Je m’appelle Mivi Nsanda, enfant reporter de Kinshasa, et j’ai 16 ans. Cette année, j’ai participé à une activité que je ne fais pas d’habitude : nettoyer les rues dans la commune de la Gombe. Pour cette expérience, je suis avec d’autres enfants reporters.

Manassé, un autre enfant reporter, et l’un de nos encadreurs, sont présents pour l’activité avec le Lift program. C’est un programme de mentorat qui donne aux élèves du secondaire des compétences en leadership, entreprenariat et en service communautaire. Nous suivons d’abord une formation de trois jours.

Être formé pour mieux s’engager

Pendant trois jours de formation, nous apprenons à l’ambassade des Etats-Unis en RDC, comment agir dans la communauté. Avec d’autres jeunes et enfants reporters, nous sommes formés sur la confiance en soi et la connaissance de soi. Nous sommes aussi initiés aux notions de la citoyenneté. C’est quoi être un bon citoyen ? On nous a aussi appris ce qu’est le lien entre le leadership et la bonne citoyenneté, etc.
Et le dernier jour, nous sommes allés sur terrain pour mettre en pratique ce que nous avons appris sur le service communautaire. On a hâte de voir ça. Ce que je ne sais pas, c’est qu’une grosse leçon m’attend sur terrain. C’est qu’on peut prêcher par l’exemple. Et je l’ai bien vu.

Orange pour les sacs poubelles, vert pour la sécurité

Pour la pratique, nous sommes partis non loin de l’hôtel de ville de Kinshasa, dans la commune de la Gombe. Monsieur Richard, adjoint du gouverneur de la ville, nous reçoit. Nous lui expliquons ce qu’on veut faire et comment nous allions procéder. Et lui nous explique comment le programme « Kinshasa ezo bonga » a été mise en place.
Après l’échange avec monsieur Richard, nous formons des groupes selon les couleurs de nos t-shirts. Ceux qui ont des t-shirts orange font du balayage et ramassent les déchets dans les sacs-poubelles. Et ceux qui ont les sacs verts s’occupent de la sécurité et de la délimitation de l’espace de service des oranges. Pour nous, nettoyer la rue n’était pas une corvée. C’était un plaisir.
Ce qui me marque le plus, c’est la réaction des passants lorsqu’ils nous voient balayer les rues. Certains nous rappellent que nous n’allons pas arranger le pays. Ils nous le disent comme une question. D’autres veulent immédiatement savoir si nous sommes payés pour cette tâche. Surtout que nous sommes souriants. « Combien vous a-t-on payés ? », demandent-ils. On est tellement choqué par ces questions qu’on en rit.
Alors qu’on s’y attend le moins, un vendeur ambulant s’arrête à notre niveau. On s’attend à ce que comme les autres, il nous critique ou nous lance une remarque désobligeante, mais non. Il demande ce qu’on fait et s’il peut participer. Il nous dépasse plus que les autres. C’est presque incroyable.
En fait, il m’a permis de comprendre que malgré notre âge, nous pouvons impacter et montrer le bon exemple aux autres et à d’autres jeunes de la société. Honnêtement, il m’a émue. Et je le garde dans un coin de ma tête.

Après l’effort, le réconfort

Après le nettoyage des rues, nous avons visité l’une des boutiques de Vlisco en ville. Pour ceux et celles qui rêvent de travailler dans la mode, c’était une aubaine. On pouvait lire l’émerveillement dans nos yeux. C’était une découverte. Mais pas des moindres. Je voudrais que ce programme se poursuive dans d’autres villes et auprès d’autres jeunes. Cela peut être le début d’une nouvelle dynamique parmi les jeunes.
Encadreuse : Choisie Nseka