Répondre aux besoins des déplacés des violences interethniques en RDC

Sous la pluie inattendue qui a commencé tôt ce matin du mois de février, Francine et ses enfants ont pris d’assaut l’Ecole Primaire de Téléga, une localité située à environ 12 kilomètres de la ville de Bunia, capitale de la Province de l’Ituri au nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC). Cette mère de cinq enfants fait partie des milliers de personnes qui ont été forcées de fuir leurs villages à cause des violences interethniques qui ravagent le territoire de Djugu, situé en Province de l’Ituri.

« Ce sont nos propres frères qui ont commencé à nous tuer », indique Francine. « Ils découpaient et tuaient les gens avec des haches, des machettes et des flèches. D’autres avaient des armes à feu. C’est pourquoi nous avons fui jusqu’ici », précise-t-elle.

Ces violences interethnique qui se sont intensifiées au début du mois de février, ont déjà causé la mort d’une centaine de personnes, en majorité des enfants, et provoqué le déplacement de plus de 110.000 personnes vers l’Ouganda voisin ainsi que vers la ville de Bunia et ses environs. Si certains déplacés sont hébergés dans des familles d’accueil, la majorité à l’instar de Francine et ses enfants s’est installée dans les écoles, les églises et les centres de santé.

Privés de tout, Francine et ses enfants mangent difficilement un repas par jour. Ils boivent l’eau de la rivière et font leurs besoins en plein air, les exposant aux risques liés aux maladies diarrhéiques.

Les violences interethniques dans le territoire de Djugu ont un effet dévastateur sur les enfants. Au moins trois centres de santé et sept écoles ont été pillés et/ou incendiés, privant les enfants de soins de santé et d’éducation. L’UNICEF estime que suite aux violences, plus de 100 écoles ont interrompu les cours, empêchant 30.000 enfants de se retrouver sur les bancs de l’école.

« Mes cinq enfants partaient tous à l’école quand nous étions chez nous. Mais depuis que nous sommes ici, ils n’y vont plus par manque de place et de moyens », a indiqué Francine.

Face à cette crise, l’UNICEF et ses partenaires distribuent des articles ménagers essentiels aux familles déplacées. Plus de 17.000 personnes déplacées ayant trouvé refuge sur le site de l’Hôpital Général de Bunia ont reçu un kit composé de bâches, couvertures, nattes, savons, gobelets et seaux en plastique. L’UNICEF a aussi installé des ouvrages d’eau, d’hygiène et d’assainissement en faveur des déplacés. Ces interventions s’inscrivent dans le cadre du programme de Réponse Rapide aux Mouvements de Populations (RRMP) financièrement soutenu par la Commission européenne à l’aide humanitaire et la protection civile (ECHO), le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) et les gouvernements des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la Suède, du Japon, du Canada et de la Belgique.

Au-delà de la réponse humanitaire, Francine plaide pour une solution durable pour les populations de l’Ituri. « Nous voulons rentrer chez nous. Nous demandons que ceux qui nous tuent déposent leurs armes ».

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Djaounsede Madjiangar

Djaounsede Madjiangar est un Spécialiste de la Communication de l'UNICEF pour la RDC, basé à Goma. Il est convaincu que pour une vie harmonieuse dans la société, chaque enfant doit être élevé dans un esprit de paix, de dignité, de tolérance, de liberté, d’égalité, et de solidarité.

Djaounsede Madjiangarstrong is a UNICEF Communication Specialist for Eastern DRC, based in Goma. He believes that for a harmonious life in a society, every child should be raised in peace, dignity, tolerance, equality and solidarity.

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