Maman Micheline, une enseignante engagée pour la paix

Photo: UNICEF RDC Luketo

Nous sommes à l’Ecole Primaire Mazaya à Kikwit, au sud-ouest de la République Démocratique du Congo (RDC). A l’heure de la récréation, un groupe d’enfants semble agité et va à la rencontre de Maman Micheline. Après quelques minutes de discussions, tout est revenu à l’ordre et les enfants repartent joyeusement rejoindre leur salle de classe.

« Quand les enfants ont des problèmes à l’école, ils viennent se confier à moi »

Cela fait plus de 25 ans que Maman Micheline est enseignante mais depuis quelques mois, elle est également promotrice de la paix dans son école. « Je suis une enseignante au service de la paix pour les bien-être des enfants », explique-t-elle.

Lorsque l’insécurité a éclaté dans la province voisine du Kasaï au milieu de l’année 2016, plus de 30.000 personnes ont fui les violences, trouvant refuge à Kikwit auprès de proches ou dans des sites spontanés. Dans l’urgence, plus de 10.000 enfants en âge scolaire ont été intégrés dans les 203 écoles de la ville.

L’Ecole Primaire Mazaya a accueilli 84 enfants déplacés mais l’arrivée massive de nouveaux élèves – d’origines et de niveaux sociaux différents – n’a pas été sans difficultés. Des tensions sont rapidement apparues dans les classes et la cours de récréation.

C’est au mois de novembre 2017 que Maman Micheline a été désignée pour participer à une formation visant à prévenir et gérer les conflits en milieu scolaire et à promouvoir la culture de la paix. Depuis, Maman Micheline prend sa nouvelle responsabilité à cœur. « Nous devons tous vivre en paix », explique l’enseignant qui fait tout pour assurer que tous les enfants déplacés soient bien à l’école. Elle n’hésite pas à rendre visite aux élèves absents pour comprendre la situation. Maman Micheline est devenu le lien entre l’école et les enfants déplacés.

« Chaque jour avant d’aller en classe, je viens dire bonjour à Maman Micheline », explique un jeune élève de l’Ecole Primaire Mazaya. « Je le fais pour qu’elle sache que je suis venu à l’école et que je vais bien ». Quand des problèmes surviennent chez lui, le jeune élève n’hésite pas à se confier à Maman Micheline. « Elle est une seconde maman pour nous les déplacés », conclut-il.

Maman Micheline n’est pas seule dans son travail. Elle fait partie d’un large réseau d’enseignants formés à l’éducation et la promotion de la paix. « Je n’aurais pas été si efficace si j’étais seule », reconnaît l’enseignante. En plus de la formation des enseignants, l’UNICEF appuie la mise en place de comités de paix dans les écoles ciblées et soutient l’organisation d’activités extrascolaires pour rassembler les élèves.

« Former un enseignant, c’est former toute la prochaine génération »

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Jean Paul Nico Luketo

Jean Paul Nico Luketotravaille à l'UNICEF depuis 2006 dans la province du Bandundu. Tout enfant ne peut se construire qu'à travers l'éducation: aucun enfant ne doit être privé de ce droit. "N'attendons pas que les enfants soient dans le rue pour les aider."

Jean Paul Nico Luketohas been working with UNICEF since 2006, in DRC's Bandundu Province. He believes that no child can develop without education: no child must be denied this right. "Let's not wait for children to be on the streets to helo them."

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