Retour à l’école malgré l’épidémie d’Ebola

« Normalement, le premier jour de la rentrée scolaire, plusieurs centaines d’élèves sont déjà inscrits mais cette année ils n’étaient que deux », explique Aldegonde Katsoko, directrice d’une école secondaire à Mangina, épicentre de l’épidémie de la maladie à virus Ebola qui sévit actuellement à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC).

Le matin du 3 septembre, jour de la rentrée scolaire, Aldegonde n’avait que deux élèves inscrits. « Lorsque l’épidémie a été déclarée, des familles ont quitté Mangina », explique la directrice, souriante malgré les classes vides. « D’autres sont restées mais craignent une transmission de la maladie à l’école ».

L’apparition de la maladie à virus Ebola à Mangina, localité d’environ 35.000 habitants, a chamboulé le quotidien de la population. De nombreuses familles ont pris la fuite tandis que d’autres ne sortaient plus de leur maison, ne cultivaient plus leurs champs et ne se rendaient plus au marché. Par peur de la contamination, les parents n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école le jour de la rentrée scolaire.

« Je parle avec les parents et je leur explique que les enfants sont mieux protégés à l’école », poursuit la directrice qui comprend mieux que personne l’angoisse des parents. Avant d’être directrice, Aldegonde est avant tout maman de 4 enfants. Au moment de la rentrée scolaire, il n’a pas été facile pour elle de laisser ses enfants partir à l’école puisqu’elle a vu des voisins mourir de la maladie et des enfants devenir orphelins.

L’éducation est essentielle pour que les enfants se développent pleinement et trouvent une certaine stabilité en période d’incertitude. Afin d’encourager les parents à envoyer leurs enfants à l’école, l’UNICEF forme 7.200 enseignants aux mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola. Aldegonde et les enseignants de son école ont reçu des informations sur la maladie, ses modes de transmission et les méthodes de prévention.

« Nous nous assurons que les enfants connaissent et appliquent les mesures d’hygiène », conclut avec une certaine fierté la directrice. Un mois après la rentrée scolaire, les efforts d’Aldegonde ont porté leurs fruits : 400 élèves sont sur les bancs de l’école. La directrice continue ses efforts pour convaincre les derniers parents réfractaires.

Afin de garantir que les écoles soient un environnement d’apprentissage protecteur pour les enfants et leurs enseignants, l’UNICEF sensibilise près de 300.000 élèves et équipe les écoles les plus exposées à la maladie à virus Ebola en points de lavage de mains, savons, thermomètres et matériel d’éducation et de sensibilisation.

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Anne Herrmann

Anne Herrmann est Volontaire des Nations Unies, chargée de communication au bureau de l’UNICEF à Goma.

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