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Je m’appelle Aimée-Césaire Kitenge Loola et je suis Enfant Reporter de la ville de Kananga au Kasaï-Central. J’écris aujourd’hui sur le blog Pona Bana, non pas pour annoncer une fête, mais pour partager mon inquiétude.

 

Depuis début septembre, un mot résonne dans nos conversations : EBOLA. Ce mot qui fait trembler les adultes et taire les enfants.

 

Une épidémie a été confirmée par Ministère de la Santé Publique, Hygiène et prévoyance sociale dans la province voisine du Kasaï. Dans les zones de santé de Bulape et de Mweka, on dénombre de nombreux cas suspects et déjà plusieurs décès. Derrière ces chiffres, il y a une famille, un visage et une histoire brisée.

 

La peur est devenue un habitant invisible, un voisin qui s’est installé sans prévenir et qui frappe aux portes sans qu’on l’appelle. Dans les zones reculées, où les routes sont longues et les hôpitaux rares, Ebola n’apporte pas seulement la maladie : il installe aussi le silence, la solitude et parfois le désespoir.

 

J’écris aujourd’hui pour prendre la parole pour mes pairs. Pour dire que nos rires doivent survivre à cette épreuve et que nos jeux d’enfants ne doivent pas être volés par une épidémie.

 

Je lance aussi un appel urgent aux autorités :

 

➜ N’oubliez pas Bulape.

➜ N’oubliez pas Mweka.

➜ Envoyez des équipes.

➜ Soutenez les familles

➜ Protégez les soignants.

 

Dans chaque village où Ebola tente de s’installer, il doit trouver face à lui une barrière d’humanité. Nous, les enfants, avons des rêves. Et nos rêves réclament un avenir. Lutter contre Ebola au Kasaï n’est pas seulement une question de santé : c’est protéger la vie, les droits et l’avenir de chaque enfant en République démocratique du Congo.