Les enfants déplacés ont aussi le droit de jouer

« Pour jouer avec nos amis, on fabrique des ballons avec des sachets et des papiers », explique Djaribou, un jeune garçon de 12 ans. Au mois de février 2018, le jeune garçon a fui sa maison lorsque des villages aux alentours ont été incendiés, des maisons pillées et des habitants massacrés.

Depuis des années, la Province de l’Ituri, située au nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC) est secouée par des conflits interethniques entre les agriculteurs Hema et éleveurs Lendu. Au mois de décembre 2017, les violences se sont intensifiées, provoquant d’importants mouvements de populations. Plus de 360.000 personnes ont fui leurs villages, laissant derrière eux tous leurs biens essentiels et personnels.

Djaribou, ses 6 frères et ses parents ont trouvé refuge près de la paroisse de Drodro, un village situé à une dizaine de kilomètres de Beliba, leur village d’origine. « Au plus fort de la crise, plus de 25.000 personnes avaient trouvé refuge à la paroisse », explique le curé de Drodro. « La grande partie a maintenant regagné leurs villages mais des milliers de personnes se trouvent toujours à Drodro ».

Sur le site de la paroisse de Drodro, les déplacés dorment à même le sol dans les différentes salles paroissiales et salles de classe. Afin de soulager les familles qui ont tout perdu, l’UNICEF a distribué des kits d’articles ménagers composés – entre autres – de savon, de produits de purification d’eau, d’ustensiles de cuisine, de pagnes et de couvertures. Pour maintenir un sens de la normalité dans la vie des plus jeunes, les enfants déplacés ont rapidement reçu des kits scolaires et ont été intégrés à l’école de Drodro.

Djaribou est élève en quatrième année primaire. Il raconte avoir raté plusieurs semaines d’école quand il a fui son village mais explique que « l’année scolaire sera prolongée pour rattraper le retard ». Le garçon est heureux de poursuivre sa scolarité et continuer le cours normal de sa vie. Malheureusement, il n’est pas toujours facile pour les enfants déplacés de pouvoir se divertir et oublier les situations auxquelles ils font face.

Pour chaque enfant, le droit de jouer

Djaribou et les autres enfants déplacés se débrouillent comme ils peuvent pour jouer et s’amuser. Avec des sachets et des papiers ramassés par terre, le jeune garçon avait fabriqué un ballon mais qui n’a pas résisté longtemps. Djaribou et ses amis ont alors décidé de cotiser pour acheter un vrai ballon. Après un mois, 1.500 francs congolais (environ 1 dollar américain) avaient été réunis, permettant aux garçons d’acheter leur ballon au marché. Chaque jour, matin et soir, Djaribou organisent fièrement des tournois de football avec leur nouveau ballon. L’espace de quelques heures, Djaribou et ses amis redeviennent des enfants et ne pensent à rien d’autre que jouer.

Tous les enfants ont le droit de jouer, c’est un de leurs droits fondamentaux. La Convention internationale relative aux droits de l’Enfant stipule que chaque enfant doit avoir le droit de jouer. Jouer est capital pour les enfants. Ils ont en ont besoin pour être heureux et en bonne santé. Le jeu leur permet de réfléchir, de résoudre des problèmes, de communiquer, de coopérer mais aussi de mobiliser leur créativité. Jouer est absolument indispensable à la construction de l’enfant et à son intégration dans la société.

Bien qu’étant heureux d’avoir pu acheter un ballon, le jeune Djaribou n’oublie pas les enfants qui ont moins de chance que lui. « Chaque enfant doit pouvoir jouer », conclut-il.

Plus d’informations sur la situation des enfants déplacés :

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Billy Nkono

Billy Nkono est Administrateur à la Protection de l’Enfant au bureau UNICEF de Kinshasa.

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