Je pensais que nous en avions enfin fini avec Ebola

Ebola au KivuLe mardi 24 juillet, je pensais que nous en avions enfin fini avec Ebola. Après plus de 80 jours de lutte contre l’épidémie qui touchait la Province de l’Equateur, au nord-ouest de la République Démocratique du Congo (RDC), le Gouvernement a annoncé la fin de l’épidémie. Grâce à la mobilisation de tous, nous étions parvenus à mobiliser les communautés et à les amener à adopter des comportements préventifs qui ont permis de stopper la propagation de l’épidémie.

Ce 24 juillet, nous étions tous soulagés de pouvoir dire que les enfants étaient en sécurité et à l’abri de l’épidémie. Nous avions commencé à mettre en œuvre le plan de transition post Ebola qui allait durer 3 mois. Après cela, nous allions pouvoir reprendre notre travail quotidien. Mais Ebola en a décidé autrement : une semaine exactement après l’annonce de la fin de l’épidémie en Equateur, le Gouvernement a annoncé que le pays faisait face à une nouvelle épidémie, la dixième depuis 1976.

Avec d’autres experts qui étaient encore présents à Mbandaka afin de poursuivre l’effort de communication et d’engagement communautaire pour éviter de nouvelles épidémies dans la zone, j’ai été rapidement été déployé à Beni pour coordonner la réponse de l’UNICEF à cette nouvelle épidémie. Moins de 48 heures après l’annonce de la nouvelle épidémie par le Ministre de la Santé, je me suis retrouvé dans la zone affectée.

Lorsque je suis arrivé sur place, 31 cas suspects étaient déjà rapportés…. Personne ne s’attendait à ce qu’une épidémie surgisse dans cette province du nord-est de la RDC, déjà déstabilisée par l’insécurité et la violence.

Heureusement, la population a tout de suite été réceptive à nos messages. Nous avons rapidement diffusé des messages à travers les radios et télévisions locales pour atteindre le maximum de personnes. Parallèlement, nous avons informé les leaders communautaires, les leaders religieux et les membres de la société civile sur les moyens de prévenir la maladie à virus Ebola. Leur mobilisation a été immédiate, ce qui représente un réel atout dans la lutte contre cette épidémie.

La population du Nord-Kivu a conscience qu’Ebola est une maladie mortelle. La majorité des personnes que j’ai rencontrées jusqu’à présent dans les zones les plus affectées avait entendu parler de l’épidémie en Equateur et de ses conséquences. Tout le monde cherche à se protéger. Dans certaines communautés, j’ai même rencontré des personnes qui portaient des gans dans la rue parce qu’ils avaient entendu qu’Ebola est une maladie qui se contracte par contact avec les malades. Si elles reçoivent les bons messages, les communautés pourront facilement se protéger contre la maladie.

Bien que la population et les autorités soient pleinement impliquées dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola et que les partenaires soient déjà sur place, beaucoup de choses restent encore à faire. Nous devons intensifier notre réponse pour nous assurer que chaque enfant puisse grandir en bonne santé et sereinement auprès de ses proches.

Le travail de l’UNICEF et de ses partenaires

Les enfants continuent d’être à risque et sont affectés par l’épidémie d’Ebola en cours en RDC, ce qui rend essentiel que leur santé et leur bien-être soient prioritaires dans la réponse. L’UNICEF se concentre sur la communication communautaire pour protéger les populations contre la maladie, sur l’apport en eau, l’hygiène et l’assainissement pour éviter la propagation de la maladie et sur le soutien psychosocial pour les personnes touchées et leurs familles.

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Docteur Ibrahim Cisse

Docteur Ibrahim Cisse, spécialisé dans les urgences et la santé communautaire, a été déployé pour coordonner la réponse de l’UNICEF à l’épidémie d’Ebola à Mbandaka et Beni en République Démocratique du Congo.

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