Je m’appelle Gloria Ngoya, j’ai 16 ans et je suis enfant reporter de la ville-province de Kinshasa.
Je viens vous raconter une de mes journées à vendre du pain avec ma mère, car cela fait partie de mes moments préférés pendant les vacances. J’y apprends énormément sur la gestion de l’argent.
Ce jour-là, au mois d’août, je me souviens que je m’étais levée tôt et je sentais que la journée allait être longue.
Après avoir aidé à ranger un peu la maison, je me suis préparée pour une mission importante : remplacer ma mère à son étalage de pain. Je voulais l’aider pour qu’elle puisse faire d’autres courses pour la maison. J’ai pris mon petit sac qui allait me servir de caisse pour garder l’argent.
Avant de partir, ma mère m’a donné quelques conseils sur comment parler aux clients et comment classer l’argent en petites briques. J’avoue qu’au début, j’étais un peu stressée, mais petit à petit, j’ai acquis la maîtrise pour échanger avec les clients et surtout pour gérer l’argent.
Le parfum du pain et la vie du quartier
Vendre du pain n’était pas du tout ennuyeux. Au contraire, c’était intéressant parce que je voyais beaucoup de gens du quartier passer. Certains me regardaient avec le sourire et m’encourageaient en voyant que j’aidais ma mère.
Parfois, j’étais un peu lente pour servir les clients et emballer les baguettes, et certains commençaient à s’impatienter. Mais la plupart des gens étaient gentils et compréhensifs. Bien sûr, il y avait aussi quelques personnes pressées, mais j’essayais toujours de rester calme et de sourire.
Quand il n’y avait pas beaucoup de clients, je regardais les garçons jouer au foot à côté. Ils criaient, riaient et se disputaient parfois pour un but. Les enfants qui jouaient dans la rue faisaient aussi beaucoup de bruit, mais cela rendait l’ambiance vivante. C’est ça que j’aime dans mon quartier à Kinshasa : il y a toujours de la vie partout.
Enfin le retour de maman
À l’arrivée de maman, je ressentais un grand réconfort et une grande joie, car elle allait être fière de moi.
Dès qu’elle est arrivée, j’ai commencé à lui raconter tout ce qui s’était passé : les clients gentils, ceux qui étaient pressés, et comment j’ai réussi à me débrouiller toute seule.
Ce jour-là, je me suis sentie très fière de moi. J’avais aidé ma mère et pris une grande responsabilité, même si c’était seulement pour quelques heures.
Un apprentissage qui m’a rendue responsable
Aider ma mère pendant mes vacances m’a appris beaucoup de choses importantes. D’abord, j’ai appris le sens de la responsabilité. Chaque jour, je savais que je devais bien faire mon travail parce que ma mère comptait sur moi. Je devais rester attentive, bien servir les clients et faire attention à l’argent. Cela m’a fait me sentir plus grande et plus sérieuse.
Grâce à cette activité, j’ai aussi appris comment gérer l’argent. Je devais compter l’argent après chaque vente et faire attention à ne pas me tromper. Petit à petit, j’ai compris comment on peut faire des bénéfices après avoir vendu beaucoup de pains. J’ai commencé à comprendre le sens des affaires, même si j’étais encore jeune.
J’ai aussi appris à comprendre les clients. Certains étaient gentils et patients, mais d’autres étaient pressés ou parfois de mauvaise humeur. J’ai appris à rester calme, à parler poliment et à sourire, même quand ce n’était pas facile. Avec le temps, certains clients revenaient souvent acheter chez nous parce qu’ils aimaient la façon dont je les accueillais. J’ai compris que bien traiter les clients peut les fidéliser et leur donner envie de revenir.
Cette expérience m’a beaucoup aidée à grandir. Elle m’a appris que même pendant les vacances, on peut apprendre des choses utiles pour la vie. Aujourd’hui encore, je suis fière d’avoir aidé ma mère et d’avoir appris toutes ces leçons importantes.
Gloria Ngoya, 16 ans, est Enfant Reporter de la ville de Kinshasa. En 2025, elle a participé aux consultations des enfants et des jeunes pour la révision de la Contribution Déterminée Nationale de la RDC.
