Bikoro, foyer de violences et violations des droits de l’Enfant

Photo: UNICEF RDC Walther

Encadreur des Enfants Reporters de Bikoro, dans la Province de l’Equateur, je veux dans ce premier article vous parler d’une histoire vécue. Je cherche à rétablir la dignité, le respect et la considération de l’enfant dans notre milieu, conformément aux déclarations internationales et régionales, à la Convention des droits de l’Enfant et à la Loi portant protection de l’Enfant de notre pays.

Un scénario de violation des droits de l’Enfant en RDC

Dans la localité de Bikoro, a eu lieu une grave et préoccupante violation des droits de l’Enfant. Christopher a violemment tabassé un enfant, Héritier, suite à une dispute conjugale au cours de laquelle Joceline cherchait à partir chez elle mais lui, son mari, n’était pas d’accord.

Un matin, lorsque Héritier se dirigeait à l’école, non loin de la maison de Joceline et Christopher, elle lui a demandé si après l’école il aurait pu passer dans sa maison pour lui confier un sac pour l’amener chez ses parents. Le petit Héritier accepta.

Sur la route, en rentrant chez lui, Christopher vit le garçon portant le sac de sa femme. Son sang ne fit qu’un tour. Il appela Héritier et lui demanda : « où est-ce que tu vas avec ce sac ? »

Le garçon répondit « ta femme me l’a donné pour le laisser chez ses parents ». Furieux, le mari prît le sac et commença à frapper le garçon, lui donnant un coup de genou dans la poitrine. Héritier tomba par terre.

« J’ai tapé cet enfant pour montrer à tout le monde que je suis en colère »

On m’appelé en aide : tout cela a eu lieu déroulé dans un espace où se situent les bureaux de plusieurs services de l’Etat. Je suis vite allé récupérer l’enfant pour le réanimer et même avec peu de notion de réanimation, j’ai réussi à le faire. Grâce à Dieu, j’ai croisé le camion d’une personne de bonne volonté qui nous a amené à l’Hôpital Général de Référence de Bikoro.

Par manque de moyens, Héritier est resté sans premiers soins car l’Hôpital. Après deux terrible heures d’attente, Christopher est arrivé pour payer les premiers soins du garçon, sans être inquiété d’avoir violé les droits de l’enfant et commis une infraction pénale.

Je me suis alors permis de demander au mari pourquoi il avait tapé l’enfant et il m’a répondu : « j’étais trop en colère ; ma femme a utilisé 15000fc (12$) sans ma permission et m’a trompé aussi. Comme ce n’est pas la première fois, cette fois j’ai voulu y mettre fin, mais elle ne s’est pas laissé faire. J’étais en colère et j’ai décidé que personne ne se mettra dans mon chemin. Personne ne devrait aider ma femme. Comme je ne pouvais pas la frapper, j’ai décidé de taper cet enfant pour montrer à mon épouse et à tout le monde que je suis en colère ».

Entre violations et impunité

Choqué, je ne me suis pas limité seulement à parler à cet homme. Je suis allé voir le Colonel commandant de la police locale pour m’informer sur la gravité de la situation et sur les sanctions judiciaires ou pénales à appliquer, mais il a refusé de nous parler.

Comme il n’y a pas d’expert de l’UNICEF à Bikoro, je suis allé à la rencontre de Maman Mamisa, qui joue un rôle très important pour les enfants d’ici. Elle m’a parlé de l’article 9 de notre Loi portant protection de l’enfant qui stipule qu’aucun enfant ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradant. Mais ici à Bikoro, l’Enfant n’a pas sa place dans la communauté. Ses droits sont négligés, oubliés et violés sans inquiétude de personne.

Mettons fin aux violations des droits de l’enfant à Bikoro

Concernant les droits de l’Enfant, l’ignorance règne dans les têtes des parents, des enfants et de toute la communauté de Bikoro. Aidons les enfants de Bikoro à avoir une place réelle dans la société. Réagir maintenant pourrait sauver de nombreux enfants à Bikoro et à travers le pays entier.

Nos parents ignorent les droits des enfants. Parents, enfants et agents de l’ordre de la place doivent être sensibilisés sur la Convention des droits de l’Enfant et la Loi portant protection de l’Enfant car comme le disait Socrate, le seul mal est l’ignorance.

Publié initialement en septembre 2017

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Christophe Yoka Nkumu Daddy

Christophe Yoka Nkumu Daddy est Encadreur des Enfants Reporters de Bikoro. Pour lui, le bonheur se cache parfois là où on ne l’attend pas.

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