurs familles dans la mesure du possible.

Grâce aux coopérations suédoise (SIDA), américaine (USAID), canadienne (ACDI/CIDA), japonaise (JICA), néerlandaisebelge ainsi qu’à l’UNICEF FranceAMADE MondialeUNICEF Allemagne et au CERF, l’UNICEF et ses partenaires ont pu fournir des services d’éducation, de formation professionnelle, de travail indépendant ou générateurs de revenus basés sur les besoins spécifiques des enfants anciennement associé à des groupes et forces armés. Entre 2013 et 2017, l’UNICEF et ses partenaires ont apporté un soutien psychosocial à 17.700 enfants auparavant associés à des groupes et forces armés dans l’est de la RDC.

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Djaounsede Madjiangar

Djaounsede Madjiangar est un Spécialiste de la Communication de l'UNICEF pour la RDC, basé à Goma. Il est convaincu que pour une vie harmonieuse dans la société, chaque enfant doit être élevé dans un esprit de paix, de dignité, de tolérance, de liberté, d’égalité, et de solidarité.

Djaounsede Madjiangarstrong is a UNICEF Communication Specialist for Eastern DRC, based in Goma. He believes that for a harmonious life in a society, every child should be raised in peace, dignity, tolerance, equality and solidarity.

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