Le groupe de travail du Conseil de Sécurité rencontre des enfants anciennement associés aux forces et groupes armés à Goma

Le groupe de travail du Conseil de Sécurité rencontre des enfants anciennement associés aux forces et groupes armés à Goma

Le troisième jour de leur voyage en RDC, le Groupe de travail du conseil de sécurité des Nations Unies sur le sort des enfants en temps de conflit armé, dirigé par Son Excellence Mme Sylvie Lucas (Luxembourg), a rendu visite au CAJED, un centre de transit, partenaire de l’UNICEF qui fournit un soutien aux enfants anciennement associés aux forces armées et groupes armés de Goma, dans la partie orientale de la République démocratique du Congo.

Le groupe de travail y a rencontré des enfants pour en apprendre de leur expérience et mieux comprendre le traumatisme qu’ils avaient vécu avant leur arrivée. Raphael *, l’un d’eux, avait 14 ans quand, du jour au lendemain, sa vie a changé. Ecolier de Bukavu, il a décidé un jour de se rendre avec un ami dans son village natal dans le territoire de Walikale.

Le groupe de travail arrive au centre du CAJED pour rencontrer les enfants anciennement associés aux groupes et forces armés

Le groupe de travail arrive au centre du CAJED pour rencontrer les enfants anciennement associés aux groupes et forces armés

La nuit de leur arrivée, des hommes armés ont fait irruption dans le village et les ont enlevés. « Ils nous ont fait porter leurs bagages dans la forêt, et nous ont dit que maintenant nous étions des soldats et que nous ne pouvions plus rentrer chez nous », leur a raconté Raphaël. «Quand mon ami a essayé de s’échapper, ils lui ont tiré une balle dans la tête. Il en est mort. »

Depuis 20 ans, des milliers d’enfants ont été recrutés par des groupes armés opérant dans l’est de la RDC. Depuis le début de son partenariat avec l’UNICEF en 2004, le centre de transit CAJED a pu accueillir plus de 7737 enfants, dont 212 filles. Il a réuni 5 461 d’entre eux avec leurs familles, dont 178 filles.

Lorsque le centre est averti que des enfants ont pu s’échapper ou ont été démobilisés, une équipe de spécialistes les accueillent dans l’un des 15 centres de vérification mis en place par l’UNICEF à proximité des sites de démobilisation. Les enfants sont alors identifiés : on vérifie leur âge et s’ils ont effectivement été associés à un groupe armé. Ensuite, ils sont accueillis par le centre où ils sont pris en charge et tentent de retrouver un sentiment de normalité.

C’est en avril 2014 que Raphaël a profité d’une sortie du groupe armé pour s’échapper. Il vit maintenant au centre avec 54 autres enfants, en attendant d’être réunifié avec sa famille.

Les enfants comme Raphaël continuent de souffrir des réminiscences et des conséquences des violences, des meurtres et des viols dont ils ont été témoins, et sont traumatisés. «Certains enfants ne jouent pas, ne se mêlent pas avec les autres. Les travailleurs sociaux leur parlent et les écoutent activement pour essayer de mieux comprendre leurs souffrances « , a déclaré Gilbert Munda, coordinateur du centre. « Des activités psycho-sociales sont également organisées pour aider ces enfants-là à surmonter leur désespoir « .

Children in transit & psychosocial care

Les enfants sont pris en charge par le centre qui les aide à retrouver une vie d’enfant.

Le groupe de travail du Conseil de Sécurité des Nations Unies a également rencontré d’autres enfants placés dans des familles d’accueil grâce au soutien du PAMI, un partenaire de l’UNICEF depuis 2006 dans la mise en œuvre du plan national de démobilisation, de désarmement et de réinsertion. Le PAMI travaille avec le centre de transit dans le cadre d’un consortium pour soutenir les enfants anciennement associés aux forces armées et groupes armés de moins de 12 ans et les filles et faciliter leur regroupement familial.

Le quatrième jour de leur voyage en RDC, la délégation a visité l’hôpital Kyeshero où l’UNICEF travaille avec l’ONG Hope In Action (l’ « espoir en marche ») depuis 2012 pour développer les interventions d’urgence dans les zones les plus touchées par la violence sexuelle liée aux conflits et là où la réponse est encore insuffisante. L’UNICEF est le principal fournisseur de l’hôpital Kyeshero en PEP kits et en médicaments destinés à traiter les conséquences mortelles des violences sexuelles. L’UNICEF assure également le renforcement des capacités des agents de santé de l’hôpital.

kyeshero hopital

Le groupe de travail et l’équipe de l’hôpital de Kyeshero

 

Grâce à ce partenariat, Hope In Action et l’hôpital Kyeshero a pu fournir une assistance à plus de 2 500 victimes de violences sexuelles et liées au genre, dont 25% étaient des enfants. Hope In Action fait partie des acteurs de première ligne en terme de violences sexuelles et liées au genre dans les territoires de Walikale, Masisi, Nyiragongo (y compris Goma) et Beni.

Afin de renforcer le plaidoyer contre le recrutement des enfants dans les forces et groupes armés et contre la violence sexuelle, Son Excellence Mme Sylvie Lucas a rencontré le général Lombe de la 8ème zone militaire des forces armées de la RDC à Goma. Le général Lombe général a souligné les efforts déployés par les forces armées de la RDC et le Gouvernement de la RDC pour éliminer le recrutement d’enfants et poursuivre les auteurs des viols commis dans leurs rangs.

Mme Lucas a réaffirmé la nécessité pour les forces armées de redoubler d’efforts pour lutter contre l’impunité, et interdire le recrutement d’enfants dans la prochaine campagne de recrutement de l’armée. Elle a également remis symboliquement au général Lombe un pins de la campagne #CHILDRENnotSoldiers. « Des Enfants, pas des Soldats » est une campagne lancé l’année dernière par le Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui et l’UNICEF, dans de nombreux pays, y compris la RDC.

photo pins

Mme Lucas remet symboliquement au Général Lombe un pins de la campagne #CHILDRENnotSoldiers

Mme Lucas a officiellement rappelé :

L’importance d’assurer à ces enfants une réintégration durable, y compris à travers la budgétisation de ressources adéquates par le Gouvernement de la RDC.

*Le nom a été changé. Le véritable nom de Raphaël est garder secret pour le protéger d’éventuelles représailles liées à son témoignage.

Découvrez en vidéo tout le travail du centre du CAJED qui accueille les enfants anciennement associés aux groupes et forces armées :

Traduit de l’anglais par Charlotte Gout.

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Ndiaga Seck

Ndiaga Seck est le Spécialiste en Communication de l’UNICEF à l’Est de la RDC. Il a une spécialisation en Études Humaines et Sociales, en Éducation et en Journalisme. Pendant les huit dernières années, il a travaillé pour IRIN et OCHA en Afrique de l’Ouest, OCHA et UNICEF en RDC. Son credo : « Un monde digne des enfants est à portée de main. Saisissons-le ! »

Ndiaga Seck is a UNICEF Communications Specialist in Eastern DRC. He specializes in human and social studies, education and journalism. For the past eight years, he has worked with IRIN, OCHA, in West Africa. His leitmotiv: “A World fit for children is within reach. Let’s grab it!”

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